Les fontaines d’eau du Cégep ont été modifiées ces dernières années pour permettre le remplissage de bouteilles réutilisables, expliquent Yvan O’Connor et François Deschênes.

Les bouteilles d’eau bannies au Cégep

Dès juillet, il ne sera plus possible d’acheter de bouteilles d’eau au Cégep de Granby. L’établissement d’enseignement se joint à d’autres cégeps et universités au Québec qui ont banni ces produits de leur enceinte.

La décision a été prise au début du mois et fait suite à une longue réflexion avec le comité d’action et de concertation en environnement du Cégep, indique Yves O’Connor, directeur général de l’établissement d’enseignement. « Une bouteille d’eau, ça prend 1000 ans à se décomposer. Ça prend trois litres d’eau pour en faire une. Dans un milieu comme les cégeps, où les jeunes ont une préoccupation environnementale, on a un rôle à jouer en faisant ce genre de gestes », explique-t-il.

La direction profitera des prochains mois pour sensibiliser la population étudiante et son personnel des raisons motivant sa décision. « On veut les préparer. On ne veut pas qu’ils arrivent devant la distributrice puis voyant qu’il n’y a pas de bouteilles d’eau décident d’acheter à la place une boisson gazeuse. On veut qu’ils prennent une décision santé », a dit M. O’Connor.

Le Cégep n’a cependant pas l’intention de prohiber également les boissons gazeuses, comme envisage de le faire notamment la Ville de Montréal dans ses bâtiments. La réalité géographique de l’établissement au centre-ville fait que les étudiants et le personnel peuvent en acheter dans les commerces aux alentours. C’est aussi une question de leur laisser le choix, a souligné M. O’Connor. « On a une clientèle de jeunes adultes. Ils ont le droit de vote. Ils ont le droit de prendre leurs propres décisions. On a une offre de mets santé à la cafétéria. Mais on n’est pas rendu à éliminer les boissons gazeuses. »

Le Cégep travaille depuis quelques années à détourner ses étudiants et son personnel de l’achat de bouteilles d’eau de plastique. Ses fontaines d’eau ont été modifiées pour permettre le remplissage de bouteilles réutilisables. Tous les employés en ont d’ailleurs reçu une au début de l’année scolaire. L’association étudiante en a également distribué parmi ses membres. Des bouteilles réutilisables pourraient être données aux futurs étudiants, a dit M. O’Connor. Il en discutera avec l’association étudiante.

Les personnes qui utilisent les locaux du Cégep et les gymnases en dehors des heures de cours devront être avisées de la décision. Elles devront apporter leur bouteille réutilisable, a dit le directeur général.

Les gens ne sont pas dupes, a dit M. O’Connor. Quelques marques d’eau embouteillée proposées sur le marché contiennent de l’eau provenant de réseaux municipaux d’aqueduc. C’est le cas d’Aquafina, le produit vendu dans les distributrices du Cégep, note-t-il. L’eau offerte par la Ville de Granby est très bonne, a-t-il dit.

Perte de revenus

Le bannissement des bouteilles de plastique privera le Cégep de revenus, souligne François Deschênes, directeur des services administratifs. L’entente avec la compagnie Chartwell, qui assure les services alimentaires au Cégep en plus de fournir et de gérer les distributrices automatiques, devra être modifiée. L’entreprise défraie annuellement des frais de location pour avoir sur place ses distributrices.

M. Deschênes n’a pas voulu dire quel était le montant de l’entente, stipulant que cette information est de nature confidentielle. Le Cégep ne perdra pas beaucoup au change, assure-t-il. « Quelques milliers­ de dollars », a-t-il dit.­

Le bannissement de bouteilles d’eau de plastique coûtera « quelques milliers de dollars » au Cégep.

Cure de rajeunissement à la cafétéria

La cafétéria du Cégep de Granby subira une grande cure de rajeunissement au cours de l’été. Un montant de 500 000 $ est prévu pour remplacer l’ensemble du mobilier, aménager de confortables banquettes avec des prises murales pour les portables en plus de changer l’éclairage et les conduits de ventilation.

« On veut que ça devienne un lieu de rencontres pour les étudiants, un endroit où ils pourront manger, travailler et se détendre », illustre François Deschênes, directeur des services­ administratifs­ du Cégep.

Des architectes planchent sur les plans de la future cafétéria. « Ça va faire du bien », soutient M. Deschênes en pointant les tables défraichies de la grande salle. « Elles sont là depuis au moins 22 ans », dit-il.

L’îlot de recyclage sera déplacé tout comme les fours à micro-ondes.

L’appel d’offres pour les travaux sera lancé en février.