Les maires de Bromont et de Granby, Louis Villeneuve et Pascal Bonin (à l’avant-plan), ont eu mercredi une première rencontre officielle à l’hôtel de ville de Bromont aux côtés des deux DG, Michel Pinault et Éric Sévigny.

Les bases d'une nouvelle relation Granby-Bromont

Les tensions qui perdurent depuis des années entre Bromont et Granby semblent révolues. C’est du moins ce qu’ont évoqué mercredi les maires des deux municipalités à la suite de leur première rencontre officielle à l’hôtel de ville de Bromont, à laquelle ont également participé les DG des deux localités.

Conviviale, rafraîchissante et constructive. C’est ainsi que le maire de Bromont, Louis Villeneuve, a décrit cette rencontre au sommet. « Il n’y avait pas de malaise. Tout coulait, a-t-il indiqué. Le courant passe, autant entre les deux maires que les deux DG. On a mis la table d’une nouvelle relation entre Granby et Bromont. »

Pascal Bonin a qualifié de « super rencontre » son entretien avec M. Villeneuve, aux côtés du directeur général de Granby, Michel Pinault, de même qu’avec son homologue, Éric Sévigny. « Travaillons pour nos citoyens, pas pour nos égos. C’est un non-sens de ne pas se parler. [...] Le passé, c’est le passé. Je pense que tout est aligné pour rassembler les deux villes. »

En fait, il y a longtemps que les deux politiciens souhaitent travailler de concert. « Je suis arrivé dans la région en 2011. Je ne faisais pas partie de l’histoire entre Granby et Bromont, a fait valoir Louis Villeneuve. Ça ne fait pas de sens qu’il y ait des tensions entre les deux villes. Bien qu’on ne soit pas dans la même MRC, on est voisins. Il n’y a que l’autoroute 10 qui nous sépare. Dès mes premières discussions avec Pascal Bonin, je lui avais dit que, comme maire, je voudrais faire tomber le rideau de fer. Et on était tout à fait sur la même longueur d’onde. »

Selon Pascal Bonin, le 17 janvier marque une page d’histoire. « En neuf ans de vie politique, c’était la première fois que le maire de Granby mettait les pieds à l’hôtel de ville de Bromont. Ça veut tout dire. » Il ne s’agit toutefois pas d’une idylle où « tout est à prendre avec des lunettes roses », a imagé le maire de Bromont. « L’objectif final de nos discussions, c’est de faire économiser de l’argent à nos citoyens en mettant des ressources en commun et en regardant dans la même direction, a-t-il soutenu. Ça ne veut pas dire que l’on va s’entendre sur tout, mais on va se parler. »

Entente loisirs

L’entente loisirs entre Granby et Bromont a fait partie des discussions. « Bromont ne veut pas payer deux fois pour des services que l’on a déjà, a dit Louis Villeneuve, citant en exemple la bibliothèque municipale. Tout le monde autour de la table était très ouvert à trouver une solution gagnant-gagnant. »

À ce chapitre, rappelons que Granby voulait hausser de 400 % la facture défrayée par les 23 municipalités avec lesquelles elle était liée. Dans les faits, il en coûtait 32 $ aux localités pour chaque carte loisirs octroyée à leurs citoyens en 2017. Dès cette année, la somme à débourser a plus que doublé, passant à 65 $ (2017-2018). Elle atteindra 98 $ l’année suivante et 131 $ en 2019-2020. Il est prévu que ces montants soient indexés de 2,5 % lors des deux dernières années de l’entente avec Granby. Sans claquer la porte, Bromont avait remis cette démarche en cause.

Les maires ont donc mandaté les deux directeurs généraux afin qu’ils revoient l’ensemble du dossier. « D’ici un mois, nos DG devraient s’être entendus sur plusieurs points. Ce sera ensuite présenté aux conseillers municipaux. »

Aéroport

L’épineux dossier du soutien financier de Granby à l’aéroport Roland-Désourdy de Bromont a également fait partie des échanges entre les deux maires. « On a effleuré le sujet de l’aéroport. J’ai clairement exprimé à Pascal Bonin qu’on doit se rasseoir et tirer une ligne sur tout ce qui a été dit et fait avant. [...] Il y a eu de l’ouverture de part et d’autre. »

Rappelons que le maire de Granby ainsi que la majorité des élus ont indiqué vouloir se retirer de la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l’Est (RARCE). En ce sens, le conseil municipal de Granby avait entre autres refusé en novembre 2016 de donner son aval à un règlement d’emprunt de 300 000 $ permettant à l’aéroport de réaliser un projet de développement. 

« D’amener le sujet de l’aéroport entre les deux villes, c’est un exploit, a mentionné Pascal Bonin. Pour l’instant, j’en reste là. On verra comment le dossier évoluera. [...] Les portes sont ouvertes, on explore. »

Outre l’aéroport, il sera notamment question de tourisme, de sécurité publique, d’économie et d’emploi lors de rencontres à venir entre les deux administrations.