Dès les premières semaines d’été, un manque se fait sentir dans les banques alimentaires au niveau de certains aliments non périssables, indique le représentant de SOS Dépannage, Éric Vachon.

Les banques alimentaires à sec

Six mois après l’imposante récolte de la Guignolée, les banques alimentaires de la région commencent à manquer de denrées pour répondre à la demande.

« On ne manque pas de tout, mais il y a des choses dont on commence à avoir besoin. On entre dans la période de l’année où on doit commencer à faire des achats, dont des articles d’hygiène et ceux pour les boîtes à lunch des enfants. La semaine dernière, j’ai dû acheter du savon à lessive, par exemple », illustre Éric Vachon, représentant de SOS Dépannage Moisson Granby.

La banque alimentaire, qui fournit plusieurs organismes dans la région, a reçu 65 tonnes de denrées en décembre dernier dans le cadre de la traditionnelle guignolée. Si cette quantité paraît énorme, elle ne suffit plus à nourrir tous les prestataires de services de SOS Dépannage.

Dès les premières semaines d’été, un manque se fait sentir au niveau de certains aliments non périssables, alors que l’organisme se fait un point d’honneur d’offrir des boîtes comprenant des denrées des quatre groupes alimentaires. « Peu importe le nombre de demandes, on veut être en mesure d’y répondre. On aide tellement de familles que ce qu’on reçoit ne nous permet pas de durer toute l’année. Il y a plusieurs années, on avait d’ailleurs cessé d’offrir des paniers de Noël pour étirer notre aide alimentaire sur une plus longue période », explique M. Vachon.

C’est un constat semblable que dresse Vicky Beaudoin, responsable du dépannage alimentaire au Centre de bénévolat d’Acton Vale. « Ce qu’on avait reçu à la Guignolée est pas mal épuisé, note-t-elle. On reçoit toujours beaucoup de cannage et de céréales, mais là, on a pas mal tout donné. »

Le Centre d’action bénévole (CAB) de Cowansville a pour sa part lancé un appel à tous sur les réseaux sociaux dans l’espoir de regarnir ses tablettes. L’organisme a besoin de conserves de toutes sortes et des boîtes de pâtes, entre autres.

Il sera possible d’y apporter des aliments non périssables jusqu’à la fin de la semaine, après quoi l’organisme fermera ses portes durant deux semaines. « L’été, c’est toujours plus calme. Les gens vont en vacances et c’est toujours plus difficile pour nous d’avoir des denrées », note Line Goudreau, coordonnatrice aux activités.

Au Centre d’action bénévole de Farnham, les tablettes ne sont pas dégarnies. En plus de la guignolée de décembre, on y organise une collecte de denrées printanière. « C’est grâce à la générosité de la population que nous arrivons à aider autant de personnes », mentionne la directrice générale, Marie-Josée St-Aubin, qui reconnaît toutefois que le nombre de demandes d’aide augmente en juillet et à l’approche de la rentrée scolaire.

En tout, 556 dépannages alimentaires ont été réalisés durant la dernière année, en plus de la distribution de paniers de Noël, ce qui a amené l’organisme à débourser près de 4500 $. Un total de 127 nouvelles demandes d’aides ont aussi été formulées.

La météo s’en mêle
Les grandes chaleurs et la sécheresse qui accablent les champs depuis quelques semaines auront aussi un impact sur les réserves des organismes d’aide. Plusieurs organismes comptent sur les surplus des producteurs agricoles locaux pour offrir des fruits et légumes frais à leurs bénéficiaires.

« Comme il manque de pluie et que les producteurs en arrachent, on doit conjuguer avec cela. D’une année à l’autre, jamais rien n’est garanti », indique M. Vachon.

« Pour notre part, on reçoit les produits selon les arrivages au fil de la saison, note Mme St-Aubin. Les producteurs sont très généreux, alors on ne constate pas de manque pour le moment. »

Guignolée estivale
« Les gens trouvent toujours ça triste que d’autres personnes ne mangent pas à Noël, mais le reste de l’année, ça semble moins grave. Pourtant, ce n’est pas moins triste un enfant qui ne mange pas à sa faim en été qu’en hiver », déplore Éric Vachon.

Pour pallier la disette qui touche les banques alimentaires du Québec une fois la belle saison bien installée, la Grande Guignolée des médias organise depuis trois ans une collecte estivale de denrées à la grandeur de la province.

SOS Dépannage bénéficiera pour la première fois cette année de celle-ci, qui se déroule jusqu’à la fin du mois de juillet partout au Québec. « On est habitués à la guignolée durant le temps des Fêtes ; les gens sont toujours très généreux, indique Bob le Chef, porte-parole de l’événement pour une deuxième année consécutive. Mais les besoins sont là chaque mois, car la pauvreté ne prend pas de vacances. »

Pour sa campagne estivale, la Grande guignolée des médias mise sur la devise « Une boîte de moins à déménager » en invitant ceux qui déménagent à faire le ménage de leur garde-manger et à apporter une boîte de denrées non périssables à l’un ou l’autre des organismes communautaires près de chez eux.

« Ces dons-là vont aider directement des gens dans votre municipalité, explique Bob le Chef. C’est un petit geste qui peut faire une grande différence. »

Il est aussi possible de faire des dons en argent sur le site de la Grande guignolée au www.lagrandeguignoleedesmedias.com.

Pour sa part, Éric Vachon rappelle que le magasin général de SOS Dépannage et le Café des Trois pommiers sont ouverts au public. Les recettes de ces deux entreprises d’économie sociale permettent à l’organisme de financer ses opérations et d’acheter les denrées dont il a besoin.