William Morin et Jean-François Grondin se passionnent pour l’astrophysique. Avec Louis Martineau, absent au moment de la rencontre, ils ont fondé un club pour échanger sur le sujet au Cégep de Granby.

Les as: un trio pas comme les autres [VIDÉO]

L’expansion de l’univers. La racine carrée de -1. Les nombres complexes ou imaginaires. Pendant que ces sujets abstraits provoquent des maux de tête à plusieurs étudiants, un joyeux trio de cégépiens, lui, a décidé de s’y lancer corps et âme. Comment? En créant le club d’astrophysique du Cégep de Granby. Ensemble, une fois par semaine, ils s’en donnent à cœur joie dans des formules loin d’être simples mêlant les chiffres aux lettres.

Jean-François Grondin étudie en sciences de la nature. Ses amis William Morin et Louis Martineau, eux, en sciences pures. Les trois jeunes hommes de 18 ans vivent une passion commune peu commune: celle des mathématiques et de la physique. 

Des matières qu’ils ont appris à aimer sur le tard, mais qui aujourd’hui pèsent lourd dans leur choix de carrière.

«Notre histoire est différente, mais moi, je n’étais pas bon au primaire, raconte Jean-François, de Granby. Tout a changé au secondaire quand j’ai découvert les sciences.»

Un témoignage qui rejoint celui de William. «Au primaire, je n’étais pas concentré, dévoile le jeune homme de Saint-Alphonse. Il fallait toujours me pousser pour faire mes devoirs, mes travaux. Mais en secondaire 4, j’ai développé mon intérêt pour la physique. Ma curiosité a monté d’un cran quand je suis allé visiter l’Observatoire de Mégantic.»

C’est donc entre les murs de l’école secondaire du Verbe Divin de Granby que les élèves (Louis était absent lors de la rencontre) ont vu naître leur passion pour l’univers et le grand monde des chiffres. Intérêts qui se poursuivent désormais au Cégep et qui les mèneront sans doute dans le domaine de la physique à l’université. 

«On aime parler des diverses dimensions, de l’accélération de l’univers, de formes 4D qui passent en 3D, 2D, puis en 1D, de différentes théories», illustre William.

«Ce sont des sujets variés, mais abstraits et complexes, ne cache toutefois pas Jean-François, sourire en coin. On est un peu masos! Disons qu’on abuse un peu des tableaux!»

Armé d’un stylo effaçable, celui qui se prépare à faire un bac en physique s’est lancé le défi de résoudre, noir sur blanc, bien sûr, et dans une valse où se mêlaient des t, des k, des d et les chiffres 1 et 2, une formule sur l’expansion de l’univers...


Remplir des tableaux de formules diverses et peu simples est leur dada.

«Souvent, on prend des choses dans des livres ou sur Internet et on les questionne», explique-t-il.

«On aime ça se casser la tête!, insiste William. Pis ce qui est l’fun, c’est que ça fait toujours du sens.»

«Ce qu’on fait sort peut-être de l’ordinaire, poursuit-il, mais c’est une passion comme pour d’autres c’est le vélo.»

«C’est une passion comme une autre, en fait», tranche Jean-François.

À travers les maths, la physique et les autres cours figurant à leur programme, les jeunes hommes trouvent toutefois le temps de faire du sport, de voir des amis, bref de conserver un bel équilibre. Par exemple, William travaille comme moniteur au centre d’escalade intérieur Plein d’air, à l’école secondaire du Verbe Divin. Une autre passion qui, jumelée à son intérêt pour la physique, pourrait faire de lui un bon prof au secondaire.

Ras-le-bol du mot bollé!

Une seule ombre au tableau, disent en choeur les deux jeunes hommes, c’est cette tendance qu’ont les gens de coller l’étiquette de «bollés» à ceux qui s’intéressent aux mathématiques ou à la physique plus que la moyenne. «À la base, je suis un étudiant normal, insiste Jean-François. Je ne suis pas Einstein!»

Ce qui les différencie peut-être des autres, c’est qu’ils osent vivre leur passion peut-être inusitée. «On développe nos forces et on mise dessus, illustre tout simplement William. Moi aussi il m’arrive d’avoir le goût de mourir devant un examen!»