Karine Larivière est l’exemple même de la persévérance. Malgré plusieurs refus, elle a toujours continué à s’entraîner dans le but d’entrer, enfin, en Techniques policières.
Karine Larivière est l’exemple même de la persévérance. Malgré plusieurs refus, elle a toujours continué à s’entraîner dans le but d’entrer, enfin, en Techniques policières.

Karine Larivière: un exemple de persévérance

S’il y en a une qui incarne la persévérance et la résilience, c’est bien Karine Larivière. Ce ne sont pas les nombreux refus qui ont empêché la jeune femme de garder le cap sur son objectif : devenir policière. Après sept ans et six demandes d’admission, la voilà inscrite en Techniques policières à Sherbrooke.

Après avoir pris une année sabbatique à la fin de ses études secondaires, Karine a placé sa première demande en 2012 au très contingenté programme du Cégep de Sherbrooke.

La Cowansvilloise a été invitée à passer les tests physiques, mais elle n’était pas prête. « Ça n’avait pas très bien été. Sept ans plus tard, quand j’ai été convoquée de nouveau aux tests, je savais c’était quoi. Je n’avais jamais arrêté de m’entraîner. Je savais que là, c’était mon année. »

Karine a effectivement été admise au programme. Le chemin menant à son objectif n’a toutefois pas été de tout repos.

En attendant de faire sa technique, la femme âgée de 29 ans a continué à étudier. Sa cote R était bonne jusqu’à ce qu’elle annule un cours en dehors des délais, ce qui a eu pour conséquence de la faire diminuer de beaucoup.

« Je n’appliquais jamais à la même place. J’ai essayé Ahuntsic, Maisonneuve et Sherbrooke. Il y a une année où j’ai quand même été sélectionnée pour faire les tests à Ahuntsic, même si ma cote R n’était plus très élevée. Mes tests avaient super bien été. Si je me comparais avec les autres filles, j’avais bien performé, mais à Ahuntsic, ils font un cumul de la cote R et des tests physiques pour prendre les meilleurs. Ma cote R a joué un rôle là-dedans... »

L’esprit éveillé

Entre les essais, elle étudiait. Elle a fait ses cours de base au Cégep de Granby et à distance, ce qui lui permet aujourd’hui de se concentrer sur les cours de spécialité, l’entraînement et le travail — elle fait le ménage d’une ferme d’alpagas. Un travail étudiant qu’elle adore.

Puis, elle a voulu aller chercher les cours de chimie et de physique qu’elle n’avait pas suivis au secondaire. Elle s’est donc inscrite à l’école des adultes La Relance à Saint-Jean-sur-Richelieu et au Campus Brome-Missisquoi, histoire de garder son esprit éveillé.

Une année, Karine a postulé dans un autre programme, délaissant son rêve.

« J’étais tannée. Je ne savais plus quoi faire. J’ai appliqué dans n’importe quoi, mais ça n’a pas marché non plus. Alors je me suis dit que plus jamais je n’allais appliquer ailleurs qu’en Techniques policières. »

C’est en 2018 que ses efforts ont été récompensés. Elle se souvient encore de la date. Le 8 mars 2018, elle a reçu le courriel qui la convoquait aux tests physiques du Cégep de Sherbrooke. À la fin du mois, elle recevait sa lettre d’admission au programme.

« J’étais extrêmement fière de moi ! », se souvient-elle.

Faire fi de la pression sociale

« Je ne sais pas comment j’ai fait, admet-elle. C’est sûr qu’à certains moments, j’étais vraiment découragée. Je ne trouvais pas ça facile. Ça me faisait de la peine quand je recevais la lettre de refus et il fallait tout le temps que je me dise que c’était pour le mieux, qu’il y avait une raison derrière ça... Mais aujourd’hui, je sais que c’est correct et que c’est parfait de la façon dont ça s’est passé. »

Cet intermède dans sa vie lui a permis d’évoluer, de grandir et d’être plus que prête.

Elle a su écouter sa « petite voix » qui lui disait de persévérer, de ne pas lâcher prise, même si sa famille souhaitait qu’elle change de voie.

Karine entend souvent des gens lui dire qu’ils auraient aimé être policiers, mais ils ont abandonné après un premier refus. « Je n’avais pas envie de dire ça à mon tour », dit-elle.

Comme elle ne pouvait pas compter sur les autres pour se motiver, elle écoutait des discours de motivation. Tous les jours. En s’entraînant et parfois même dès qu’elle posait le pied hors du lit. Et elle en écoute encore aujourd’hui. Pour le plaisir.

« J’ai une détermination et une motivation dont j’ignore parfois la provenance... », lance-t-elle.

Elle souhaite lancer un message aux jeunes qui éprouvent peut-être des difficultés à atteindre rapidement leur objectif.

« Il faut toujours écouter sa petite voix et ne pas renoncer à ses rêves malgré toute la pression sociale. C’est comme si, dans notre société, il faut être rendu à tel endroit dans ta vie quand tu as atteint tel âge... »

Par exemple, en sept ans, elle a vu ses amis terminer leurs études, trouver un emploi, acheter une maison et fonder une famille.

Mais comme le dit si bien Will Smith, il n’y a aucune raison d’avoir un plan B, car ce dernier devient une distraction pour le plan A, conclut-elle.