Vincent Fortin et Izack Guadagno sont tous deux champions québécois de motocross.

Des passionnés de motocross à l’extrême

Vincent Fortin et Izack Guadagno ont enfourché une moto bien avant de commencer la maternelle. Depuis que leurs petites roues d’entraînement sont remisées, les deux ados ont fait un saut énorme dans leur art jusqu’à devenir champions québécois. Ce qui les fait vibrer? Le motocross. Un sport méconnu dont les nuages de poussière qu’il forme sur les circuits cachent une bonne dose de discipline et d’endurance.

«C’est le sport le plus demandant au monde!», lance Izack, qui aura 14 ans au moment de franchir 2020. Le jeune homme de Bromont, qui étudie en sports-études (ski) deuxième secondaire à l’école Massey-Vanier de Cowansville, a eu la piqûre du motocross à l’âge de trois ans. Une passion que partageaient alors son père Simon et son grand-père, et qui s’est transmise jusqu’à son jeune frère, Alek. Le petit bonhomme de huit ans porte d’ailleurs depuis deux ans le titre de champion canadien de motocross!

Alek Guadagno, le frère d'Izack, a huit ans et il est champion canadien de motocross.

«L’entraînement, c’est à l’année!», ne cache pas Andréanne Deslandes, la mère des deux coureurs, visiblement aussi mordue qu’eux.

Un train de vie qui ressemble presque en tous points à celui de la famille Martel-Fortin de Granby. Vincent, lui, avait 4 ans et demi quand il est passé du vélo à la moto. «Mon père m’a dit que le jour où j’allais rouler à vélo sans mes petites roues, je pouvais faire de la moto, raconte le jeune homme de 13 ans. Je me suis dépêché!»

Ont suivi des heures à rouler dans les champs avoisinants, divers camps de perfectionnement et plusieurs entraînements... jusqu’à la première course.

Izack et Vincent lors d'une course.

«Plus j’évoluais, plus l’envie de courir me tentait, explique Izack. À ma première course, j’avais environ six ans, j’ai fini 5e et j’étais fier de moi. J’ai aimé ça et ça a été le début.»

«Moi aussi à ma première course, je trippais!», ajoute Vincent, inscrit dans l’option sport aventure à l’école secondaire de la Haute-Ville de Granby. Une passion qu’il a transmise à sa petite sœur Naomie, neuf ans.

Vincent Fortin, Team Fortin #8, peut compter sur le soutien de sa petite soeur Naomie. La jeune fille fait, elle aussi, du motocross.

Depuis quelques années, Izack et Vincent participent à diverses courses un peu partout au Québec, ailleurs au Canada et aux États-Unis. Le pays de l’oncle Sam, ils s’y rendent aussi chaque hiver pour s’entraîner.

Dans le temps des Fêtes, ils roulent «pour le plaisir», mais à la relâche, c’est du sérieux. Accompagnés de leurs entraîneurs, ils pratiquent leurs sauts, leurs atterrissages, leurs techniques d’accélération et de virages, leur positionnement sur la moto, etc. À cela s’ajoutent des exercices de musculation, d’autres pour améliorer leur cardio et de petits cours de nutrition pour savoir quoi boire et quoi manger avant et après une épreuve. Car même si une course ne dure que 12 minutes (dans leur catégorie), celle-ci est extrêmement exigeante. «Tout va vite, illustre le père de Vincent, Guillaume Fortin. À cette vitesse, le champ de vision se rétrécit. Ça demande beaucoup de concentration et de jugement. Les gars doivent être forts musculairement, car ils se battent aussi contre la puissance de la moto. Ça prend beaucoup de force.»

Ajoutez à cela le circuit qui change d’aspect chaque tour, la quarantaine de coureurs avec qui vous disputez la première place et les accrochages ou accidents qui peuvent survenir à tous moments.

«Dans pas si longtemps, quand ils vont passer chez les pros, les courses vont durer 25 minutes, explique la mère d’Izack. Ça va être très intense. Le motocross, c’est un sport extrême.»

Mais le danger ne freine pas les deux passionnés.

«Moi, je ne me stresse pas avec ça, même si j’ai eu parfois de gros accidents, tranche Izack. Un jour, j’avais une clavicule de déplacée sans le savoir!»

Vincent, qui a dû troquer sa moto pour un fauteuil roulant pendant des mois, il y a deux ans, après s’être cassé les deux jambes à la suite d’un atterrissage raté, semble un brin plus craintif.

«J’ai un peu peur des sauts, dit-il. J’y pense plus. J’ai vécu un choc énorme... Je pense plus à ce que je fais. Mon stress dépend vraiment de mon état d’esprit.»

Un sentiment qui ne l’habite toutefois pas outre mesure, puisqu’il est reparti avec la première place quand il a repris la course après sa convalescence.

Depuis, il ne cesse de gravir les échelons. La prochaine course aura lieu en mars. D’ici, là, les garçons s’entraînent. Quand ils ont deux minutes... ils regardent des vidéos de motocross sur YouTube!

Izack se prépare à franchir les étapes pour se tailler une place parmi les coureurs seront sur la ligne de départ de «la plus grosse course amateur des États-Unis», le Loretta Lynn Amateur Motocross Championship. La dernière étape pour les amateurs qui souhaitent rejoindre les rangs professionnels. L’événement a lieu chaque année à Hurricane Mills, au Tennessee.

«Ça éduque les jeunes à toute une discipline», fait remarquer Marie-Ève Martel, la mère de Vincent. Ça demande aussi de la détermination.»

«Ces jeunes-là doivent savoir vivre avec la pression, ajoute son conjoint. Moi, je trouve que c’est le plus beau sport, parce qu’il permet de développer des valeurs et des qualités comme la persévérance et le sens des responsabilités, qui vont les suivre toute leur vie.»

Pour en savoir plus sur le parcours de Vincent, Izack et Alek, sachez que les trois possèdent leur page d’athlète sur Facebook.