Gabrielle Muise, 18 ans, s’est fait opérer à la jambe et veut parcourir 135 km à vélo au Grand défi Pierre Lavoie.
Gabrielle Muise, 18 ans, s’est fait opérer à la jambe et veut parcourir 135 km à vélo au Grand défi Pierre Lavoie.

« Chanceuse de pouvoir marcher »

Gabrielle Muise, 18 ans, a un morceau de métal dans le tibia. Mais ce n’est certainement pas ça qui l’arrête, elle qui désire participer au Grand défi Pierre Lavoie, le 20 juin, soit un parcours à vélo de 135 km.

« J’avais une jambe plus courte de 3,4 centimètres. La droite », mentionne la Granbyenne présentement en 5e secondaire.

Cette condition, qui touche une personne sur 40 000, dit Gabrielle, est une asymétrie structurelle qui occasionne des difficultés à se mouvoir, des maux de dos et un débalancement du bassin. Gabrielle Muise est née ainsi. Cela ne l’indisposait pas, jusqu’en 3e secondaire, quand sa chiropraticienne a alors souligné la gravité de sa problématique.

Le 6 août 2019, Gabrielle a été opérée, afin de lui couper le tibia et le péroné, et de lui installer une tige de métal dans le tibia, qui fait la longueur de son après-jambe.

« J’ai été quatre mois en béquilles, l’été passé. C’était vraiment difficile de ne pas pouvoir marcher aussi longtemps ! Je ne pouvais pas suivre mes amis. Par exemple, quand ils allaient au zoo, je devais y aller en chaise roulante », dit Gabrielle.

À coup de physiothérapie, d’exercices et de repos, Gabrielle peut désormais marcher et recommence tranquillement les sports qu’elle aime, comme la danse, qu’elle a dû arrêter en 1re secondaire, à contrecœur.

« J’aime beaucoup la danse, dès qu’il y a de la musique, mon corps se met à bouger ! Je suis une fille qui aime bouger, qui aime la nature. C’était difficile de ne pas pouvoir faire ce que j’aime. Je veux recommencer la danse éventuellement ».

Gabrielle Muise a un grand intérêt pour les gens. Ainsi, elle est inscrite en technique d’éducation spécialisée au Cégep de Granby pour la prochaine année. « J’attends ma réponse, c’est stressant ! »

Sociable, Gabrielle adore parler à tout le monde, enfants comme personnes âgées.

« Je ne serais pas capable de travailler dans un bureau toute la journée, d’être enfermée. J’ai besoin de parler à des gens ! J’aimerais travailler avec des gens qui ont des difficultés pour qu’ils ne se sentent pas seuls. »

Cette expérience a visiblement donné une maturité et une empathie à la jeune fille qui fréquente l’école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc.

« Je vois les gens en chaise roulante et je me mets à leur place. Moi, j’étais seulement quatre mois incapable de bouger, de courir, et c’était très dur. Je trouve ça plate pour les gens qui vivent la même chose, ou qui ne pourront plus jamais marcher. Et je me compte chanceuse de pouvoir marcher et refaire tout ce que j’aime. »

Cette grande compréhension de ce que les gens vivent transparaît dans la façon dont Gabrielle les aborde et s’intéresse à eux.

Une prochaine opération attend la Granbyenne cet été, pour qu’on lui enlève le morceau de métal dans son tibia. Un autre moment de convalescence suivra, mais plus court, assure la jeune fille.

« Il ne faut pas lâcher, pas abandonner. Oui, c’est plate une période de temps, mais après, tout est vraiment mieux. Je suis plus droite maintenant. C’était un mauvais moment à passer, mais qui en précède un meilleur », affirme-t-elle avec sagesse.

Gabrielle Muise saura le 26 mars prochain si elle peut participer au Grand défi Pierre Lavoie, selon les recommandations de son médecin, ou si elle doit le faire en tandem, ou en un cycle plus lent. Il va sans dire que toutes ondes positives à son endroit sont bienvenues.