Les ambulanciers de Farnham réclament l’abolition des horaires de faction, au même titre que leurs collègues de Cowansville et de Waterloo.

Les ambulanciers de Farnham réclament l'équité

Alors que les services ambulanciers de Cowansville et de Waterloo viennent d’avoir gain de cause dans leurs revendications auprès de Québec d’abolir les horaires de faction, celui de Farnham n’est pas assujetti à cette mesure.

C’est « inconcevable », clame le syndicat affilié à la CSN qui représente les paramédicaux en Montérégie. Les membres de l’association demandent maintenant l’appui de villes desservies pour obtenir du ministère de la Santé un « juste retour du balancier ».

« À la base, les horaires de faction devaient être une mesure temporaire. Mais comme bien d’autres choses, c’est resté. On croyait que le ministre de la Santé [Gaétan Barrette] avait compris quand il a commencé à faire des annonces pour abolir [ces horaires] dans quelques territoires autour de Farnham. Il y a eu Cowansville et Waterloo. Mais ça s’est arrêté là. C’est frustrant. Il n’y a aucune logique dans tout ça. On demande que la situation soit corrigée », a indiqué en entrevue Éric Turgeon, délégué syndical des ambulanciers de Farnham.

En fait, après plusieurs décennies à réclamer l’abolition des horaires de faction, des services ambulanciers de la région ont obtenu gain de cause. Après Cowansville en octobre, les paramédicaux de Waterloo bénéficieront d’une partie de l’enveloppe de 28,2 M $ annoncée en novembre par le ministre Barrette, afin d’améliorer les services préhospitaliers d’urgence.

Propres aux régions rurales et communément appelés les « 7/14 », les horaires de faction obligent les ambulanciers à demeurer sur le qui-vive à la maison 24 h sur 24 durant une semaine entière. Suivent sept jours de congé. On retrouve notamment ce type d’horaire à Waterloo, Cowansville, Farnham, Bedford et Acton Vale. Dès qu’un appel d’urgence entre, les paramédicaux doivent se rendre le plus rapidement possible au garage pour partir avec un collègue.

Appuis

En mai dernier, des ambulanciers de la région de Brome-Missisquoi s’étaient rendus au bureau du député Pierre Paradis, réclamant son aide pour dénouer l’impasse concernant les horaires de faction. Pour faire pencher le balancier en leur faveur, les membres du Syndicat des paramédics et du préhospitalier (SPP) de la Montérégie demandent désormais le soutien des villes desservies. « Nous trouvons inconcevable que dans un secteur comme celui de Farnham, qui couvre une grande population, l’horaire du service ambulancier reste en horaire de faction », peut-on lire dans la lettre de l’exécutif du SPP de la Montérégie, soumise le 29 novembre aux municipalités de Sainte-Brigide-d’Iberville, Ange-Gardien, Sainte-Sabine et Farnham. Selon nos informations, les élus de Sainte-Brigide-d’Iberville ont adopté le 4 décembre une résolution d’appui aux revendications syndicales. Notons par ailleurs que l’abolition des horaires de faction fait partie des points en litige pour le renouvellement avec Québec de la convention collective des paramédicaux, échue depuis le 31 mars 2015.

Sur le qui-vive

En plus d’allonger indument le temps de réponse des ambulanciers, les horaires de faction engendrent une panoplie d’irritants dans le quotidien des paramédicaux.

 « Ce n’est pas évident quand tu passes la journée debout de prendre des appels dans la nuit. Le temps de repos est difficile à gérer, a mentionné Éric Turgeon. Il y a aussi le fait de ne pas pouvoir sortir de la ville. Pendant une semaine complète, tu dois toujours être prêt à partir. Chaque seconde compte pour sauver des vies. On est constamment sur le qui-vive. »

En ce moment, la compagnie Ambulances Demers dispose de deux véhicules. Des paramédicaux font des quarts de travail à temps complet, soit de 8 h à 18 h. Les autres sont soumis aux horaires de faction. 

Selon Éric Turgeon, l’abolition des « 7/14 » permettrait de créer quatre postes réguliers de 12 heures. « Autant pour la population que pour les [ambulanciers], la fin des horaires de faction serait une excellente nouvelle, a fait valoir Dany Chamberland, du SPP de la Montérégie. Et on espère que le ministre Barrette entendra le message. »