En compagnie de son entourage et de la candidate du parti dans Brome-Missisquoi, Ingrid Marini (à gauche sur la photo), Philippe Couillard a distribué les poignées de mains et a échangé quelques mots avec les producteurs agricoles présents sur place.

Les agriculteurs au premier plan

Le premier ministre et chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a pris un bain de foule en visitant l’Expo Brome, vendredi en fin d’après-midi. En compagnie de son entourage et de la candidate du parti dans Brome-Missisquoi, Ingrid Marini, il y a distribué les poignées de mains et a échangé quelques mots avec les producteurs agricoles présents sur place.

M. Couillard a été avare de commentaires pour les journalistes qui s’étaient déplacés. « On vient voir les gens, on se revoit demain », a-t-il lancé aux médias nationaux qui l’accompagnent dans sa tournée, et régionaux, lorsqu’ils ont voulu avoir ses commentaires.

Il a ainsi refusé de commenter l’issue de la journée de négociation de l’ALENA du Canada avec les États-Unis, vendredi, lui qui était à l’UPA aux côtés des chefs du Parti québécois et de Québec solidaire dans la matinée pour réitérer son appui au maintien de la gestion de l’offre. Il n’en a pas glissé mot non plus aux producteurs laitiers qu’il a visités, à l’Expo Brome, se contentant de réitérer son appui aux agriculteurs sans aborder les négociations qui ont été reportées.

« Il m’a seulement demandé si c’était mes vaches », indique à La Voix de l’Est un agriculteur venu présenter quelques bêtes à l’Expo. Celui-ci ne cache pas vouloir que la gestion de l’offre soit sauvée. D’autres ont partagé à l’auteure de ces lignes leur désir d’un renouveau politique au Québec.

Autres enjeux
Durant sa tournée, M. Couillard a cependant signifié à François Viens, un employé qui travaille dans l’insémination de bovins laitiers, que son gouvernement avait toujours été là pour les agriculteurs.

« On les aide, nos agriculteurs, on ne les a jamais laissés de côté. À court terme, il faut sauver la gestion de l’offre. »

Or, la gestion de l’offre n’est pas la seule préoccupation de M. Viens. L’accessibilité à la terre en est une autre.

« Le minimum c’est la gestion de l’offre et après il y a les autres dossiers, dont les chefs n’ont pas parlés encore, explique-t-il à La Voix de l’Est. Les fonds de terre ont quasiment doublé de prix depuis les dix dernières années et les profits de ces terres-là ont diminué. Souvent, ce sont les fonds d’investissement qui achètent ces terres-là et ils les laissent pousser en friche. »

Relève sans terre
Selon sa fille Véronique, il y a de la relève, mais les jeunes sont incapables d’acheter leur terre, leur ferme et leur quota de vaches, si l’on demeure dans la production laitière.

« Il y a tellement de jeunes qui seraient prêts à se partir, mais ils n’ont pas l’opportunité, les moyens, les gens pour les aider, renchérit la jeune femme. C’est triste. »

« Ça fait au moins deux ans que les agriculteurs sont à bout de souffle. Le prix du lait a diminué beaucoup et ils ne semblent pas être appuyés par le gouvernement, poursuit M. Viens. Je ne suis pas agriculteur, mais j’en suis témoin et je trouve ça dur pour eux autres. »

Il rappelle par ailleurs que l’agriculture sous toutes ses formes est un secteur générateur d’emplois directs et indirects. Lui-même doit son emploi aux producteurs laitiers qui ont besoin de vaches pour leur lait.