Les Québécois ont envahi les pépinières et centres de jardinage pour se procurer arbres, fleurs, décorations et matériel pour potager.
Les Québécois ont envahi les pépinières et centres de jardinage pour se procurer arbres, fleurs, décorations et matériel pour potager.

Les affaires fleurissent pour les pépinières

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
La pandémie aura eu ceci de positif: les clients ont déferlé dans les pépinières et centres de jardinage au cours des dernières semaines. «Ç’a été la folie furieuse, lance le directeur du Centre de jardinage Granby, Charles Fortier. Et le momentum est encore là.»

À force de rester chez eux et confrontés à l’impossibilité de voyager à l’étranger, les Québécois ont massivement investi dans leur terrain à coup d’arbres, de fleurs, de décorations et de matériel pour potagers.

«Même durant les actuelles vacances de la construction, je sens que les gens veulent rester à la maison pour faire leurs plates-bandes ou améliorer leur gazon», dit M. Fortier, qui évalue avoir fait des ventes de 30 % supérieures à l’an passé. Et la saison n’est pas terminée.


« Ç’a été un printemps exceptionnel et c’est une année exceptionnelle. Le montant que les gens auraient dépensé pour voyager, ils l’ont dépensé chez eux. »
Jonathan Gagnon, copropriétaire de Rêves et jardins

Cap vers les légumes

L’esthétique, c’est bien beau, mais ça ne nourrit pas son homme. Voilà ce que semblent s’être dit bon nombre de clients qui se sont rués, aussi, vers les semences de légumes cette année.

«On a vendu des légumes comme jamais, dit Pierre Paquette de la Pépinière Abbotsford, à Saint-Paul-d’Abbotsford. Les gens étaient déchaînés! C’était comme pour le papier de toilette, au printemps...»

Il croit que le souci d’autosuffisance, d’économie et la crainte que patates, carottes et radis viennent à manquer ont alimenté cet engouement. «Tellement qu’on en a manqué», dit-il.

«Je sens que les gens veulent rester à la maison pour faire leurs plates-bandes ou améliorer leur gazon», dit le directeur du Centre de jardinage Granby, Charles Fortier.

Même constat du côté de Rêves et jardins, à Lac-Brome. En plus d’une pléthore de plantes, fleurs, arbustes et semences, le commerce du chemin Knowlton a aussi vendu beaucoup de terre et de plants de légumes.

«Le fait d’être pris à la maison a incité beaucoup de gens à améliorer leur environnement», dit le copropriétaire Jonathan Gagnon, qui chiffre également l’augmentation de ses ventes à 30 %.

«Ç’a été un printemps exceptionnel et c’est une année exceptionnelle. Le montant que les gens auraient dépensé pour voyager, ils l’ont dépensé chez eux. Ils allaient être à la maison et voulaient en profiter.»

«On a eu du bon monde»

Les commerces interrogés ont mentionné que les employés étaient aussi au rendez-vous.

«On a eu du bon monde, même s’ils auraient pu rester chez eux et recevoir 2000 $ par mois», dit Pierre Paquette de la Pépinière Abbotsford, en faisant référence à la Prestation canadienne d’urgence.

L’entreprise qu’il gère avec son fils Pierre-Marc embauche aussi beaucoup de travailleurs étrangers, principalement du Mexique. Ç’a toutefois été plus difficile de ce côté-là. Certains n’ont pu venir et ceux qui sont arrivés, une cinquantaine, l’ont fait d’un seul coup et ont dû être placés en quarantaine pendant deux semaines.

«C’était compliqué, mais on a eu des bons travailleurs quand même. Tout le monde a travaillé très fort.»

Avec l’été, la frénésie s’est un peu calmée, mais les affaires restent florissantes. Au Centre de jardinage Granby, on sent aussi un fort attrait pour les plantes tropicales telles que philodendrons, cactus et autres langues de belle-mère.

«C’est du soleil pendant l’année et aussi de l’oxygène, dit Charles Fortier. Ça prolonge l’été.»