La commission parlementaire sur le projet de charte.

Les accommodements religieux : une réalité des grands centres, disent nos élus

Alors que la commission parlementaire sur le projet de Charte sur la laïcité entamait ses travaux hier, plusieurs élus de la région n'ont pas caché leur inconfort quant au débat qui divise les Québécois depuis des mois.
Interdire le port de signes religieux ostentatoires chez les employés de l'État, y compris ceux des municipalités, ou leur laisser le droit d'afficher leurs croyances est un dilemme que le maire de Granby Pascal Bonin qualifie de «déchirant». «Quand on est dans le public, il y a un certain décorum. La Ville a un code vestimentaire qui doit être respecté. En même temps, à Granby, on est dehors du débat. Ici, l'intégration s'est toujours bien passée. En cinq ans de vie politique municipale, je n'ai jamais vu de malaise par rapport à ça. Peut-être à part l'histoire du pompier qui avait plusieurs tatous visibles, mais il s'est tout de suite conformé. C'est une question de respect et de non-provocation», a-t-il illustré.
Le maire de Cowansville Arthur Fauteux, n'hésite pas à le décrire comme «une pièce de théâtre» orchestrée à des fins électorales. Il reconnaît au passage que poser des balises sur les accommodements raisonnables est nécessaire et il croit que l'interdiction du port de signes religieux pourrait se limiter aux juges, policiers et gardiens de prison. «On devrait mettre des balises, mais la Charte ne parle pas de ça. C'est un outil politique et identitaire. On se souvient d'Hérouxville. J'ai peur qu'on n'ait déplacé que du vent pour pas grand-chose.» Le maire dit craindre toutefois que le débat crée des tensions entre Montréal et le reste de la province.
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