Les 28 gagnants du plus gros lot de l'histoire de Loto-Québec ont célébré avec allégresse la remise du montant de 60 M$, jeudi, à l'hôtel Delta de Montréal.

Les 28 millionnaires sont enfin dévoilés

C'est dans l'allégresse qu'une famille de 26 personnes et qu'un couple d'amis, tous de la Montérégie, ont enfin pu célébrer jeudi l'obtention du plus gros lot de l'histoire de Loto-Québec : 60 millions de dollars.
L'ambiance était survoltée à l'hôtel Delta de Montréal, où les nouveaux millionnaires s'apprêtaient à enfin savourer l'officialisation de leur gain. « Ça fait une semaine qu'on le sait et on ne le réalise pas encore tout à fait », a confié Marie-Claude Normandin, l'une des gagnantes. 
C'est un peu normal. Une chance sur 28 millions... ce sont les probabilités qu'avait cette famille de la Montérégie de remporter le gros lot de 60 M $ de Lotto-Max, dont le tirage a été fait le 6 janvier dernier.
« C'est un peu fou. On essaie d'assimiler le choc et de rester les deux pieds sur Terre, a avoué avec un large sourire l'enseignante de français en 5e secondaire à l'école Joseph-Hermas-Leclerc, Julie Boivin­. Le dilemme de "est-ce que j'en donne à la famille ? " ne se pose pas, car c'est tout le monde qui partage et beaucoup ont gagné. C'est multigénérationnel. Il y a des petits-enfants, des parents et des grands-parents. Ce qui est le fun, c'est que nous sommes vraiment une famille tricotée serrée. »
« Les plus jeunes ont des beaux rêves de vie qui s'annoncent devant eux. Nos doyens, ça vient conforter leur retraite. Et nous, dans le milieu, soit on va continuer à travailler ou on va alléger un peu le temps de travail », ajoute-t-elle, cachant difficilement sa joie. 
La grande majorité des gagnants proviennent de la Montérégie, plus précisément de la grande région de Granby. L'un est originaire du Centre-du-Québec. Ils sont âgés entre 21 et 71 ans. Certains sont étudiants, professeurs, ingénieurs, psychologues. Par souci du respect de leur vie privée ou simplement pour être discret, la plupart ont préféré taire la ville où ils demeurent.
Un à un, les 28 gagnants ont reçu leur chèque personnel remis par les hautes instances de Loto-­Québec, avec un sourire évocateur. « Ce n'est pas juste en Ontario que ça se gagne », a lancé Gilles Leprohon­, un gagnant, à la blague.
Le billet gagnant
C'est pendant un souper de famille pour célébrer le Nouvel An qu'Annie Roy, l'une des gagnantes, a proposé l'idée de former un groupe de loterie pour le prochain tirage du Lotto Max. Son conjoint, Gilles Leprohon, a demandé à la famille qui était intéressé et 28 personnes se sont manifestées.
Rappelons que le billet gagnant a été acheté au Marché du Village d'Ange-Gardien, qui reçoit 1 % du gain, soit 600 000 $. Les propriétaires de l'établissement organisent d'ailleurs une grande fête vendredi pour souligner l'heureux événement. 
« J'ai reçu un appel à 6 h le matin, c'était ma mère qui m'appelait et je ne reconnaissais même pas sa voix ! [...] Elle m'a dit d'aller vérifier les numéros du billet et là on s'est mis à pleurer. Nous nous sommes tous rassemblés chez mes parents et on a bu du champagne à 7 h le matin », a raconté en riant Julie Boivin. 
Ça n'a pas pris de temps pour que la chaîne téléphonique soit complétée et que tout le monde connaisse la grande nouvelle, confirme Annie Roy. « Se faire appeler à 6 h le matin, c'est rarement bon signe... mais cette fois, c'était la chance qui nous souriait », a mentionné Gilles Leprohon.
Les projets
Certains gagnants envisagent de voyager, de changer de véhicule ou de constituer un fonds pour leurs enfants. « Je rêvais de partir à la retraite et c'est ce que je vais faire », a pour sa part lancé Gilles Leprohon, sans équivoque. 
Ce contractuel pour Loto-Québec âgé de 58 ans a lui-même assisté à l'annonce de plusieurs gagnants de la loterie au fil des années, mais cette fois, ce fut son tour d'être l'heureux élu.
Le couple de Saint-Césaire formé par Jean Roy et Jacinthe Boivin Roy compte vendre leurs 10 000 poules afin de prendre leur retraite. « On va faire ça graduellement, mais rapidement. Peut-être que notre fils va prendre la relève », disent-ils en coeur, en se disant « bien heureux que La Voix de l'Est se soit déplacée pour eux ». 
« Moi, j'aimerais faire des rénovations pour avoir un solarium quatre saisons, affirme Jacinthe Boivin Roy. Peut-être une nouvelle voiture également ? »
Plus jeunes, Marie-Claude Normandin­ et Marco Lafleur « pensent tout d'abord à [leurs] trois enfants ». « S'ils veulent aller étudier, il n'y aura pas de limite qui pourra être mise », se réjouit Marie-Claude. 
La retraite ? Pas pour eux ! « Je vais poursuivre mes études (en massothérapie) et mon conjoint continuera de travailler. On va simplement pouvoir être plus présents pour nos proches et nos amis », indique-t-elle joyeusement. 
Annie Roy, qui était en recherche d'emploi, compte mettre le processus sur pause, question de « bien réfléchir au futur ». « Mais bon, je ne dirais pas non à un voyage, je pense au tour du monde », dit-elle en rêvant tout haut. 
Gagner trois millions de dollars, ça ne changera pas le monde... de l'enseignante Julie Boivin.
« Ma vie, je l'aimais comme elle était là. Donc je ne vais juste rien changer et continuer d'enseigner à mes ados de 17 ans. Et ça va être parfait. Et mes jeunes-là, faites attention parce que vous allez recommencer à travailler fort dès lundi ! », a-t-elle lancé tout sourire.