Sarah et Cathy Bernard ont coupé le ruban devant la nouvelle boutique de l’Érablière Bernard entourées de leurs parents, Murielle et Réal Bernard, de leurs enfants, conjoints et employés.

L'Érablière Bernard inaugure sa nouvelle boutique

L’Érablière Bernard ouvre officiellement sa nouvelle boutique, s’inscrivant dans la première phase de son projet Divinement érable. Après des mois de travaux, les lieux sont méconnaissables, à l’exception de la salle à manger qui a gardé sa forme pour ne changer que de décor.

La première phase du projet a permis l’ajout d’une boutique et l’agrandissement du bâtiment principal pour y installer les cuisines permettant la réalisation des mets cuisinés, déjà commercialisés depuis deux ans. Plutôt que de commander en ligne, il est maintenant possible d’acheter des fèves au lard, un pâté mexicain ou encore les fameux beignes à l’érable sur place.

« Tout au long des travaux, on était ouvert, mais on était dans le brouhaha, en train de tout placer, relève Cathy Bernard, qui a rejoint sa grande sœur Sarah à titre de copropriétaire il y a deux ans. La vente des mets préparés va super bien. C’est un peu ça qui nous a amenés à faire cet agrandissement-là. Le succès est là. Et ça nous a poussés à créer de nouveaux produits. On est rendu à une soixantaine de produits. »

Le projet devait initialement se concrétiser en une phase et demander des investissements de 540 000 $. Cependant, les architectes ont permis aux sœurs Bernard de voir plus loin et de se poser les bonnes questions. Par exemple, une terrasse couverte entre le bâtiment principal et le bâtiment secondaire, où ont été déplacés pour la quatrième fois les équipements pour faire bouillir l’eau d’érable, a été ajoutée aux plans.

La terrasse sera complétée dans la deuxième phase — qui s’est imposée devant l’ampleur du projet —, mais elle offre déjà un endroit au sec et chaleureux, avec un foyer extérieur, pour boire un café, manger un morceau ou même tenir un événement.

Le budget alloué au projet est donc passé à 800 000 $ et Divinement érable sera terminé en 2020 alors que l’Érablière Bernard célèbrera ses 100 ans l’an prochain.

Sarah et Cathy Bernard ont heureusement eu, mardi, une réponse favorable pour une subvention de 68 000 $ provenant du Fonds de développement de l’offre touristique. Le montant s’ajoute à une subvention de 172 000 $ déjà obtenue il y a un an du Programme de soutien aux stratégies de développement touristique.

Concept complet

La phase 1 a permis de presque doubler la superficie de l’érablière en ajoutant 3000 pieds carrés. La cabane à sucre, où est bouillie l’eau d’érable, a été déplacée dans l’ancien garage.

Les salles à manger demeurent aussi intimes. « Ça a toujours été la renommée ici. C’est de la bouffe maison — à part le pain, le beurre et le lait. C’est pour ça que les gens trouvent ça le fun de venir ici, ce n’est pas trop grand, ce n’est pas trop commercial. C’était super important de garder ce cachet-là », confie Cathy Bernard, qui est de la cinquième génération à l’érablière.

La boutique de l’érable permettra maintenant aux amoureux de cet or doré de venir manger de la tire d’érable ou une pointe de tarte au sirop sans avoir à consommer un repas complet. Comme l’établissement fait très souvent salle comble, les autres clients ne seront ainsi pas en reste. « On va aller chercher une clientèle qu’on ne pouvait pas aller chercher avant. »

La deuxième phase, déjà en cours de préparation, comprendra un musée à ciel ouvert partout sur le site, des sentiers et jeux ludiques ainsi qu’une terrasse complétée. Il sera aussi possible de tenir des activités VIP dans une reproduction d’une cuisine des années 50, située dans la cabane à sucre.

« Avec tout le concept de Divinement érable, on fait un 360 sur l’érable avec l’expérience gourmande, l’expérience touristique et l’expérience de jeu, poursuit Cathy Bernard. On a un scénariste qui travaille sur le projet de sentier dans le bois. Ça ne sera pas comme le Zoo de Granby ou Foresta Lumina, mais on va avoir un projet où on va faire vivre des personnages et l’Histoire à travers notre histoire d’érablière. »

Des parents émus

Les parents de Cathy et Sarah Bernard sont d’ailleurs toujours impliqués dans l’entreprise familiale, mais à titre bénévole. Toujours aussi passionnés, ils arrivent souvent à l’érablière à 8 h le matin pour ne repartir que vers 17 h, et ce, six jours par semaine, raconte Cathy Bernard.

M. Bernard tient encore à faire bouillir l’eau d’érable, même s’il est maintenant accompagné.

Quelques minutes avant que le ruban ne soit coupé, à la boutique de l’érable, Réal et Murielle Bernard ont essuyé quelques larmes de fierté. M. Bernard a voulu prendre la parole, mais l’émotion était trop forte.

« Ça, ce n’est jamais arrivé. Je n’ai jamais vu mon père émotif dans ma vie, glisse sa fille en entrevue. Ça a été du challenge au quotidien parce qu’il n’aurait pas fait telle affaire comme ça, se demandait pourquoi on faisait telle autre affaire... C’est correct, on ne le prend pas mal, parce qu’il veut bien faire, au fond. Mais de voir aujourd’hui qu’il est fier, c’est notre cadeau. »

La sixième génération est d’ailleurs en route. Les enfants des deux propriétaires sont déjà bien impliqués. La fille de Sarah, Amanda, travaille pour l’entreprise. Elle s’occupe notamment du projet de sentiers ludiques. Les fils de Cathy sont aussi toujours prêts à aider.

« Je pense que c’est ce qui nous a motivés aussi, le fait d’avoir des enfants aussi impliqués. Ils sont ici parce que ça leur tente, parce qu’ils ont le goût de collaborer. Quand on voit ça, on se dit let’s go, on se lance, on va bâtir quelque chose de viable et, tantôt, quand on va partir, on va probablement être comme nos parents, on va travailler pour aucun salaire, mais avec cœur. »