Laure Waridel sera de la deuxième marche «La planète s’invite dans la campagne» samedi à Cowansville, où la population est invitée.

L’environnement et l’économie sont liés, selon Laure Waridel

Une deuxième marche « La planète s’invite dans la campagne » aura lieu samedi à 14 h au parc Davignon à Cowansville. Les militants veulent se faire entendre encore une fois avant le jour du scrutin. L’environnementaliste Laure Waridel sera l’ambassadrice de cette manifestation verte. Elle sera accompagnée de Jean-Martin Fortier et Maude-Hélène Desroches, des Jardins de la grelinette, à Saint-Armand.

La feuille de route de Mme Waridel est longue et sa crédibilité en environnement n’est plus à faire. Doctorante en émergence de l’économie écologique et sociale, elle est cofondatrice d’Équiterre, chercheuse associée à la Chaire de recherche sur la transition écologique, professeure associée au Centre OSE (Organisations, sociétés, environnement), chercheuse au CINBIOSE (Centre de recherche interdisciplinaire sur le bien-être, la santé, la société et l’environnement) et conseillère stratégique au CIRODD (Centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable).

Laure Waridel a accepté d’être présente à la marche de Cowansville puisqu’elle est très attachée à la région de Brome-Missisquoi, où l’environnement prend une place importante dans l’économie. Elle a habité Frelighsburg avant de retourner à Montréal pour le travail, mais est propriétaire d’une terre où elle souhaite un jour y réaliser un projet de permaculture, en plus d’être membre du conseil d’administration de la Fiducie foncière du mont Pinacle.

« On voit que beaucoup de gens se rendent dans Brome-Missisquoi et décident d’y habiter à cause des écosystèmes et de la qualité de l’environnement, remarque l’environnementaliste. Les citoyens sont très impliqués. Il y a beaucoup d’éducation relative à l’environnement qui se fait, il y a des citoyens qui sont à même de se mobiliser quand il y a des projets de développement qui vont à l’encontre de l’environnement. On a vu la victoire des citoyens de Sutton récemment contre l’administration précédente qui avait ouvert la voie à des développements qui ne respectaient pas leur plan d’aménagement. »

Dans la région, la gestion écologique des forêts et de l’eau font partie des enjeux, tandis que l’agriculture prend aussi une grande place. « Ça prend des décisions politiques qui prennent compte de ces impératifs-là parce qu’il n’y a pas d’économie sans écosystème et il n’y a pas de vie sans écosystème à moyen et à long terme, prévient Mme Waridel. La science est très claire là-dessus. »

Une deuxième marche pour que l’environnement prenne plus de place dans la campagne électorale et pour que cet enjeu soit considéré dans le vote des citoyens prendra place au parc Davignon, à 14h, à Cowansville.

Inquiète

Pourtant, malgré le constat des scientifiques et des citoyens impliqués, l’environnement a été un enjeu quasi absent de la campagne électorale. « Quand on regarde les discussions sur la scène provinciale et ce qui est proposé par les partis qui sont en avance dans les sondages, ce n’est pas eux qui mettent de l’avant des propositions qui vont nous permettre de faire le virage qui est nécessaire, notamment en matière de lutte aux changements climatiques et en matière de biodiversité. »

Mme Waridel s’inquiète du piètre résultat de 28 % qu’a obtenu la CAQ à un questionnaire sur l’environnement. « Si effectivement la CAQ arrive au pouvoir, ça nous ramène dans le passé avec des visions qui ne tiennent pas du tout compte de la science et du virage qui doit être fait pour tenir compte davantage de l’environnement dans nos choix économiques. »

Tout comme les citoyens impliqués dans le mouvement qui fait vague depuis trois semaines au Québec, elle espère que les manifestations permettent aux militants d’être entendus des décideurs. Elle remarque déjà une amélioration alors que l’environnement est plus abordé par les chefs et leurs candidats, même si elle juge que ce n’est pas suffisant.

Appel au vote

« Il faut qu’on talonne très concrètement chacun des candidats pour que, même si le parti prend certaines positions, le candidat s’engage à des mesures très concrètes dans la région. »

C’est pourquoi elle appelle au vote. « Il faut aller voter parce que beaucoup de gens ont l’impression que de voter pour l’un ou pour l’autre ne fait pas de différence. Les politiques publiques changent le monde dans lequel on vit, ont une influence très importante. On n’a qu’à regarder ce qui se passe aux États-Unis depuis l’élection de Donald Trump ou en Ontario avec son retrait des plans climatiques, notamment en matière de bourse du carbone ou de taxation du carbone. Le premier message est d’aller voter et d’aller voter pour l’environnement lundi prochain. »

Même si le parti pour lequel les citoyens votent n’est pas porté au pouvoir, Laure Waridel croit qu’un vote fort pour un parti plus vert envoie un signal aux élus. Un gouvernement minoritaire permettrait d’ailleurs plus de discussions, dit-elle.

« Ceux qui s’engagent dans la transition écologique et sociale, ce sont des sociétés où les gens sont plus en santé parce qu’ils adoptent des modes de vie qui sont plus sains en marchant davantage, en ayant des maisons plus écologiques, en mangeant plus bio et local. Je pense qu’il faut arrêter de voir la transition et les choix écologiques comme étant une régression. Au contraire, ça va nous amener vers des sociétés plus en santé et où il fait meilleur vivre. C’est documenté. On est à la croisée des chemins et il faut faire des choix courageux si on veut éviter le pire. »

La population est invitée à se joindre à la marche pacifique.