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Un projet de développement industriel dans la rue Arthur-Danis n’a pas fait l’unanimité à la table du conseil municipal à Granby.
Un projet de développement industriel dans la rue Arthur-Danis n’a pas fait l’unanimité à la table du conseil municipal à Granby.

L'environnement, c’est comme le caramel, selon le maire Bonin

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
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Dans l’actualité depuis un mois, la préservation des milieux naturels à Granby a rebondi lundi soir là où on ne l’attendait pas. Un point à l’ordre du jour donnant le feu vert à un projet de développement de la rue Arthur-Danis, dans le secteur industriel, a alimenté le débat.

À la fin de la séance du conseil municipal, qui s’est étirée sur près de deux heures et demie, le maire Pascal Bonin n’a d’ailleurs pas caché son exaspération. Et c’est avec une métaphore alimentaire qu’il l’a exprimée.

«J’adore le caramel, a-t-il laissé tomber. Mais à un moment donné, quand j’en mets trop sur ma toast parce que j’aime vraiment ça, ça chie, ça coule et ça fait de beaux dégâts. C’est la même affaire avec les milieux naturels. À un moment donné, à force d’en mettre trop épais sur la toast, elle tombe à terre.»

Plus tôt dans la soirée, deux élus, Jean-Luc Nappert et Julie Bourdon, s’étaient opposés aux travaux qui permettront de prolonger les services municipaux, au coût de 950 000 $, afin de desservir trois nouveaux terrains industriels de la rue Arthur-Danis qui, une fois vendus, pourront accueillir autant d’entreprises.

Des citoyens ont aussi remis en question cette décision. D’où la montée de lait (ou de caramel) de Pascal Bonin.

«J’adore le caramel, a laissé tomber le maire Pascal Bonin. Mais à un moment donné, quand j’en mets trop sur ma toast parce que j’aime vraiment ça, ça chie. Ça coule et ça fait de beaux dégâts. C’est la même affaire avec les milieux naturels. À un moment donné, à force d’en mettre trop épais sur la toast, elle tombe à terre.»

Ce dernier est convaincu que le développement doit pouvoir se poursuivre dans ce secteur, qui jouit déjà d’une vocation industrielle. «La nature est déjà protégée», dit-il, car le ministère de l’Environnement doit donner son aval pour la réalisation des travaux. «À un moment donné, il faut que les humains travaillent et gagnent des sous», a lancé le maire.

Opposition

Le secteur en question figure parmi les «lieux d’exception» à conserver dans l’étude multicritères, rendue publique par la Ville la semaine dernière, a cependant relevé Julie Bourdon. «Comme on a d’autres terrains industriels pas développés, j’aimerais qu’on mette l’argent sur ces terrains-là», a souligné la conseillère municipale en faisant allusion aux terrains acquis par la Ville en bordure de la route Jean-Lapierre.

Un citoyen, Stéphane Pollender, a pour sa part relevé à la période de questions que les infrastructures de la rue Bousquet, sur laquelle la rue Arthur-Danis débouchera, ne sont pas adéquates pour un usage industriel. Il a aussi invité la conseillère municipale responsable des dossiers environnementaux, Catherine Baudin, à se rendre sur place afin qu’elle constate le milieu naturel qui sera «détruit» par les travaux envisagés et la proximité d’un quartier résidentiel.

Cette dernière, interpellée à plusieurs reprises au cours de la soirée, a rappelé que le développement du parc industriel dans ce secteur a été entériné par le conseil il y a quelques années.

«Le tracé de la rue [Arthur-Danis] actuelle et future tient compte des limites du milieu naturel pour réduire l’impact sur l’environnement», a souligné Mme Baudin. «Le noyau de biodiversité se situe à l’extrémité sud-ouest du secteur, dans la zone agricole, c’est-à-dire à l’opposé de la portion où on va développer. Il sera donc automatiquement protégé par une zone tampon de bonne dimension», a-t-elle ajouté.

Outre Catherine Baudin, sept autres conseillers municipaux de Granby ont voté en faveur du projet de développement industriel.