L’entreprise Fabritec à Bromont a changé de mains. Les nouveaux propriétaires ont rencontré les employés mardi.

L'entreprise Fabritec change de mains

L’entreprise Fabritec a changé de mains. Les entrepreneurs Alain Messier et Sergio Lifraine s’en sont portés acquéreurs. La nouvelle a été annoncée mardi aux employés de l’usine bromontoise, réunis pour l’occasion.

La transaction, conclue vendredi dernier, a été entérinée par la Cour supérieure, alors que la vente des actifs de l’entreprise a fait l’objet d’un appel de soumissions par Restructuration Deloitte. 

Fabritec, un important fabricant d’armoires de cuisine et de salle de bain en Amérique du Nord, était sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité depuis juillet dernier.

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Les activités de l’usine sont maintenues et la majorité des quelque 350 emplois à Bromont sont sauvegardés, a assuré le nouveau président de l’entreprise, Sergio Lifraine, en entrevue à La Voix de l’Est. 

« On veut faire grossir cette entreprise-là et on a les moyens, avec les contacts qu’on a chez nos clients, d’amener de la nouvelle business. Et si on amène de la nouvelle business, on va rajouter des employés. On n’a pas acheté l’entreprise pour la faire diminuer. On l’a achetée pour la faire grandir et on va faire ça avec nos employés », a renchéri son associé, Alain Messier. 

Le duo est déjà actif dans le secteur de la construction. C’est d’ailleurs ce qui l’a incité à s’intéresser à Fabritec et à déposer une proposition pour assurer sa relance. Les activités de la division Canboard à Mont-Joli sont aussi maintenues. 

Alain Messier et Sergio Lifraine sont propriétaires de l’entreprise de panneaux muraux et de tuiles de plafonds, Mur Design, à Saint-Hyacinthe. M. Lifraine est également président et propriétaire de l’entreprise montréalaise Mono Serra, spécialisée dans la fabrication, la distribution et la vente de recouvrement de planchers. 

« Fabritec est une entreprise un peu connexe avec les nôtres. Nous avons un peu la même clientèle. On voyait que c’était possible de faire une belle relance », fait valoir M. Messier. 

Nouvelle compagnie

Ce dernier affirme que lui et son partenaire planchent sur ce dossier d’acquisition depuis plus de trois mois, « pratiquement à temps plein ». 

Ils soulignent, par voie de communiqué, l’appui des parties engagées dans la sauvegarde des activités et des emplois, ainsi que dans le choix des repreneurs, soit le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, la députée de Brome-Missisquoi et ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, Investissement Québec, la Banque Nationale, « mais aussi les employés, les syndicats et la direction, qui ont tenu le fort pendant la transition, de même que les clients de l’entreprise qui lui ont maintenu leur confiance. »

Sergio Lifraine relève que c’est une toute nouvelle entreprise, avec de nouveaux actionnaires, qui est désormais à la barre de Fabritec. Un nouveau directeur général est déjà entré en poste. 

Seul un représentant de la famille Bourgeois, fondatrice et ex-actionnaire majoritaire de Fabritec, est encore en place : Jonathan Bourgeois, qui agissait à titre de vice-président exécutif. Sa soeur, Nadia, vice-présidente administration, a quitté l’entreprise. Elle est désormais à la tête d’Orä Partenaires, avec une poignée d’ex-employés de Fabritec, qui offre des services de marketing et de ressources humaines.

Les nouveaux propriétaires affirment ne pas avoir l’intention de diversifier la production. « On veut simplifier la gamme, augmenter le volume. (...) Et faire vivre cette entreprise comme elle a la capacité de le faire », dit Sergio Lifraine. 

Meilleure offre

Le montant de la transaction demeure confidentiel. 

Le nombre d’offres analysées par Restructuration Deloitte n’a pas été précisé. Le mois dernier, la famille Bourgeois avait indiqué être engagée dans le processus et avoir déposé une offre. 

Sergio Lifraine et Alain Messier affirment pour leur part que plusieurs offres étaient sur la table. Mais leur proposition s’est démarquée, selon eux, car elle mise « sur la poursuite et le redéploiement des activités de l’usine, mais surtout sur la sauvegarde des emplois et sur la possibilité d’en ajouter d’autres dans le futur ». 

La résiliation d’un contrat majeur par le géant suédois de l’ameublement Ikea serait au coeur des difficultés financières des précédents propriétaires de Fabritec. Une séance de médiation a même été tenue le mois dernier à Zurich, en Suisse. 

Les nouveaux actionnaires précisent toutefois que le dossier Ikea ne les concerne pas. « Ça ne fait pas partie de la transaction. C’est du passé pour nous, Ikea. On ne peut pas en parler parce que nous ne sommes pas au courant », laisse tomber Alain Messier.

Fabritec et sa division Canboard cumulaient des « réclamations prouvables » d’environ 70 millions $,
selon un rapport du syndic. 

En incluant Fabritec, Mur Design et Mono Serra, Sergio Lifraine et Alain Messier emploient désormais plus de 800 employés répartis dans différentes usines, dont à Bromont, Alma, Jonquière et Saint-Hyacinthe. Le chiffre d’affaires dépasse les 200 millions $, est-il précisé.