Les projets entrepreneuriaux sont nombreux à la commission scolaire des Hautes-Rivières, et ils aident à la motivation des élèves.

L'entrepreneuriat à l'école: une stratégie payante

Des élèves se présentent à l'école le week-end ou lors de congés pédagogiques, le coeur léger. D'autres sont déçus de manquer une journée de classe à cause d'une tempête de neige. Les effets d'une mystérieuse maladie infectieuse ? Non, plutôt le résultat de projets scolaires liés à l'entrepreneuriat, dont la commission scolaire des Hautes-Rivières est friande.
À l'école primaire Saint-Vincent, à Saint-Césaire, des élèves ont confectionné cette année des smoothies de légumes et d'autres un meuble pour objets perdus. Il y a eu des cartes de souhaits, des ateliers de lecture pour les plus jeunes et la suite d'un blogue sur les bonnes habitudes alimentaires.
Toutes des initiatives qui ont permis aux enfants d'utiliser, sans s'en rendre compte, des notions de français et de mathématiques. Elles permettent aussi d'améliorer la motivation et la confiance en soi des élèves moins performants. Jusqu'à ce que certains d'entre eux se rendent à l'école un jour de congé, afin de peaufiner leur entreprise...
Liens
« C'est très valorisant pour eux, soutient Brigitte Gagnon, conseillère pédagogique à des Hautes-Rivières et doctorante en éducation. On voit les retombées, les élèves s'épanouir. C'est ce qui fait que les enseignants continuent. »
Ces projets ne remplacent pas l'enseignement de base, mais offrent du contexte, des occasions de faire des liens. Écrire un sondage ou des cartes de souhaits nécessite du français ; mesurer les contours d'une commode ou les doses d'un ingrédient, des mathématiques. Le tout est souvent couronné- d'une présentation orale. 
On tient aussi compte des forces et faiblesses de chacun. Des élèves qui démontraient jusqu'alors peu d'intérêt pour les leçons se surprennent alors à aimer l'école. « Et moins de discipline est nécessaire », dit Danny Brochu, lui aussi conseiller pédagogique et responsable local du défi Osentreprendre. 
Cette année, cinq projets entrepreneuriaux de Hautes-Rivières ont été sélectionnés pour la finale locale, dont les smoothies de la classe de Caroline Désormeau et le service de récupération d'objets perdus des élèves d'Yves Gamache, tous deux de l'école Saint-Vincent.
Approche
De leur côté, Mme Gagnon et M. Brochu participent aussi à une recherche universitaire visant à cerner les effets de la pédagogie entrepreneuriale sur les élèves. Au quotidien, ils appuient les enseignants qui soumettent ce type de projet à leurs élèves, ce qui se fait surtout au primaire. 
« Plusieurs enseignants utilisent cette approche, même si ce n'est pas nécessairement facile, dit Brigitte Gagnon. On y va en fonction de l'âge et de la capacité des élèves. Ça prend de la gestion ! Les enseignants qui y adhèrent ont eux-mêmes des qualités entrepreneuriales. Ce n'est pas pour tout le monde. »
Un bon projet doit partir d'un réel problème et servir à d'autres que les élèves qui s'apprêtent à le régler. Ceux-ci choisissent ensuite si ça doit prendre la forme d'un produit, d'un service ou d'un événement. Par exemple, des élèves ont lancé une campagne de sensibilisation contre les conflits dans la cour d'école. Ils en vérifient ensuite les répercussions. 
« Si c'est près de l'élève, ça fonctionne toujours bien, dit Danny Brochu. Et pour la motivation, c'est extrêmement payant ! »