Le conseiller Jean-Luc Nappert a distribué lundi à six organismes l’équivalent de l’augmentation de salaire à laquelle il a eu droit en 2018, mais qu’il continue à contester.

L’élu Jean-Luc Nappert distribue son augmentation salariale à des organismes

Le conseiller municipal de Granby Jean-Luc Nappert a tenu parole. Il a distribué lundi à six organismes à but non lucratif quelque 4500 $, soit l’équivalent de l’augmentation salariale à laquelle il a eu droit à titre d’élu en 2018 ; augmentation qu’il trouvait, et continue de trouver, trop élevée.

La Fondation Ma vie en main, la Fondation Gérard-Bossé, Partage Notre-Dame, le Centre de prévention du suicide de la Haute-­Yamaska, Épilepsie Montérégie ainsi que la Fondation pour la sauvegarde des écosystèmes du territoire de la Haute-Yamaska (SETHY) ont chacun reçu un chèque de 750 $ de la part du conseiller municipal.

« Je voulais le faire publiquement pour être transparent jusqu’au bout », a affirmé Jean-Luc Nappert à l’occasion d’un point de presse tenu au Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin, en présence de plusieurs représentants des organismes auxquels il a choisi de donner un coup de pouce.

Le conseiller municipal avait annoncé vouloir poser ce geste en mars dernier lorsque le règlement qui a fait bondir la rémunération des conseillers de 17,5 % et celle du maire de 15 % a été adopté. Il avait été le seul élu à s’y opposer. Cela a fait passer le salaire du maire de 104 160 $ à 119 784 $ et celui des conseillers de 34 402 $ à 40 423 $.

« L’adoption s’est faite dans le tumulte. Ça a été difficile pour les citoyens. Et pour moi aussi. Je trouve encore que c’est exagéré. J’avais proposé 5 %, mais ça a rapidement été balayé », affirme M. Nappert.

Celui-ci croit encore qu’il serait opportun de former un comité mixte d’élus et de citoyens pour se pencher sur le « délicat dossier » de la rémunération des membres du conseil municipal.

Pas facile

L’élu affirme par ailleurs avoir validé sa démarche deux fois plutôt qu’une avec le service des finances de la Ville. L’augmentation salariale nette — et non brut — qu’il a reçue s’élève, dit-il, à 4518 $. Les six chèques de 750 $ qu’il a remis à autant d’organismes totalisent ainsi 4500 $. Jean-Luc Nappert dit avoir offert la différence de 18 $ à la Guignolée des médias, la semaine dernière.

« Les bottines doivent suivre les babines », laisse tomber Jean-Luc Nappert.

Ce dernier affirme qu’il n’a pas été facile de choisir les organismes à qui faire profiter de son augmentation salariale. Mais il dit avoir plusieurs « affinités » avec ceux qu’il a ciblés d’emblée. Le conseiller municipal a par exemple été un des premiers membres du conseil d’administration du Centre de prévention suicide, lors de la fondation de l’organisme. Il a aussi participé à la mise sur pied de la Fondation SETHY, il y a une dizaine d’années.

Jean-Luc Nappert entend refaire le même exercice l’an prochain, ainsi que pour les deux autres années du mandat. D’autres organismes pourraient alors être aidés. Il s’est aussi engagé en mars dernier à remettre l’allocation de transition à laquelle il aura droit lorsqu’il quittera la politique.

Apprécié

Chose certaine, le geste du conseiller municipal a été très bien reçu de la part des organismes bénéficiaires. Pour certains, cela fait l’effet d’un gros cadeau de Noël, comme Partage Notre-Dame, aux prises avec des enjeux financiers.

L’organisme a récemment sollicité l’aide de la Ville, car les coûts de son loyer — en hausse — sont de plus en plus difficiles à assumer seul, fait valoir le président de l’organisme, Marc Valence.

Selon lui, l’aide de M. Nappert sera néanmoins utilisée en bonne partie pour offrir des repas à ceux qui, pour différentes raisons, ne sont pas en mesure de défrayer les 2 $ normalement exigés par jour. « Il y a toujours des intervenants qui discutent avec les gens. Quand c’est justifié, on paie le repas », dit M. Valence.

La soupe populaire de Partage Notre-Dame permet de servir quelque 120 repas par jour, du lundi au vendredi.

Le don de Jean-Luc Nappert­ tombe par ailleurs à point pour la Fondation SETHY, alors qu’elle lancera prochainement une première campagne de financement afin de lui permettre de mener à bien ses projets de conservation des milieux naturels ainsi que ses projets d’éducation en matière d’environnement, souligne le DG de l’organisme, François Leduc.

Philippe Gaudet, président de la Fondation Ma vie en main, qui vient en aide à des personnes qui ont des troubles graves et persistants de santé mentale, a pour sa part souligné la « générosité » de M. Nappert, glissant au passage que plus d’élus devraient suivre son exemple.

Bien qu’il soit en accord avec la hausse que les élus se sont accordée, le conseiller municipal Jocelyn Dupuis avait aussi fait savoir en mars dernier qu’il remettrait une partie de son augmentation, 3000 $, à différentes causes. Mais, contrairement à son voisin à la table du conseil, il a dit ne pas avoir l’intention de publiciser ses dons.