L’église d’inspiration néogothique située en face de l’hôtel de ville et du poste local de la Sûreté du Québec, rue de la Cour, a été mise en vente tout récemment.

L’église Saint-Luke est à vendre

Un lieu de culte de plus de 150 ans se cherche un nouveau propriétaire. Faute de paroissiens et de bras pour en prendre soin, l’église anglicane Saint-Luke est vouée à connaître une deuxième vie.

L’église d’inspiration néogothique située en face de l’hôtel de ville et du poste local de la Sûreté du Québec, rue de la Cour à Waterloo, a été mise en vente récemment. La diminution du nombre de paroissiens à la fréquenter, du nombre de bénévoles disponibles pour l’entretenir de même que des revenus pour en prendre soin explique la décision du Diocèse anglican de Montréal de se départir du temple construit entre 1867 et 1870.

« C’est vraiment très dommage », déplore l’évêque du diocèse, Mary Irwin-Gibson. La décision de mettre l’église en vente a été prise l’automne dernier et autorisée par le diocèse par la suite.

« C’est de valeur, mais lorsqu’on n’a plus les sous pour s’en occuper, on fait quoi ? », demande l’évêque.

Le diocèse a approché la municipalité pour lui offrir d’acheter l’édifice reconnu en 1987 comme immeuble patrimonial par le ministère de la Culture et des Communications.

« On n’a pas les moyens pour le moment et on ne sait surtout pas ce qu’on en ferait, indique le maire de Waterloom Jean-Marie Lachapelle. On a déjà la Maison de la Culture. »

Il a bon espoir que l’église trouve preneur. Le maire rappelle que l’église unie Saint-Paul avait été achetée environ un an après sa mise en vente, par une fondation privée qui a permis d’en conserver la vocation religieuse. « On espère que c’est ce qui va arriver avec celle-ci », ajoute-t-il.

Prix sous l’évaluation
Dans la fiche immobilière du courtier Christian Lalumière, qui a obtenu le mandat de vendre l’église, on peut lire que cette dernière offre plusieurs possibilités d’aménagement. On fait valoir la capacité d’accueil de 400 personnes, son « acoustique exceptionnelle » et la « situation géographique de choix » de l’immeuble, dont le sous-sol inclut une salle de réception, une cuisine et un bureau.

Le courtier chargé de vendre l’église Saint-Luke fait valoir sa capacité d’accueil (400 personnes), son « acoustique exceptionnelle » et la « situation géographique de choix » de l’immeuble.

« C’est une très belle salle déjà utilisée pour des concerts », souligne Mgr Irwin-Gibson.

Le diocèse demande 450 000 $, plus taxes, pour le bâtiment, dont la plus récente évaluation lui attribuait une valeur de 644 500 $. Le terrain, d’une superficie de 43 295 pieds carrés, est évalué à lui seul à 67 700 $.

« J’aurais bien voulu demander plus, mais notre agent d’immeuble croit que le marché de Waterloo ne tolérerait pas un tel prix », indique Mgr Irwin-Gibson.

Le prix de vente exclut tous les meubles, de même que les objets religieux.

Nouvelle vocation
Comme l’église est encore utilisée à des fins religieuses, le bâtiment est actuellement exempt de taxes municipales. Cela pourrait toutefois changer si la vocation du bâtiment est revue par les futurs acheteurs, précise le directeur général, Louis Verhoef.

Et puisque l’édifice dessiné par l’architecte britannique Thomas Seaton Scott se situe dans une zone commerciale, les possibilités d’aménagement sont multiples. L’église pourrait notamment abriter des commerces ou des bureaux.

M. Lachapelle ne croit pas que la valeur patrimoniale du bâtiment sera mise en péril par un nouvel usage. « L’évêque m’a dit que le diocèse n’imposerait pas de restrictions aux acheteurs. Même les églises catholiques connaissent ce sort-là. On ne sait pas si ça pourrait arriver avec la nôtre, un jour. À Granby, des églises ont été vendues et reconverties », illustre-t-il, faisant référence aux églises Saint-Benoît, l’Assomption et Notre-Dame, qui sont devenues respectivement un centre communautaire, un centre récréatif et un pavillon du Cégep de Granby.

Quant à la possibilité que l’église Saint-Luke disparaisse du paysage waterlois, le maire n’est pas inquiet. « Ici, c’est comme toutes les villes. Il y a des procédures. Si [le futur propriétaire] demande à la démolir, on a le pouvoir de refuser. De toute façon, il y a beaucoup de terrains vacants pour construire. Ça m’étonnerait beaucoup que quelqu’un paie 450 000 $ pour une église et qu’il paie ensuite pour la faire démolir », relativise-t-il.

« Ce que j’espère vraiment, souhaite l’évêque Mary Irwin-Gibson, c’est que l’église continue de servir la communauté. »