Légalisation du cannabis: Québec demande un sursis d’un an

Les libéraux joindront leur voix aux caquistes jeudi pour demander au gouvernement fédéral un sursis d’un an avant de légaliser le cannabis.

Même si son projet de loi sur la marijuana est prêt et sera déposé jeudi, la ministre déléguée à la Santé publique Lucie Charlebois croit que si la marijuana devenait légale en juillet 2019 au lieu de 2018, le Québec aurait davantage de temps pour s’occuper des questions de sécurité routière et régler la question du financement.

«Nous avons dit, depuis le tout début, que les délais nous apparaissaient serrés», a-t-elle soutenu en point de presse. Ainsi, la motion présentée par la Coalition avenir Québec mercredi, qui demande de reporter l’entrée en vigueur de la légalisation du cannabis, aura l’aval du parti au pouvoir. 

Mme Charlebois a expliqué en anglais qu’il s’agissait du tout premier projet de loi du gouvernement du Québec qui traite du cannabis. Ainsi, elle dit ne pouvoir «prétendre à la perfection» et croit que la loi devra évoluer au fil des années afin de s’ajuster à cette nouvelle réalité.

Le ministre des Finances Carlos Leitão indique pour sa part que sur les questions du partage de la taxe d’accise, les discussions ne sont «même pas encore au début du commencement» avec le gouvernement fédéral. Le gouvernement Trudeau a évoqué un partage 50-50 de la taxe, mais les provinces ne sont pas d’accord, arguant que ce sont elles qui devront assumer toutes les dépenses en lien avec cette légalisation. Pour Simon Jolin-Barrette, député de la CAQ, toutes les provinces travaillent sérieusement à encadrer la distribution de la marijuana, mais plusieurs, comme l’Alberta, demandent au fédéral de prendre son temps et de ne pas précipiter les choses, «parce que lui même n’est pas prêt actuellement». 

Refus de Trudeau

Le gouvernement Trudeau a rejeté poliment la demande de Québec. La ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a indiqué qu’Ottawa maintenait le cap. «Nous prenons le temps nécessaire [...], mais le prix du délai s’élève à des milliards de dollars de profit de plus pour le crime organisé et continue d’exposer nos enfants à un risque réel», a indiqué hier Kathleen Davis, sa porte-parole. Avec La Presse