À Saint-Paul-d’Abbotsford, les Jardins de la Terre sont actuellement en période de recrutement pour combler une cohorte qui débutera ses activités d’ici quelques semaines, indique son directeur général Jean-David Martel.

L’effet domino du plein-emploi

Les effets du plein-emploi se font ressentir jusque dans les entreprises d’insertion professionnelle de la région, qui peinent à combler leurs places.

À Saint-Paul-d’Abbotsford, les Jardins de la Terre sont actuellement en période de recrutement pour combler une cohorte qui débutera ses activités d’ici quelques semaines. Quelques places sont encore à pourvoir. « Historiquement, on a toujours atteint nos objectifs de recrutement. Mais cette année, c’est plus difficile », reconnaît Jean-David Martel, directeur général de l’organisme en employabilité.

Il explique le phénomène par le fait que les candidats, dont environ les deux tiers n’ont généralement pas de diplôme d’études secondaires ou qui composent avec des difficultés sur le plan personnel, ont davantage d’opportunités de se trouver un emploi ailleurs. « Les employeurs cherchent tellement de main-d’œuvre qu’ils en sont rendus à recruter des candidats qui ne les auraient pas intéressés auparavant, entre autres parce qu’ils sont plus à risque d’absentéisme ou d’avoir des difficultés personnelles. Ils vont les former et les garder, parce qu’ils ont besoin d’avoir des gens qui travaillent maintenant », constate M. Martel.

« Ça peut donner lieu à de belles réussites, concède-t-il ensuite. Mais dans certains cas, le jeune aurait de meilleures chances de passer d’abord par un organisme comme le nôtre où il peut travailler sur ses difficultés tout en ayant une expérience de travail. »

Pour pallier le manque d’employés en réinsertion, il a fallu embaucher un employé permanent supplémentaire, ce qui représente une dépense imprévue pour SOS Dépannage, dont Nancy Marcoux est la directrice générale adjointe et directrice des ressources humaines.

Aux Jardins de la Terre, les candidats, âgés de 16 à 30 ans, suivent en effet une formation socioprofessionnelle de 22 semaines à temps plein qui a pour but de les aider à faire leur entrée ou un retour sur le marché du travail. Ils développent simultanément des habiletés professionnelles, en apprenant notamment les métiers de maraîcher ou de cuisinier, tout en travaillant sur eux-mêmes dans le cadre de rencontres individuelles et d’ateliers en groupe. Au terme de leur parcours, ils ont la possibilité de compléter un stage rémunéré au sein de l’entreprise et on les accompagne dans leur recherche d’emploi.

Contrecoups
L’organisme SOS Dépannage, qui chapeaute le Café des Trois Pommiers et son magasin général, est aux prises avec le même effet domino. Des places en réinsertion à l’emploi sont vacantes. « Une personne qui se serait qualifiée chez nous peut être employée ailleurs ; en conséquence, Emploi Québec ne subventionne plus le poste parce que chez nous, c’est pour 30 semaines alors qu’ailleurs, c’est un temps plein à plus long terme », explique Nancy Marcoux, directrice générale adjointe et directrice des ressources humaines.

Résultat : pour pallier le manque d’employés en réinsertion au restaurant sans en compromettre le fonctionnement, il a fallu embaucher un employé permanent supplémentaire, ce qui représente une dépense imprévue pour l’organisme. « De la main-d’œuvre de qualité, ça n’a jamais été facile à trouver, relate Mme Marcoux. Peut-être que c’est parce que les gens croient encore que dans le communautaire, c’est mal payé ou qu’on ne peut pas offrir plus que le salaire minimum. »

« Mais ce n’est pas vrai ; on est très compétitif et on offre de très bonnes conditions, que ce soit en salaires ou en avantages », renchérit la directrice générale adjointe.

Les activités des Jardins de la Terre ne sont pas non plus compromises par le rétrécissement du bassin de candidats. « Comme on utilise le travail qu’on fait ici comme moyen d’intervention auprès de la clientèle, on continue quand même d’opérer », relève M. Martel, ajoutant que l’organisme compte des employés permanents et une banque de pigistes qui peuvent donner un coup de main à la production, au besoin.

« Jusqu’à maintenant, ça va, mais on est conscients que c’est un enjeu pour notre développement futur. Il faudra s’adapter selon les besoins de notre clientèle et du marché », ajoute le directeur général.