Les enfants ont appris à faire de la couture pour décorer leur pochette à ustensiles afin d’enrayer l’utilisation d’ustensiles­ de plastique à la cafétéria.

L'école de Sutton se met au vert

Les élèves et le personnel de l’école primaire de Sutton ont mis un terme définitif aux ustensiles de plastique. À partir de lundi, les enfants de tous les niveaux apporteront leurs propres ustensiles dans leur toute nouvelle pochette qu’ils ont fabriquée jeudi, même s’ils mangent à la cafétéria de l’école.

Un comité pour l’environnement a été formé à l’école et regroupe des représentants de la maternelle à la sixième année, tant francophones qu’anglophones. « On utilise des ustensiles en plastique à la cafétéria alors qu’on n’arrête pas de parler [de plastique et de pollution], explique Annick Boily, orthopédagogue et enseignante. Ça fait un non-sens pour nous. On s’est lancé dans ce projet-là, mais c’est le premier de plusieurs. »

Les enfants ont lancé l’idée de faire un après-midi de couture afin que les élèves créent leur propre pochette pour transporter des ustensiles de la maison. 

Jeudi à 13 h, les enfants sont retournés dans leur classe, après avoir jeté pour la dernière fois des ustensiles en plastique à la poubelle, avec la mission de coudre les décorations qui personnaliseraient leur nouvelle pochette.

Au préalable, les responsables du projet avaient coupé des bouts de tissus reçus gratuitement d’une maman et les avaient enroulés avec un ruban et une bille agissant comme fermoir. Les enfants ont pu choisir le tissu à leur goût.

Des bénévoles ont quant à eux apporté leur machine pour coudre les contours et les rubans.

Éradiquer le plastique

« L’idée était de faire un gros événement qui allait marquer et qui allait briser la routine des ustensiles en plastique parce que c’est quelque chose qui est ancré depuis tellement longtemps, affirme Mme Boily. [...] En repartant ce soir [jeudi] avec leur pochette, ils vont revenir lundi avec leur pochette et leurs ustensiles dedans. Ils vont être autonomes avec leurs ustensiles et vont les gérer. »

L’école avait choisi de se tourner vers les ustensiles de plastique malgré l’utilisation de vaisselle lavable puisque les élèves jetaient par inadvertance les ustensiles de métal. L’école devait régulièrement en racheter.

La cafétéria disposera de quelques ustensiles de métal qu’elle prêtera à des enfants qui ont oublié leur pochette, mais un tableau d’emprunt sera maintenu à jour. « On va savoir qui revient en emprunter chaque jour et ça va être plus facile d’envoyer un message aux parents. »

L’idée plait. Les organisateurs n’ont reçu que de bons commentaires. Les parents ont embarqué dans le projet, soit en donnant certains éléments nécessaires à une telle activité, soit en venant aider en classe.

Des acquis

Les enfants étaient tous concentrés pour apprendre à manier une aiguille et du fil. Ce sont eux qui, en majorité, ont posé pompons, écussons ou autres décorations sur les morceaux de tissu. Des acquis qui leur seront utiles à l’âge adulte. Ainsi, 125 morceaux de tissus ont été préparés sur 150 élèves.

Les enfants « ont super bien embarqué, se réjouit Mme Boily. Ils sont eux-mêmes tannés de jeter des ustensiles. »

Estelle Dandenault est de ceux qui étaient ravis du succès de l’événement, elle qui est du comité d’environnement pour les sixièmes années anglophones. « Ça ne prend pas beaucoup de temps et c’est vraiment bon pour l’école, croit-elle. Ça va tout changer pour le mieux. Toute l’école travaille ensemble et je pense que ça, c’est le fun. C’est vraiment fantastique qu’on fasse ça. » 

Le jeune Ioan Perreault, en première année, a déjà de l’expérience en couture. Il a souvent observé sa grand-mère coudre. Voir coudre Agnès Boisvert, technicienne en service de garde qui a participé à l’organisation du projet, ne l’a donc pas impressionné. « J’ai déjà fait un oreiller », dit-il, conscient que son geste et celui de ses amis pourront faire une différence contre la pollution par le plastique.

Serre et jardinage

Ces pochettes à ustensiles sont une première action du comité environnement. Le plastique demeure dans leur mire. « On va s’attaquer à autre chose comme les plats de plastique, les sacs Ziploc, etc., prévient Mme Boisvert. On va voir comment conscientiser les parents puisque les enfants sont très sensibles » à l’environnement.

« On veut éventuellement se construire une serre et des bacs de jardinage, ajoute Annick Boily. On a eu des subventions pour commencer nos bacs de jardinage et on a des dons pour les semis. C’est parti ! »