«J’aimerais relier toutes les clientèles de l’école», dit Karine Desmarais, enseignante de 1re année et membre du comité organisateur du projet de serre à l’école secondaire de la Haute-Ville, à Granby.
«J’aimerais relier toutes les clientèles de l’école», dit Karine Desmarais, enseignante de 1re année et membre du comité organisateur du projet de serre à l’école secondaire de la Haute-Ville, à Granby.

L'école de la Haute-Ville veut faire pousser... une serre

Le jardinage et l’autosuffisance ont la cote et l’école secondaire de la Haute-Ville, à Granby, veut aussi mettre la main à la terre.

Une campagne de sociofinancement est lancée pour doter l’établissement de la rue Lansdowne d’une serre quatre saisons qui, une fois installée dans la cour arrière, permettra aux élèves de cultiver plantes et légumes dans un but pédagogique et culinaire.

« J’aimerais relier toutes les clientèles de l’école », indique Karine Desmarais, enseignante de 1re année et membre du comité organisateur formé d’une dizaine d’employés, surtout des professeurs.

Selon Mme Desmarais, ce projet conviendra autant aux élèves vivant avec une déficience intellectuelle qu’à ceux du régulier. Tous les adolescents, même les plus turbulents, aiment voir la nature en action et s’occuper de ce qu’ils ont planté.

« J’ai déjà eu un groupe régulier difficile, raconte-t-elle. On a fait des semis et quand ça a commencé à verdir, ils adoraient s’en occuper, c’était leur bébé. C’est devenu plus facile par la suite. Il y a plusieurs bienfaits au jardinage. On voit pousser, on sait ce qu’on mange. »

L’enseignante en sait quelque chose ; elle dirige des groupes de Brigades culinaires à son école, où les élèves cuisinent pour eux et leur famille, quand il en reste... Ils ont en effet tendance à manger toute leur production avant qu’elle ne sorte des murs de la Haute-Ville.

Le projet de serre de 21 sur 40 pieds permettra de bonifier cette activité, en plus de devenir un lieu de rassemblement. Des citoyens pourraient également louer des espaces pour leurs propres cultures.

Dons

Mais pour faire pousser autant de plantes au même endroit, il faut de l’oseille. C’est pourquoi le comité de la Haute-Ville sollicite des dons via la plateforme estrienne de sociofinancement La Ruche, sous la mention « Serre autosuffisante, écologique école Haute-Ville ».

L’objectif est de récolter 8000 $. Ce montant accumulé, Québec le doublera par l’entremise du Fonds mille et un pour la jeunesse. En y ajoutant des sommes déjà amassées par l’école, l’équipe sera en mesure de démarrer la construction de la serre.

Par la suite, l’ajout d’équipement et de cultures se fera grâce au soutien de différentes subventions et de partenaires, dont le centre de services scolaire du Val-des-Cerfs et la Fondation de l’hôpital de Granby.

« C’est amasser le montant de départ qui est difficile », dit Karine Desmarais. Si le financement va bien, l’équipe aimerait amorcer la construction de la serre en mars 2021.

Entre-temps, un concours sera lancé parmi les élèves pour lui trouver un nom.

Des panneaux solaires, de l’aquaponie (système qui unit la culture de plantes et l’élevage de poissons) et des arbres fruitiers à proximité font également partie des plans du comité. Tout comme celui de créer un OBNL qui permettrait l’embauche d’un employé à temps plein.

Qui sait, la serre pourrait également attirer les jeunes vers les métiers de l’agroalimentaire, où il manque de main-d’œuvre, dit Mme Desmarais.

« Ça peut éveiller de l’intérêt ! »