Le nombre d’élèves inscrits à l’école Centrale de Saint-Joachim-de-Shefford est en baisse, ce qui justifie l’abolition d’une classe, a fait savoir le Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs.
Le nombre d’élèves inscrits à l’école Centrale de Saint-Joachim-de-Shefford est en baisse, ce qui justifie l’abolition d’une classe, a fait savoir le Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs.

L’éclatement d’une classe dérange à Saint-Joachim-de-Shefford

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
À quelques jours à peine de la rentrée scolaire, des parents de Saint-Joachim-de-Shefford ignorent toujours dans quelle classe leur enfant de 3e année aboutira. Le retrait d’une classe fait en sorte que certains élèves ne pourront pas fréquenter l’école Centrale alors que deux élèves seront pour leur part envoyés dans le groupe de 4e année.

La semaine dernière, lors d’une rencontre préparatoire, les parents ont appris qu’une classe avait été abolie à l’initiative du Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs (CSSVDC), passant de huit groupes-classe à sept.

Ce faisant, la classe de 3e année, plafonnée à 26 élèves, ne pourra pas accueillir trois enfants en surplus, dont deux seront relocalisés dans la classe de 4e année. Les parents ignorent encore, à moins d’une semaine de la rentrée, si leur enfant sera de ceux qui devront être séparés de leurs camarades.

« Ces deux élèves-là seront isolés de leurs amis avec qui ils ont fait leur primaire jusqu’à présent parce qu’ils seront dans la bulle d’un autre groupe, déplore la mère d’un enfant de la cohorte concernée. Pour nous, c’est un point litigieux. »

L’an dernier, les élèves de 2e année, ceux-là qui seront en troisième à la rentrée, étaient déjà divisés en deux classes, dont un groupe qui chevauchait la 1ere et la 2e année. « Le groupe de ma fille a toujours été réparti dans deux classes parce qu’il y a beaucoup d’enfants de son âge au village », relate une autre mère.

À l’instar des autres parents concernés, celle-ci et l’autre mère ignorent si c’est leur enfant qui sera envoyé dans la classe de 4e année. « Avec seulement deux élèves de troisième année, on se demande à quel point l’enseignante [de quatrième] va adapter le programme pour qu’ils puissent suivre, relève cette dernière. C’est évident que pour leur permettre de suivre, ce seront des élèves plus performants qui seront choisis pour aller dans l’autre groupe, alors ils seront en quelque sorte pénalisés parce qu’ils sont bons. »

« On se questionne beaucoup sur le pourquoi, ajoute la Joachimoise. Il y a l’espace pour la classe dans l’école, sans compter que des élèves qui bénéficiaient d’un changement de district pour fréquenter l’école internationale doivent retourner à l’école de leur municipalité. Pourquoi ne pas garder la classe de plus ? »

En effet, nous a confirmé le centre de services scolaire, trois élèves qui fréquentaient l’école en bénéficiant d’un changement de secteur se sont vus refuser l’admission à l’école Centrale, portant à six le nombre d’élèves de ce niveau en surplus.

Une élève transférée à Waterloo

De plus, comme la classe de 4e année aura atteint elle aussi sa pleine capacité avec l’accueil de ces deux élèves de 3e année, un autre élève de 3e année sera contraint de fréquenter une autre école, à Waterloo. 

Il s’agit d’une fillette dont les parents s’étaient pourtant assurés qu’elle aurait une place à l’école internationale de Saint-Joachim-de-Shefford avant de signer une offre d’achat pour une maison dans la municipalité.

« On a su la semaine dernière que ma fille serait finalement transférée à Waterloo, confie le père de l’enfant. Ce qui est frustrant, c’est qu’on avait communiqué avec le centre de services scolaire avant de déposer notre offre d’achat pour s’assurer que notre enfant ait une place à l’école et on s’était fait dire que oui. »

La famille, originaire de la Rive-Sud de Montréal, est certes déçue, mais ne souhaite pas lancer de cabale contre le centre de services scolaire. Elle s’est résignée à ce que sa fille fréquente une autre école. « On comprend qu’il y a trop d’élèves, note le père de famille. Nous sommes allés visiter l’école de Waterloo et elle est très bien. »

Il ajoute qu’il a été entendu que si une place se libère dans la classe au cours de l’année scolaire, sa fille aura la priorité pour intégrer l’école primaire joachimoise. « Mais si ma fille préfère rester dans sa nouvelle école avec ses nouveaux amis, on devra formuler une demande de changement de district », nuance-t-il.

Le père est toutefois d’avis que comme un local aurait été disponible dans l’école pour conserver cette classe-tampon, il aurait été préférable pour tous les enfants qu’elle soit maintenue. « Avec la COVID-19, est-ce une bonne idée de remplir des classes à pleine capacité ? » demande-t-il, ajoutant que le problème se posera également l’an prochain, mais pour les élèves de 4e année.

La capacité maximale atteinte, dit la CSSVDC

« Le nombre excédentaire d’élèves dans la classe de 3e année n’était pas assez élevé pour justifier le maintien de la huitième classe, a expliqué la coordonnatrice aux communications de la CSSVDC Paméla Blouin, d’autant plus que le nombre total d’élèves inscrits à la présente rentrée est, tous niveaux confondus, plus bas que l’année dernière. »

Cette différence d’élèves représente une classe entière, précise-t-elle, ajoutant que le centre de services scolaire doit « utiliser adéquatement les allocations que le ministère de l’Éducation nous octroie ».

Il n’a pas été possible de savoir si la direction d’école avait tranché à savoir quels élèves seraient envoyés dans la classe de 4e année. Rappelons que la rentrée a lieu lundi. « Le choix sera fait et annoncé aux parents sous peu », a répondu Mme Blouin.

Lundi et mardi, La Voix de l’Est a tenté de communiquer avec le maire de la municipalité, René Beauregard, qui aurait rencontré la direction générale du CSSVDC à ce sujet. Celui-ci étant en vacances, il n’a pas été possible d’obtenir une réaction de sa part.