Samuel Grenier, directeur des services clients au Zoo de Granby.

Le Zoo en mode prévention

Alors que l’industrie touristique nage en pleine pénurie de main-d’œuvre, le Zoo de Granby prend les moyens pour garder la tête hors de l’eau. Pour y arriver, l’attraction phare mise entre autres sur la hausse de son attractivité puis sur la fidélisation des jeunes travailleurs.

« Le mur est de plus en plus proche. Présentement, tous les secteurs sont touchés par la pénurie de main-d’œuvre. On doit trouver des solutions pour y faire face », a indiqué en entrevue Samuel Grenier, directeur des services clients au Zoo de Granby.

En ce sens, la Société des attractions touristiques du Québec (SATQ) a récemment créé un comité de ressources humaines, composé de représentants de l’industrie à travers la province, notamment M. Grenier. Une première rencontre a eu lieu en janvier et une série d’autres ont suivi. De ces réunions ont émergé quatre postes plus problématiques en ce qui concerne le recrutement pour le secteur des attractions. Il s’agit des « caissiers et préposés au service d’information et à la clientèle, des concierges et surintendants d’immeubles, des guides et animateurs, de même que les superviseurs. »

Le Zoo de Granby compte près de 750 employés, dont 130 ont des postes permanents. On dénombre aussi plusieurs centaines d’étudiants, dont la plupart reviennent d’une saison à l’autre. Néanmoins, l’organisme sans but lucratif (OSBL) doit recruter bon an mal an près de 125 travailleurs. Ce qui n’est pas une mince tâche dans un contexte où l’on flirte avec le plein emploi, a concédé Samuel Grenier.

Du côté du Zoo, la rareté de la main-d’œuvre se fait surtout sentir dans le secteur de la restauration et des banquets. « Il y a un gros taux de roulement d’employés parce qu’ils se promènent beaucoup d’une organisation à l’autre », a précisé le directeur des services clients.

Sentiment d’appartenance
On pourrait penser que l’aspect financier arrive en tête de liste lorsqu’il est question de rétention de main-d’œuvre. Or, ce n’est pas le cas, a noté le représentant du parc zoologique. « Fidéliser un employé, ça ne passe pas uniquement par le salaire, a dit Samuel Grenier, mais plutôt par l’ambiance au travail. »

Afin de créer un lien fort avec ses effectifs et entre eux, le Zoo a mis de l’avant il y a trois ans des comités de loisirs au sein de toutes les sphères d’emplois. « Chaque coordonnateur doit faire au moins trois activités par année avec les jeunes. Et ils participent à leur création. Ça développe l’esprit d’équipe, et donc le sentiment d’appartenance à l’entreprise », a mentionné le représentant de l’OSBL, précisant que les sauveteurs ont été les premiers touchés par cette approche. « On n’est pas capables de payer nos 60 sauveteurs 20$ de l’heure. Par contre, les candidats ont un excellent environnement de travail. Et ça fait la différence. »

Selon M. Grenier, tous les employeurs doivent désormais prendre en compte un nouveau paradigme concernant les jeunes et leur relation avec le boulot. « Les étudiants ne veulent plus travailler autant qu’avant. Du moins, c’est ce qu’on ressent depuis quelques années. Ils se contentent de 25h à 30h de travail par semaine et prévoient même des vacances parmi ça. » Plutôt que de faire fi de cette réalité, le Zoo essaie de moduler autant que possible les horaires pour accommoder ses employés.

Trois axes d’intervention
En ce qui concerne le comité de la SATQ, trois actions prioritaires sont à venir. La première consiste à réaliser, d’ici le début de la saison estivale, une enquête salariale sur les postes saisonniers. Le développement d’outils de gestion spécifiques pour les attractions sera le second volet. De plus, l’affichage des postes sera amélioré. En ce sens, la SATQ a ratifié un accord avec la plateforme « hotelleriejobs.com » afin d’accroître la visibilité des postes à combler.