Plus de 25 000 clients ont été privés de courant dimanche en raison de la tempête de verglas et du vent.
Plus de 25 000 clients ont été privés de courant dimanche en raison de la tempête de verglas et du vent.

Le verglas plonge la région dans le noir

Les effets du poids de la glace sur les branches et les fils, combinés à la force du vent, se sont fait sentir rapidement dimanche. En fin d’après-midi, environ 10 000 résidents d’une dizaine de municipalités de la région étaient encore sans électricité.

À 17 h, plus de 9000 clients étaient toujours privés d’électricité en Haute-Yamaska, tandis qu’environ 1300 adresses étaient toujours dans le noir dans Brome-Missisquoi. Ce chiffre avait diminué de 3500 en fin d’avant-midi à quelque 300 dans Rouville en fin de journée.

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À Granby, environ 4400 clients sur 37 200 étaient toujours sans électricité. Ailleurs en Haute-Yamaska, les municipalités de Roxtond Pond, Saint-Joachim-de-Shefford et Sainte-Cécile-de-Milton étaient toutes les trois toujours presque entièrement dans le noir. Près de 400 clients sur 1500 étaient dans la même situation à Saint-Alphonse-de-Granby, et 300 à Shefford. Warden et Waterloo ont pour leur part été épargnées, à quelques exceptions près.

Dans la MRC d’Acton, les résidents de quatre municipalités ont passé la journée sans électricité. Il s’agit de Roxton Falls, du Canton de Roxton, de Sainte-Christine et Béthanie.

Dans Brome-Missisquoi, les dommages sont davantage répartis. Brigham est la municipalité la plus touchée avec 419 clients privés d’électricité sur 1235, suivie de Cowansville avec 303 et Farnham avec 278. 

Dans Rouville, toujours en fin d’après-midi, seule la municipalité Ange-Gardien était touchée par une panne, obligeant près du quart de ses résidants à trouver des moyens alternatifs pour s’éclairer et se chauffer.

Les équipes d’Hydro-Québec sont mobilisées pour rétablir l’électricité, mais aucune heure précise pour le rétablissement du courant n’était disponible. La société d’État visait la fin de soirée, dimanche, dépendamment de la météo. « La majorité des pannes est causée par un phénomène qui a lieu sur les lignes de transport, qui sont sur des pylônes d’acier, explique la porte-parole d’Hydro-Québec, Nadine Jeannotte. Quand il y a de grands vents comme ce qu’on a eu et, qu’en plus, il y a de l’accumulation de glace sur les conducteurs [NDLR: les conducteurs sont les fils], le vent qui frappe sur les conducteurs produit un phénomène qui se nomme “galop des conducteurs”. Tous les conducteurs du réseau de transport oscillent, entrent en contact et produisent des arcs électriques [NDLR : courant électrique visible dans l’air]. Quand un tel événement survient, nos systèmes de protection s’ouvrent pour éviter que ça cause des problèmes sur le réseau. »

Afin d’éviter des bris sur les fils, Hydro-Québec a aussi volontairement mis hors tension les lignes de transport qui étaient situées au cœur des vents.

« Dès que le vent va s’être calmé, on procédera à des remises sous tension au niveau du réseau de transport et, par la suite, à des mises sous tension progressives au niveau du réseau de distribution, sur poteaux de bois. »


Les équipes de travaux publics étaient à l'oeuvre à Granby pour améliorer l'état des routes.

Débrancher certains appareils

Pour permettre un rétablissement plus efficace de l’électricité, la société d’État invite ses clients privés de courant à débrancher leurs appareils énergivores, soit directement au mur ou en fermant les disjoncteurs concernés, « de sorte qu’il n’y ait pas une trop grande charge, une trop grande demande en énergie d’un coup, explique Mme Jeannotte. S’il y a une surcharge, ça pourrait faire déclencher le système de protection ».

Les clients sont également invités par la société d’État à consulter son site Info-Pannes afin de connaître l’état du réseau. 

Les services de sécurité incendie étaient aussi sur le qui-vive. À Granby, à 13 h, les pompiers avaient répondu à une trentaine d’appels pour des branches sur des fils et un transformateur qui avait sauté. 

« Ce n’est pas pire que la dernière tempête qu’on a eue, en novembre, observe Simon Boutin, directeur du SSI de Granby. On a une quinzaine de pompiers qui sont répartis dans différents camions. Ils sont plusieurs à se promener. »

Par ailleurs, M. Boutin ne recommande pas aux citoyens de tenter de couper les branches de leurs arbres par eux-mêmes, même si l’électricité a été coupée dans le secteur. « On leur déconseille de faire eux-mêmes l’émondage des branches qui sont près ou en contact avec les fils électriques. Ils pourraient subir des blessures mortelles si leur outil ou l’arbre touchent aux fils sous tension. Même nous, on ne fait pas ce type de travail là. Il faut faire affaire à des émondeurs professionnels ou Hydro-Québec, qui vont s’assurer que le courant est débranché. »