Le vélo «fait partie de l’ADN de Bromont», a souligné le maire, Louis Villeneuve, à l’occasion du 2e Forum Vélosympathique organisé par vélo Québec.

Le vélo dans l’ADN des Cantons-de-l’Est

Jeudi matin, il fallait être un irréductible de la bicyclette pour sortir affronter la pluie et le vent sur deux roues. La centaine de participants présents au 2e Forum Vélosympathique étaient quant à eux bien au chaud, à l’Auberge Bromont, afin de discuter des meilleures pratiques visant à faire du vélo une option de transport et de loisir incontournable dans leur collectivité.

La Ville de Bromont mise beaucoup sur le vélo. Celui-ci « fait partie de l’ADN de Bromont », a confirmé son maire Louis Villeneuve, pas peu fier que la ville ait obtenu cette année la certification argent du mouvement Vélosympathique. Montréal, Sainte-Julie et Gatineau sont les seules autres villes à partager cette reconnaissance au Québec, alors que ce mouvement a été lancé par Vélo Québec en 2015.

Les élus et les professionnels du milieu municipal présents ont profité de cette journée pour partager leurs stratégies permettant d’accélérer le mouvement en faveur du vélo. « Cette journée a pour but de s’inspirer mutuellement, de s’encourager, de voir comment on peut faire mieux [dans nos municipalités] », a rappelé Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec.

Chaque ville présente des environnements très différents. Des panélistes représentant les villes de Sherbrooke et Drummondville ont évoqué les réalités particulières de leurs territoires respectifs.

À Sherbrooke, en plus de ses nombreuses côtes caractéristiques, l’un des défis majeurs consiste à inclure les réseaux cyclables disparates des dix anciennes municipalités fusionnées depuis plusieurs années à la capitale des Cantons-de-l’Est.

À Drummondville, dont la taille est comparable à celle de Granby, le défi consiste à changer les habitudes de déplacement de la population, dont près de 90 % est adepte de « l’auto solo ». Si cette ville a adopté un plan de mobilité durable cet automne, il « reste beaucoup de chemin à faire », indique John Husk, conseiller municipal drummondvillois.

Mentalités à changer

Les élus présents ont souligné l’importance de changer les mentalités à Sherbrooke et à Drummondville. Aujourd’hui, leurs résidants ne semblent pas encore prêts à se déplacer autrement qu’en voiture.

M. Husk a insisté sur le fait qu’il faut prendre le temps de faire cheminer l’option vélo dans la tête des citoyens. « Il faut penser acceptabilité sociale et anticiper les réactions négatives [de certaines personnes]. On part de loin », dit-il.

Cependant, plusieurs initiatives voient le jour partout au Québec, et notre région n’est pas en reste. Les Cantons-de-l’Est transpirent le vélo.

Destination vélo

Le vélo est intimement lié à l’identité des Cantons-de-l’Est, assure Francine Patenaude, directrice générale de Tourisme Cantons-de-l’Est. « Près d’un cycliste québécois sur deux a l’intention de visiter la région d’ici deux ans », a-t-elle noté.

Cela s’explique, entre autres, par l’engagement des élus envers ce mode de transport. « L’installation de bornes de recharge pour vélos électriques et la pose d’asphalte photoluminescente sont des exemples récents que le vélo est une priorité dans la région », ajoute Mme Patenaude.

Le maire de Bromont a rappelé à ce sujet que le conseil municipal participe à la vague du déplacement actif. La création du parc des Sommets, qui correspond à un territoire protégé équivalant à la superficie du Mont-Royal, en est une preuve concrète selon lui.

Le réseau bromontois totalise 172 km de sentiers et de pistes cyclables, et est connecté à plus de 200 km de pistes avec la Route verte. « Nous sommes dans un environnement favorable », reconnaît Annie Cabana, chargée de projets du parc des Sommets et responsable des sentiers municipaux à Bromont.

De nombreuses actions ont aussi été posées ces dernières années en faveur de la pratique de la bicyclette, souligne Mme Cabana.

Mme Cabana avance que Bromont a été parmi les premières à rencontrer les élèves de 5e et 6e année afin de leur apprendre à se déplacer de façon sécuritaire à vélo, grâce à la participation du Centre national de cyclisme ; les employés municipaux sont encouragés à utiliser la bicyclette ; Bromont subventionne l’installation de supports à vélos devant les commerces et 40 km de pistes sont entretenus mécaniquement l’hiver.

D’ailleurs, 60 % des nouveaux résidents de cette municipalité disent l’avoir choisie pour ses entiers et ses espaces verts, selon la Ville.

Et Bromont ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle vise la certification Vélosympathique or. « La prochaine étape, pour nous, est que le visiteur puisse se déplacer sur tout le territoire de Bromont sans voiture », prédit Mme Cabana. Une navette électrique permettrait par exemple d’aller chercher les visiteurs arrivant à Bromont en autobus.

Lancé par Vélo Québec en 2015, le mouvement VÉLOSYMPATHIQUE s’inspire du programme Bicycle Friendly America, créé en 1980 par The League of American Bicyclists, et implanté en Ontario par Share the Road Cycling Coalition en 2010.