Jean-Michel Ryan et Francine Patenaude sont respectivement président et directrice générale de Tourisme Cantons-de-l’Est.

Le tourisme comme vecteur économique

L’industrie touristique est amenée de plus en plus à agir comme un acteur économique d’importance dans son milieu, croit-on chez Tourisme Cantons-de-l’Est.

En 2017, 25 millions de dollars ont été investis dans ce secteur. Une somme qui peut sembler infime, mais qui a pourtant des impacts concrets sur l’économie régionale.

« Pour chaque dollar dépensé dans la région en tourisme, il y a 73 cents qui demeure sur le territoire, indique Francine Patenaude, directrice générale de Tourisme Cantons-de-l’Est. C’est 40 % de plus que dans le secteur manufacturier. »

« Imaginons une entreprise qui fabrique des produits. Ceux-ci sont destinés à être distribués et exportés à l’extérieur, illustre Jean-Michel Ryan, président du même organisme. En tourisme, l’entreprise importe des visiteurs qui, eux, vont consommer localement. »

Et pour preuve, le tourisme a généré des retombées économiques de 875 millions de dollars dans les Cantons-de-l’Est en 2016, une hausse marquée de 23 % en quatre ans. Une somme qui pourrait atteindre le milliard de dollars d’ici trois ans.

Main-d’œuvre
L’industrie touristique régionale compte pas moins de 2112 entreprises, qui représentent autant d’employeurs sur le territoire.

Avec 25 000 travailleurs, le tourisme est la quatrième industrie qui génère le plus d’emplois, derrière le secteur manufacturier, le commerce de détail et le réseau de la santé, avance le président de l’organisme.

« Mont Sutton, Bromont, montagne d’expériences et le Zoo de Granby figurent parmi les plus grands employeurs dans leurs milieux respectifs », souligne M. Ryan, ajoutant que, contrairement aux usines, les entreprises touristiques sont plus difficiles à relocaliser étant donné qu’elles tirent profit des attraits naturels de leur situation géographique. « Elles assurent une stabilité économique profondément ancrée au sein d’un territoire », poursuit l’homme d’affaires.

La situation de plein-emploi qui cause une pénurie de main-d’œuvre quasi généralisée n’épargne pas l’industrie touristique.

« On commence à en sentir les effets, bien que ce soit encore assez récent pour nous, disons dans la dernière année, avance M. Ryan. Quand l’emploi est saisonnier, ça provoque toujours un plus grand roulement [des employés], notamment en hôtellerie et en restauration. »

Les entreprises touristiques saisonnières peuvent en effet voir le taux de roulement de leurs employés atteindre de 30 à 40 % de leur personnel.

« On se concerte actuellement avec des partenaires pour trouver des solutions à plus long terme, car c’est en ayant une vision qu’on va y parvenir », renchérit Francine Patenaude.