Les administrateurs du Club de chasse, de tir et de pêche soulignent avoir organisé ces portes ouvertes simplement pour mieux faire connaître leur sport.

Le tir, ce mal-aimé

Le tir est un sport comme un autre, olympique de surcroît, répète Robert Savard, l’un des directeurs du Club de chasse, de tir et de pêche de Farnham. Les administrateurs du club, qui organisaient dimanche des portes ouvertes pour la première fois depuis des lunes, souhaitent redorer l’image de leur sport. Visite dans un univers particulier.

Le tir et les armes à feu ont mauvaise presse. Leur prolifération aux États-Unis, où leur possession est protégée par la Constitution, est régulièrement reliée à des événements violents. Or, tout un monde sépare le Canada de la réalité américaine.

Les bénévoles et les membres du club de tir de Farnham en sont bien conscients et c’est d’ailleurs l’un des éléments qui a motivé leur décision d’ouvrir leurs portes dimanche matin.

« Le club de tir de Farnham est l’un des plus beaux de la région. Nous avons rénové une partie de notre bâtiment et nous avons une trentaine d’acres à nous, en plus du camping en face que nos membres peuvent utiliser », s’enorgueillit Robert Savard, qui a consacré une partie de sa matinée à faire le tour du propriétaire avec le journaliste de La Voix de l’Est.

Sport

Les administrateurs du club de tir soulignent avoir organisé ces portes ouvertes simplement pour mieux faire connaître leur sport.

« Ce n’est même pas pour augmenter notre membership. On a plus de 600 membres, c’est suffisant comme ça! » précise Robert Savard.

Ils pourront dire mission accomplie puisque de nombreux visiteurs en sont repartis avec une perception nouvelle de ce monde particulier.

« Il y a beaucoup de mauvaises informations qui circulent. Les gens mêlent les types d’arme, par exemple », souligne l’officiel de tir Luc Courville, présent dimanche pour permettre aux visiteurs d’essayer le stand de tir situé au sous-sol du club. Exercice auquel s’est plié le représentant de La Voix de l’Est.

Loin de l’image des gangsters et des espions dans les films d’action, les armes de poing sont particulièrement difficiles à manier. Des heures de pratique sont nécessaires pour arriver à tirer avec une précision constante.

Si l’utilisation de l’arme est relativement simple, l’apprentissage de la technique appropriée et une bonne concentration sont nécessaires pour obtenir des résultats corrects.

Malgré la nécessité de porter des lunettes de sécurité et un casque pour se protéger du son, les amateurs disent trouver la pratique du tir relaxante. « Il y a des gens de toutes les classes qui viennent ici : des avocats, des infirmières. Lorsque tu as le fusil entre les mains, tu dois te concentrer et ne penser à rien d’autre. C’est relaxant », assure l’officiel Luc Courville.

Comme ses collègues du club, ce dernier tient à banaliser son loisir. Il estime que la pratique de ce sport dans un environnement sécurisé comme le club n’est pas plus dangereuse que n’importe quel autre sport et que la majorité des amateurs se plient de bon gré aux lois et règles.

Sécurité

Au Canada, la possession d’armes à feu est bien encadrée par les lois fédérales et provinciales.

« Nous ne sommes pas aux États-Unis ici, souligne le trésorier du club Guillaume Papineau qui se tenait lui aussi au stand de tir. Ici, pour posséder une arme de poing par exemple, c’est tout un processus. Je dois avoir mon permis, je dois avertir mon poste de police local et la GRC fait son enquête. Je ne peux pas circuler avec l’arme librement. À tout moment, je dois prouver que je me dirige directement vers le club de tir ou l’armurerie. »

Ces armes ne peuvent être utilisées que dans un club de tir accrédité comme celui de Farnham, en présence d’un officiel lui aussi accrédité. Malgré l’environnement contrôlé, le risque zéro n’existe pas en présence d’armes à feu.

Le club fait également un effort important au niveau de la sécurité. Les membres doivent utiliser une carte magnétique qui ne leur donne qu’un accès partiel aux installations. Des caméras permettent également aux administrateurs de s’assurer que tout se passe comme prévu.

Portes ouvertes

Si les portes ouvertes du club ont attiré plusieurs nouveaux visages, les habitués du club ont également pu profiter de la journée. « Le tir sur cible, c’est un hobby, le tir sur pigeon c’est une activité. Tu dois être alerte et bouger! » assure Yves Forand, coloré tireur et grand amateur de tir au pigeon d’argile.

À l’arrivée de La Voix de l’Est tôt dimanche matin, il venait de compléter une ronde de tir. Une activité matinale qui permet de bien débuter la journée.

Si M. Forand préférait utiliser sa propre arme, les intéressés pouvaient essayer les nouveaux modèles apportés par les représentants des compagnies d’armes à feu présentes sur le site.

À quelques pas du stand de tir, un petit groupe s’activait autour d’une forge au charbon.

Dans un autre contexte, les forgerons de Markland auraient attiré l’attention, mais devant la quantité d’armes présente sur le site, leurs couteaux et leurs haches ne dérangeaient guère les visiteurs.

Les trois forgerons derrière l’entreprise fabriquent des armes de la même façon que les peuples nordiques au 9e et 10e siècle de notre ère. Ils assurent avec fierté qu’aucun outil électrique n’entre dans le processus.

Au grand bonheur des curieux, les forgerons ont fait la démonstration de leur savoir-faire durant les portes ouvertes dimanche.

Ne serait-ce des coups de feu répétés, il aurait été facile de se croire un millénaire en arrière.