Des agents sont plongés ces jours-ci dans des scénarios où ils doivent utiliser l’arme à impulsion électrique à l’occasion d’une formation de mise à niveau.

Le «taser gun», une arme dissuasive

Une femme menace de mettre fin à ses jours. Assise à la table dans son appartement, elle tient un couteau dans ses mains. Appelés à la secourir, les policiers tentent de la persuader de ne pas commettre l’irréparable. Refusant de collaborer et d’abandonner son couteau, les agents déploient leur arme à impulsion électrique pour la maîtriser.

Cette scène fictive est celle à laquelle des policiers de Granby sont confrontés ces jours-ci à l’occasion de leur formation de mise à niveau — obligatoire annuellement — pour l’utilisation de l’arme à impulsion électrique, mieux connue sous le nom de « taser gun ».

Dix-huit agents de Granby sont formés et utilisent les armes à impulsion électrique depuis près d’un an. Il s’agit d’un outil alternatif à l’emploi de la force. Le pistolet en question possède deux cartouches. Les sondes qu’elles contiennent sont reliées par un filin. Lorsque le policier presse sur la détente, une cartouche se déploie. Quand les sondes touchent l’individu à maîtriser, celui-ci reçoit une décharge électrique de 50 000 volts à 12 milliampères.

Les systèmes nerveux sensitif et moteur de la personne sont ainsi atteints. Bref, elle ressent une douleur et ne peut plus utiliser une partie de son corps pendant un certain temps, ce qui permet aux agents de la maîtriser. 

Depuis son implantation au sein du Service de police de Granby, l’arme a été déployée à six occasions auprès de personnes intoxiquées ou suicidaires. Lors d’une des interventions, un des suspects était armé d’un couteau. « À six occasions, l’arme a été déployée, mais en mode démonstration, explique Guy Rousseau, porte-parole du Service de police de Granby. On entend les arcs électriques, c’est très visuel et tu vois les faisceaux lasers sur toi. Le policier explique son fonctionnement et juste ça, c’est suffisant et il y a reddition. »

Lors de ces interventions, aucune décharge n’a été délivrée, les individus ayant accepté de collaborer après avoir reçu les explications du fonctionnement de l’arme. Son simple déploiement a eu un effet dissuasif. 

N’empêche que ces situations lors desquelles l’arme à impulsion électrique a été utilisée ont représenté un danger pour les policiers et le suspect. « Ce sont des situations potentiellement à risque, fait valoir Guy Rousseau. Les policiers auraient pu être blessés, la personne aurait pu être blessée, et même que potentiellement l’arme à feu aurait pu être utilisée dans certains cas. »

Réalité et fiction

Même si les scénarios présentés aux policiers lors de leur formation sont montés de toutes pièces, ils reflètent néanmoins la réalité des situations dans lesquelles les policiers sont appelés à intervenir. La Voix de l’Est a été invitée à se glisser dans la peau d’un suspect à neutraliser lors de la formation dispensée par le sergent Sylvain Landry.

Vêtue d’une combinaison spéciale la protégeant de la tête au pied, la journaliste a joué la comédie lors de différents scénarios exposés aux policiers. Ceux-ci devaient intervenir auprès d’une femme armée d’un couteau — en plastique — et au besoin, utiliser l’arme à impulsion électrique. 

Fait à préciser : les sondes utilisées lors des formations n’émettent aucune décharge électrique. Lors de deux scénarios, les policiers ont eu recours au pistolet électrique pour maîtriser la suspecte qui refusait de collaborer et d’abandonner son arme. 

Ces mises en situation permettent au moniteur de vérifier les compétences des agents. C’est également l’occasion de revenir sur les événements pendant lesquels l’arme à impulsion électrique a été utilisée depuis son implantation, explique Guy Rousseau. 

Les policiers de Granby disposent d’armes à impulsion électrique depuis près d’un an. Le pistolet a été utilisé à six occasions.