Mario Hamel, Jacques Latendresse et Michel Lecompte, respectivement coordonnateur­ des pilotes, président et vice-président du conseil d’administration­ du SSACE

Le SSACE 2018 en mode relance

Le Spectacle et salon aérien des Cantons-de-l’Est (SSACE) est à un carrefour. Après avoir traversé quelques turbulences avec la dernière mouture, les organisateurs amorcent le plan de relance du SSACE 2018, prévu du 14 au 16 septembre sur le site de l’aéroport Roland-Désourdy. Parmi les nouveautés au programme figurent des prestations de haute voltige de nuit, a appris La Voix de l’Est.

Après des mois à peaufiner leur offre, les organisateurs de l’événement à grand déploiement croient avoir trouvé la formule pour que l’aéroport Roland-Désourdy demeure une destination incontournable. « C’est important de donner une âme à l’événement. Quelque chose de culturel, de sportif qui éveille tous les sens pour faire vibrer les visiteurs. Et c’est ce qu’on a à offrir pour 2018 », a indiqué en entrevue Michel Lecompte, vice-président ainsi que directeur des ventes et du marketing du SSACE.

Parmi les nouveautés qui devraient procurer frissons et adrénaline aux spectateurs se retrouvent en tête de liste les acrobaties nocturnes, suivies de prestations musicales (DJ ou groupe) pour boucler la journée initiale dédiée au salon de l’emploi aéronautique. « Un spectacle de soir avec des éléments pyrotechniques sur les avions, selon nos informations, ça n’a jamais été fait au Québec. On a repris le modèle du Abbotsford Airshow en Colombie-Britannique, qui compte plus de 60 ans d’histoire. Ce sera grandiose », a fait valoir M. Lecompte.

En fait, une dizaine d’acrobates du ciel, sous la supervision de Mario Hamel, seront au rendez-vous pour en mettre plein la vue au public durant les trois jours si l’événement prend son envol cette année. Le vétéran pilote n’a pas hésité à embarquer dans l’aventure au sein du comité organisateur. « Si on parle de spectacle aérien de premier plan autour de Montréal, il n’y a que Bromont. Bagotville n’est pas à la porte et c’est le seul autre. J’ai fait tous les événements depuis le début en 2014. Et il n’y a pas de doute que ça a beaucoup de potentiel », a dit celui qui compte 24 ans d’expérience dans la haute voltige, autant du côté militaire, notamment deux ans dans la mythique troupe des Snowbirds, que civil.

AéroEmploi
Par ailleurs, une dizaine d’écoles de formation liées au monde de l’aéronautique et autant de manufacturiers, entre autres GE Aviation, Bombardier, Pratt & Withney et Lockheed Martin, sont attendus le 14 septembre lors du salon de l’emploi. Parmi les nouveautés dans ce créneau, on note un kiosque de réalité virtuelle. « On veut se servir de la technologie pour faire vivre l’expérience d’un travailleur dans l’industrie aéronautique. Vraiment, le salon AéroEmploi de Bromont sera incontournable », a indiqué Jean-Sébastien Guay, responsable du développement chez AéroEmploi. Rappelons que l’initiative avait connu un franc succès l’an dernier. Les compagnies présentes avaient alors reçu 2000 candidatures, débouchant sur 200 entrevues.

Exposition scientifique
Pour retenir l’attention du public cible (18-40 ans), les organisateurs ont concocté une exposition scientifique, de concert avec l’Université de Sherbrooke (UdeS). Ainsi, outre la panoplie d’aéronefs répartis un peu partout sur le site, les visiteurs pourront faire « d’étonnantes découvertes », a fait valoir David Rancourt, professeur à la Faculté de génie et directeur d’AéroUdeS. « On veut entre autres amener des projets d’étudiant ou de recherche en cours sur le site. On mise aussi beaucoup sur les activités interactives, comme les courses de drones, a-t-il cité en exemples. Ce sera vraiment éclaté. »

Des démonstrations avec des voitures de course développées par des étudiants en génie sont aussi au programme ainsi qu’une foule de kiosques destinés à la vulgarisation scientifique.

Post mortem
Les organisateurs disent avoir appris des erreurs commises, tant au plan logistique qu’opérationnel, lors de la plus récente mouture. L’une des insatisfactions du public concerne le transport par autobus des visiteurs à partir des stationnements, qui s’est avéré parfois chaotique. « Ce sera sur notre liste de priorités. On va revoir le parcours des autobus pour que ce soit plus efficace », a assuré M. Lecompte.

Le second aspect à améliorer est l’assise du comité organisateur, a précisé le vice-président du c.a.

L’annulation d’une partie du spectacle de la dernière journée de l’événement de trois jours, principalement en raison de problèmes techniques, avait aussi fait bien des mécontents, plombant du coup les revenus globaux du SSACE. « Ça nous a fait très mal. Ça ne se reproduira pas cette année parce qu’on a des contrats avec des performeurs qui ne reviendront pas nécessairement pour les trois jours. »

Aux prises avec un important déficit avoisinant les 150 000 $, dont les deux tiers sont liés aux fournisseurs, les organisateurs disent avoir corrigé le tir. « Dans l’événementiel, ça arrive des “bad luck”. Mais quand tu as une bonne idée, tu rebondis », a dit M. Lecompte. « La meilleure solution que l’on a trouvée pour permettre aux fournisseurs de récupérer leur argent, c’est qu’ils puissent être partenaires pour d’autres show », a renchéri Jacques Latendresse, président du conseil d’administration du SSACE, précisant qu’à ce jour, seules quatre entreprises sur une trentaine de fournisseurs ont refusé leur proposition.

Budget
Le budget estimé du SSACE 2018 est de l’ordre de 600 000 $. Les organisateurs envisagent que les ventes de billets généreront environ 250 000 $ et espèrent dégager un surplus avoisinant 40 000 $.

Le comité mise donc sur l’apport financier des trois villes propriétaires de l’aéroport, soit Granby, Cowansville et Bromont, pour boucler l’enveloppe globale. Une demande d’aide de 60 000 $ a été faite à Bromont (40 000 $ en argent et 20 000 $ en services), tandis que 30 000 $ ont été sollicités du côté de Cowansville (25 000 $ en argent et 5000 $ en services). Les élus des deux municipalités doivent respectivement trancher à ce sujet lors des séances du conseil du 7 mai et du 5 juin. Une demande devrait être déposée sous peu auprès de Granby, a mentionné M. Latendresse. Des subventions du ministère du Tourisme du Québec puis du gouvernement fédéral sont aussi attendues.