Vingt-quatre bébés tortues serpentine sont nés au Centre d’interprétation de la nature du Lac Boivin.
Vingt-quatre bébés tortues serpentine sont nés au Centre d’interprétation de la nature du Lac Boivin.

Le spectacle de la naissance de bébés tortues serpentines [VIDÉO]

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
Vingt-quatre bébés tortues serpentines sont nés près du pavillon du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin, le 31 août dernier. Un spectacle qui a pu être observé et filmé par les employés du centre, qui ont aussi aidé les petits à trouver leur chemin vers l’eau.

Les tortues serpentines vivent en moyenne une quarantaine d’années et passent la majorité de leur vie dans l’eau, «près des marais et des cours d’eau n’ayant pas un fort débit», avance Marianne Labrie, responsable de l’éducation au centre d’interprétation de la nature.

Ponte au soleil

Lorsque les femelles cherchent à pondre, au début de l’été, elles sortent de l’eau pour trouver de la terre meuble, comme du sable ou du gravier, où elles pourront creuser avec leurs pattes arrière afin d’y déposer les oeufs, raconte Mme Labrie. Ainsi il n’est pas rare d’en apercevoir sur le bord des routes ou des pistes cyclables. «Elles peuvent faire une centaines de mètres pour trouver un lieu propice pour pondre». Puis, une fois son «travail» fait, la mère part. Les bébés sont complètement autonomes dès la naissance.

Au soleil, la terre chauffera ensuite les oeufs enterrés durant tout l’été, «comme un four».

Puis, vers la fin de l’été et au début de l'automne, les oeufs «en forme de balle de ping-pong» éclosent. Les bébés tortues, de la taille d’un deux dollars, creuseront leur chemin vers la surface, et tenteront de se réfugier dans un plan d’eau. Cette étape est cruciale, ajoute Mme Labrie, parce qu’à ce moment, les bébés sont très vulnérables aux prédateurs.

Le CINLB a été témoin de tout le processus de ponte des oeufs de tortue serpentine durant l’été.

«On a transporté les petits jusqu’à l’eau, pour leur sécurité. Il y a un gros taux de mortalité entre le nid et l’eau. On les a relâchés dans un endroit sécuritaire.»

Un spectacle rare

Marianne Labrie et ses collègues ne savent pas combien d’oeufs a pondu la mère en tout, mais vingt-quatre petits sont sortis de la terre, le 31 août. Un spectacle «très excitant et rare» dont ont pu être témoins les employés du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin, qui ont construit un enclos autour du lieu de ponte de la mère au début de l’été, afin de protéger le nid des gens circulant près de là, ainsi que des prédateurs mangeant les oeufs, tels que renards, ratons laveurs et moufettes.

D'après Mme Labrie, un tel spectacle n’arrive pas souvent au CINLB. «Ça a sûrement déjà eu lieu par le passé, mais c’est assez rare. On voit davantage des tortues qui cherchent un lieu de ponte, mais on ne les voit pas pondre et on a pas accès à tout le processus.»

Ne pas toucher !

La diminution de la présence humaine au centre au début de l’été, liée aux mesures de confinement, explique-t-elle que cette tortue ait choisi un sentier habituellement très fréquenté par les visiteurs pour pondre ses oeufs? Marianne Labrie ne peut pas le confirmer, mais c’est une hypothèse plausible. «La tortue avait le champ libre. Les employés sur place ont pu aller la filmer. C’était un moment spécial, qu’on ne voit pas tous les jours!»

La tortue serpentine est une des deux races de tortues présentes au CINLB, en plus de la tortue peinte.

Mme Labrie rappelle de ne pas s’approcher d’une tortue lorsqu’on en aperçoit une. «La tortue serpentine se défend quand elle se sent menacée. Elle a un bec corné, avec des gencives très tranchantes, et elle a tendance à mordre. Il ne faut pas mettre ses doigts là! Son cou s’étire aussi, plus loin qu’on le pense...»

Elle suggère de laisser simplement la tortue poursuivre son chemin.