Selon la SACS, propriétaire d’une partie du site olympique, la pérennité des événements équestres à Bromont est compromise.

Le site équestre de Bromont mis en vente

La pérennité des sports équestres à Bromont est en péril, soutient la Société d’agriculture du comté de Shefford (SACS). Devant l’impasse pour rallier les fonds nécessaires au lancement du projet de modernisation du site olympique, l’OSBL, traînant de lourdes dettes, a mis en vente la partie du terrain qui lui appartient, a appris La Voix de l’Est.

Il y a à peine plus d’un an, le projet de la SACS semblait de nouveau sur les rails. La Voix de l’Est avait alors dévoilé que le ministère du Tourisme s’était engagé à contribuer à l’initiative, dont le budget était estimé à 6 millions $, en accordant une subvention avoisinant
1,7 million $. Le montage financier n’a toutefois pas pu être bouclé.

« On a demandé à des membres de la SACS de cautionner une marge de crédit pour l’OBNL. Rendu là, ça ne faisait pas de sens. Comme on ne peut pas faire les travaux sur le site, on ne peut pas entamer une autre saison déficitaire. Si on a une offre, qui est à la juste valeur marchande, peu importe de qui elle viendra, on va faire la vente », a indiqué en entrevue Rosaire Houde, représentant du conseil d’administration de la SACS.

Sur le plan financier, la SACS cumulait d’importantes dettes. Son principal créancier, la Caisse Desjardins de Granby-Haute-Yamaska, avait d’ailleurs enregistré en 2017 un préavis de vente sous contrôle de justice sur le vaste terrain appartenant à l’organisme où se déroule la majorité des compétitions à Bromont.

Le plan de relance devait permettre de corriger le tir. Le projet consistait principalement à mettre à niveau les infrastructures du site. 

L’ajout d’un pavillon d’accueil était notamment prévu. Des événements intérieurs et des foires liés au monde équestre étaient au programme dans le bâtiment. Le remplacement des nombreuses tentes en location chaque année par des abris permanents était aussi dans les cartons. La SACS envisageait également d’avoir ses propres équipements sanitaires.

Le représentant du conseil d’administration de la SACS, Rosaire Houde.

Servitude

L’agente immobilière responsable du dossier à la firme montréalaise HP et associés, Heidy Pinsonneault-Grenier, a indiqué que le prix de vente a été fixé à 2 340 000 $ pour le terrain et 450 000 $ pour les infrastructures. La valeur au rôle pour 2020-2022 est d’un peu plus de 1,2 million $. Mme Pinsonneault-Grenier a un mandat d’un an. Notons que la SACS est propriétaire d’une partie du site équestre, soit le lot 3 598 881, ainsi que les infrastructures sises au
450, chemin de Gaspé. La Ville de Bromont possède l’autre portion. 

L’entièreté du site olympique, tant la partie de la SACS que celle de la municipalité, a une servitude équestre. Est-ce un frein pour trouver des acheteurs ? « Pas nécessairement. Ça prend peut-être quelqu’un qui est bien patient. Il pourrait attendre qu’on lève la servitude », a fait valoir M. Houde.

À ce chapitre, Mme Pinsonneault-Grenier se dit ouverte à « tous les types d’acheteurs », même les promoteurs immobiliers. Or, la Ville est catégorique à ce sujet. « La servitude équestre est là pour rester », a assuré le maire Louis Villeneuve. 

Surenchère ?

La SACS souhaite toujours trouver un acheteur qui envisagera le maintien des compétitions équestres, a fait valoir M. Houde. Mais, « force est de conclure que pour l’instant, la pérennité des sports équestres à Bromont est en péril », a-t-il ajouté.

Roger Deslauriers, grand patron de l’International Bromont, événement équestre phare, voit les choses avec optimisme. « Je suis persuadé que ça va se régler. On travaille pour faire l’International Bromont. Ce serait très décevant que ça ne fonctionne pas. »

Selon Rosaire Houde, des pourparlers avec « deux ou trois acheteurs » sont demeurés vains. De son côté, l’agente immobilière dit être en discussions avec des acquéreurs potentiels. 

Louis Villeneuve estime pour sa part que la SACS tente de monter cette histoire en épingle. « On ne comprend pas la stratégie. À notre connaissance, il y a toujours, en ce moment, des gens très intéressés à acheter ces actifs. Est-ce que la SACS veut faire de la surenchère et mettre de la pression sur la Ville ? De toute évidence, ça ne fonctionnera pas. »

La municipalité n’a pas été approchée pour acquérir le site à vendre. « Et ce n’est pas une option », a lancé le maire, fermant aussi la porte à une éventuelle vente de la portion du site équestre olympique appartenant à la Ville.