Guy Choquette et Johanne Parent ferment les portes de leur service de traiteur Annjelo.
Guy Choquette et Johanne Parent ferment les portes de leur service de traiteur Annjelo.

Le service de traiteur Annjelo ferme ses portes

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
L’interdiction de tenir de grands événements jusqu’au 31 août à cause de la COVID-19 aura finalement eu raison du service de traiteur Annjelo à Granby. Après dix ans d’activité, la petite entreprise met la clé sous la porte.

Partenaires d’affaires comme dans la vie, Johanne Parent et Guy Choquette n’ont pas pris cette décision de gaieté de cœur. Elle semblait toutefois la plus logique, comme la rentabilité n’était plus au rendez-vous. Le duo n’avait plus de contrats depuis le 15 mars, date de son dernier événement auquel il a participé.

«On ne fait pas faillite, on arrête avant d’avoir trop de dettes. Notre bail finissait le 30 avril, on a décidé de ne pas le renouveler», a souligné Mme Parent, mercredi, après avoir vidé le local, rue Principale.

Elle et son conjoint ont analysé les différents scénarios, dont celui d’offrir des plats cuisinés. Pour en avoir fait l’expérience auparavant, ils n’avaient pas le coeur de se replonger dans ce créneau. «Ça aurait juste retardé le dénouement.»

Lancée arrêtée par la COVID-19

De la fin avril jusqu’à la fin septembre, Annjelo assure habituellement le service de traiteur pour des banquets un peu partout dans la région, notamment aux clubs de golf de Waterloo et Granby Saint-Paul. Cette année, a COVID-19 a stoppé leur lancée.

«On est un couple, donc pour nous, c’est zéro revenu. Les paiements du commerce et celui de la maison étaient toujours à faire et ça ne peut pas se faire juste avec la PCU (prestation canadienne d’urgence)», explique-t-elle.

Avec l’annulation des événements, les entrepreneurs ne pouvaient subir ni mentalement ni financièrement les contrecoups de la situation.

«Il aurait fallu trouver une job pour payer un prêt et garder notre entreprise ouverte pour peut-être recommencer dans un an. C’était trop pour nous et notre santé mentale. On veut rester mariés !», lance Mme Parent qui a épousé M. Choquette il y a 28 ans.

Il faut dire que le couple envisageait depuis quelque temps de ralentir la cadence. Ils avaient déjà diminué leurs activités durant la semaine pour se concentrer sur les grosses journées de banquets l’été, et les funérailles, surtout tenus l’hiver.

«On avait juste assez de sous pour vivre les trois mois d’hiver où c’était plus tranquille et recommencer à la fin avril. Ça allait bien, mais on savait qu’on n’en avait pas pour des années. On commençait à préparer notre avenir pour faire autre chose.»

Clientèle fidèle

À travers les années, Annjelo s’est bâti une clientèle fidèle. Des entreprises et organismes communautaires ont eu recours à leur service, de même que le Challenger de tennis, et ce, pendant huit ans.

Le couple confie avoir bouclé la boucle et qu’il aimerait «décrocher» un peu de la cuisine.

«Je ne suis pas inquiète pour l’avenir. On a passé à travers beaucoup de choses et ce n’est pas les épreuves qui vont nous arrêter», termine Mme Parent.