Pratiquer la thrombolyse intraveineuse, un traitement primordial lors d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) aigus, est désormais possible au service de neurologie du centre hospitalier de Granby, dont on voit ici plusieurs membres du personnel.

Le service de neurologie de Granby propose la thrombolyse

À l’agonie il y a quelques mois, le service de neurologie de l’hôpital de Granby se refait peu à peu une santé. Si bien que les deux spécialistes peuvent désormais pratiquer la thrombolyse intraveineuse, un traitement primordial lors d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) aigus.

« Il y a un an, on n’entrevoyait même pas la possibilité de faire de la thrombolyse parce qu’on était débordés. D’un autre côté, c’était un manque depuis longtemps dans la région. Alors, c’est ultra-positif pour nous de pouvoir maintenant offrir ce service. C’est réellement un plus pour les gens d’ici », a indiqué le Dr Guillaume Lafortune, qui travaille de concert avec son collègue, le Dr Jean-Pierre Claude.

En fait, un AVC survient quand le flux sanguin vers le cerveau heurte un obstacle. Les neurones ainsi atteints meurent en grand nombre. Les séquelles peuvent être nombreuses et dépendent de la partie du cerveau touchée. On parle notamment de paralysie, de perte du langage, de la vision, de sensations, d’équilibre. « Il faut agir très rapidement. On a environ quatre heures pour injecter un produit qui va dissoudre le caillot », a expliqué le Dr Lafortune.

La techno à la rescousse
La thrombolyse n’est pas sans risque. Le diagnostic prétraitement est donc crucial. « Le produit injecté est anticoagulant. Ça fait donc saigner. Si le patient a reçu un coup à la tête, une chirurgie récente ou que ça fait trop longtemps que l’AVC est présent, il y a un potentiel d’hémorragie cérébrale. C’est le genre de chose que l’on veut absolument éviter. Il faut donc prendre une décision éclairée », a fait valoir le spécialiste.

Par conséquent, l’évaluation préalable d’un neurologue est incontournable. Dès qu’un patient est amené à la salle de choc de l’urgence, un des neurologues doit s’y présenter pour poser un diagnostic. Or, la présence de deux neurologues à l’hôpital de Granby ne permet pas de couvrir l’ensemble des plages horaires, car les spécialistes sont de garde une journée sur trois chacun. Ainsi, la technologie a été mise à contribution pour assurer le service. Un neurologue du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) prend donc la relève par le biais de la vidéoconférence avec un urgentologue de Granby pour prendre une décision éclairée.

Les Drs Lafortune et Claude travaillent aussi de concert avec le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) si la thrombolyse intraveineuse n’est pas suffisante. On opte dans ce cas pour une thrombectomie. La délicate opération chirurgicale consiste à inciser un vaisseau sanguin pour aller y retirer le caillot qui s’y est formé. « Vraiment, ça a été un beau projet avec les gens de l’urgence qui ont été extrêmement proactifs. Le CIUSSS a aussi été d’une grande aide pour nous permettre d’ajouter la thrombolyse [aux services] à Granby. C’est le genre de projet qui te stimule, qui te pousse à avancer », a mentionné le Dr Lafortune.

Aide administrative
Depuis près de trois ans, le service de neurologie renaît à Granby avec l’arrivée du Dr Jean-Pierre Claude en 2015, puis de son collègue, le Dr Guillaume Lafortune, l’année suivante. Toutefois, malgré toute leur bonne volonté, ils ne suffisent pas à la tâche.

La Voix de l’Est rapportait en octobre dernier que la liste d’attente pour une consultation en neurologie à Granby s’allongeait, étant passée de 494 à plus de 900 personnes en un an. Afin de se concentrer uniquement sur leur travail, les spécialistes ont demandé, entre autres, à être épaulés par une secrétaire, et possiblement par une infirmière clinicienne. L’ajout d’un autre neurologue est aussi souhaité.

Le SOS lancé par les spécialistes a trouvé écho. Une secrétaire doit entrer en poste au cours des semaines à venir, a indiqué le Dr Lafortune.

En ce qui concerne l’arrivée d’un troisième neurologue à Granby, le Plan d’effectifs médicaux (PEM) ne prévoit pas de nouveau spécialiste dans notre région d’ici 2020. En entrevue à La Voix de l’Est, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait toutefois démontré de l’ouverture pour 2019. « Avoir un neurologue de plus à Granby, tout le monde est d’accord, a lancé le Dr Lafortune. Y compris le CIUSSS. Les demandes ont été faites [auprès du ministère de la Santé]. On devrait avoir l’heure juste en octobre. »