La friperie Lily Fripouille a certes souffert de la fermeture imposée par les autorités de la santé publique, mais la propriétaire Nancy Beauchamp a su tirer son épingle du jeu.
La friperie Lily Fripouille a certes souffert de la fermeture imposée par les autorités de la santé publique, mais la propriétaire Nancy Beauchamp a su tirer son épingle du jeu.

Le seconde main comme premier choix

La pandémie a porté un dur coup aux affaires de certains commerçants, qui en plus d’avoir été forcés à fermer leurs portes pendant quelque temps, ont vu leur clientèle se tourner vers Internet pour faire leurs emplettes. Toutefois, les friperies et boutiques d’articles usagés semblent avoir rapidement récupéré de cette pause imposée, signe d’un regain de popularité pour le seconde main.

La friperie Lily Fripouille a ouvert ses portes l’hiver dernier sur la rue Boivin, à Granby. Le magasin de vêtements et d’accessoires usagés, qui propose aussi des produits faits par des artisans locaux, a certes souffert de la fermeture imposée par les autorités de la santé publique, mais la propriétaire Nancy Beauchamp a su tirer son épingle du jeu.

« De devoir fermer à cause de la pandémie, c’était vraiment décevant ! J’avais tellement travaillé fort pour avoir ma boutique, raconte la femme d’affaires. Mais je ne pensais pas repartir en force à ce point quand j’ai pu rouvrir. »

Tant la clientèle fidèle du magasin que de nouveaux consommateurs sont au rendez-vous depuis quelques semaines, au grand bonheur de la principale intéressée.


« J’étais convaincue que personne ne viendrait à ma boutique, que tout le monde aurait peur de revenir dans les magasins. Mais les affaires ont repris. Il y a eu un bel élan de solidarité envers les commerçants qui ont perdu des plumes ce printemps ! »
Nancy Beauchamp, propriétaire de la friperie Lily Fripouille

C’est un soulagement similaire qu’exprime Karine Tremblay, la directrice générale du Centre d’action bénévole (CAB) de Saint-Césaire. « Dès la première semaine où on a pu rouvrir, on a vu une montée de nos revenus et de l’achalandage. Comme c’est notre friperie qui fait pratiquement fonctionner notre organisme, on vivait une grande angoisse à savoir si on allait passer à travers », indique-t-elle.

Rouvert depuis un peu plus de trois semaines après plus de quatre mois de fermeture, le magasin général de SOS Dépannage, rue Matton, a recommencé à brasser des affaires. Le directeur général et fondateur de l’organisme, Norman Dunn, est d’ailleurs le premier surpris de voir le chiffre d’affaires du commerce dont tous les profits servent à financer les activités de la banque alimentaire.

« C’est presque déjà revenu au niveau d’avant [la pandémie], a-t-il confié dans un bref entretien téléphonique. On n’est pas loin des revenus qu’on faisait avant de fermer, et ça semble aussi être le cas dans les autres magasins comme nous qui ont ouvert plus tôt. »

Vicky Petit ouvrira ce samedi les portes de La Fripe Bohème urbaine sur la rue Boivin à Granby. Celle qui a longtemps fait le commerce de vêtements de seconde main souhaitait depuis un moment avoir son atelier-boutique où, en plus d’y vendre des fringues distinguées, elle retapera des meubles et autres objets pour leur donner une nouvelle vie.

De quoi enthousiasmer Vicky Petit, qui ouvrira ce samedi les portes de La Fripe Bohème urbaine, également sur la rue Boivin à Granby. Celle qui a longtemps fait le commerce de vêtements de seconde main souhaitait depuis un moment avoir son atelier-boutique où, en plus d’y vendre des fringues distinguées, elle retapera des meubles et autres objets pour leur donner une nouvelle vie. « J’aime beaucoup recycler et revamper, confie-t-elle, et je fréquente les friperies moi-même depuis toujours. »

Une partie de l’engouement pour ce type de commerce tient du fait que les friperies ont beaucoup changé depuis quelques années, devenant un lieu attrayant pour tous les portefeuilles et en vogue plutôt qu’un fouillis où on se rend avec une petite gêne. « Elles sont rendues belles, les friperies. On ne parle plus d’un magasin qui a l’air sale et qui sent bizarre, tient à préciser Mme Petit. Les gens tiennent de belles boutiques propres où les vêtements y sont bien présentés et mis en valeur. Ça donne envie d’acheter. »

Retour aux sources

M. Dunn est d’autant plus heureux que de nouveaux visages se soient ajoutés dans la clientèle du magasin général, signe selon lui d’un engouement renouvelé pour les biens de seconde main. « Il y a de plus en plus de jeunes, des gens de la vingtaine à la quarantaine qui viennent magasiner ici parce qu’ils ont à cœur d’éviter l’enfouissement et de limiter le gaspillage », explique-t-il, rappelant que le commerce est ouvert à toute la population et pas seulement aux clients à faible revenu.

Mme Beauchamp le confirme elle aussi, le souci environnemental explique en partie l’attrait grandissant pour les articles usagés. « C’était déjà commencé, mais on dirait que la pandémie a accéléré ce changement de mentalité, constate-t-elle. Beaucoup de mes clients commencent à me parler de récupération, de moins gaspiller. »

C’est un retour aux sources, croit Mme Petit. « Les gens cherchent de plus en plus des produits naturels et adoptent un mode de vie plus écologique, remarque-t-elle. La qualité des vêtements d’aujourd’hui est loin d’être la même qu’auparavant. Maintenant, les vêtements changent dans les magasins toutes les semaines et ça prend très peu de temps qu’ils sont usés ou qu’ils brisent. En plus, dans une friperie, tu en as beaucoup plus pour ton argent ! »