André Gaudreault sur la mythique route 66 aux États-Unis.

«Le saucissier» à l'aventure sur la route 66

Plusieurs rêvent de fermer boutique et de partir à l’aventure le temps de se retrouver. Après avoir franchi la cinquantaine et alors qu’il célébrait le 15e anniversaire de son commerce, André Gaudreault a décidé que les astres étaient alignés. Le 12 octobre dernier, il a enfourché sa Harley pour parcourir la route 66 d’est en ouest. Une espèce de «chemin de Compostelle» à l’américaine qui lui a permis de faire le vide en se remplissant la tête et le cœur de souvenirs indélébiles.

«J’ai vu tellement d’affaires...», lance celui que tout le monde à Granby connaît comme étant «le saucissier». 

Aux clients à qui il prenait le temps de servir merguez ou saucisses feta, tomates séchées et olives noires signées William J. Walter pendant l’entrevue jeudi, il avouait avoir passé de très belles vacances. «J’avais besoin de me changer les idées, a-t-il confié à un habitué de la place. J’ai découvert que j’aimais ma job et je suis revenu de bonne humeur!»

Briser la routine et se «retrouver sans sa tête», voilà ce qu’il cherchait. 

Parcourir les États-Unis d’une côte à l’autre le titillait depuis... 20 ans. «Avec mes 50 ans et les 15 ans du magasin, j’avais deux belles excuses pour partir», dit-il. La conjointe et les enfants d’accord et fiers de son projet, il a donc pris la route à la mi-octobre en compagnie de son bon ami Joël.

«La 66 était notre ligne directrice, explique-t-il. Ça nous permettait de partir du point A au point B. C’était notre prétexte. Notre colonne vertébrale dans laquelle on jouait. On a roulé de Chicago à Santa Monica, mais on a fait tellement de viraillage...»

En trois semaines, les deux motocyclistes ont parcouru chacun 7580 km. Un périple complet sans bris mécanique et sans pluie. Seule une journée de neige est venue les refroidir dans le parc national de Yosemite dans les montagnes de la Sierra Nevada, dans l’est de la Californie, alors qu’ils se trouvaient à 9300 pieds d’altitude. 

«J’ai dû m’acheter des gants, parce que je suis parti équipé tout croche, raconte André en riant. J’avais zéro bagage: cinq paires de bas, autant de bobettes, cinq t-shirts, pis deux paires de pantalons. That’s it

Un voyage «léger» rempli de «tant qu’à...», dit-il.

«En arrivant à Los Angeles, on s’est dit que tant qu’à être là, on va aller à San Francisco. Pis après, on s’est dit, tant qu’à y être, on devrait aller à Las Vegas, pis dans l’Utah! Je voulais tout voir!»

Un moment magique de son voyage: la visite d’Antelope Canyon où les rochers semblent en mouvement.

Beautés naturelles

Sa grande curiosité a été servie, lui qui dit y avoir été «all in» au cours de ce voyage.

Les excursions dans les canyons, il les a toutes faites. Sa plus marquante? Sa visite d’Antelope Canyon, en Arizona. Un lieu magique où les rochers semblent se livrer à une danse sensuelle avec le paysage.

«Les canyons, les grottes, les déserts, les ponts, les barrages et les édifices qui sortaient de l’ordinaire, je les ai tous vus, raconte-t-il en faisant défiler les centaines de photos conservées dans son cellulaire. Les forêts de séquoias en Californie, c’était ma-la-de. Complètement fou!»

«Y’a des affaires que pour en comprendre toute la beauté, faut vraiment que tu sois sur place, poursuit-il. C’est pour ça que je n’ai pas écœuré personne avec mon voyage, parce que c’est tout du feeling

Des chevaux sauvages «comme dans les films de cowboys!», des coyotes et tarentules ont animé sa route qui l’a mené dans la Vallée de la mort, en Californie, et vers le parc de la Forêt pétrifiée et le cratère Barringer, créé par un météorite, tous deux situés en Arizona.

Au Texas, il a pu admirer le Cadillac Ranch, une œuvre composée de dix carcasses de Cadillac plantées en rangée, le nez dans le sol. Grand fan de la série Breaking Bad, il a fait un pèlerinage à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, où se déroule l’histoire.

En Utah, il s’est arrêté à l’endroit précis où Forrest Gump a décidé que sa course était terminée, (le Forrest Gump Point) à quelques kilomètres de Monument Valley. «Dans un resto, je me suis assis à la même place qu’Elvis Presley, raconte le voyageur. J’ai adoré ce feeling-là!»

Des musées, des bazars, de vieilles stations d’essence, des maisons abandonnées, il a pu tout contempler. «Le soir, je regardais mes photos en me disant que ça ne pouvait pas être plus hot le lendemain, et le lendemain, ce l’était! Toujours des belles découvertes, des belles rencontres et des beaux paysages.»

«Je voulais me faire un cadeau à moi, de moi. Pour moi, insiste André. Je voulais me retrouver pour faire le point et je me suis aperçu que j’étais heureux et que je menais une belle vie. À partir de ce moment-là, je me suis dit: “On en profite!”»