Le Salon Priorité Emploi de Granby a accueilli plus de 1000 visiteurs à l’hôtel Castel, mercredi.

Le Salon Priorité Emploi pour combattre le manque de main-d’oeuvre

Stagiaire, étudiant, immigrant, retraité: tout le monde avait une bonne raison pour se présenter au 20e Salon Priorité Emploi de Granby à l’hôtel Castel, mercredi.

Les 78 employeurs sur place étaient visiblement à la chasse aux employés, cherchant tous les moyens pour contrer la pénurie de main-d’oeuvre à laquelle ils font face. De l’autre côté, les chercheurs d’emplois s’abreuvaient d’informations et posaient leurs questions.

Un enjeu

Les entreprises n’ont d’autres choix que d’user d’imagination pour convaincre les employés de se joindre à eux. « La pénurie (de main-d’oeuvre) est un véritable enjeu. On est rendus à recruter à Montréal et on fait venir les gens par taxis », raconte Sophie Belleau, partenaire d’affaires, ressources humaines chez L.B. Maple Treat.

Même son de cloche chez F. Ménard: l’entreprise déploie une foule de moyens pour attirer de futurs employés. « Toutes les idées sont bonnes. On met des dépliants sur les pare-brise des voitures, on utilise les publisacs, on fait des annonces, on essaye de solliciter ceux qui sont inactifs sur le marché », énumère Isabelle Lavoie, conseillère en dotation et en développement organisationnel.

Cette dernière envisage même de mettre sur pied un service de transport pour augmenter ses chances d’avoir plus d’employés. « On ne peut plus juste se maintenir à la région (pour recruter) il faut aller voir à l’extérieur», a-t-elle mentionné.

La pénurie de main-d’oeuvre engendre des coûts supplémentaires et a aussi un impact sur les employés déjà engagés.

Chez L.B. Maple Treat, des mouvements à l’interne ont été effectués pour rendre les employés plus polyvalents, alors que chez F. Ménard, le temps supplémentaire bat son plein. « Ce n’est pas un irritant, car les gens le savent à l’embauche », spécifie Alexandra Paquin, technicienne en ressources humaines à la dotation.

Jeunes et moins jeunes

F. Ménard et L.B. Maple Treat remarquent que les jeunes sont très volatiles et qu’ils souhaitent trouver un emploi où s’épanouir, « mais encore là il y a tellement de choix que si ça ne fait pas, ils vont aller ailleurs », constate Mme Belleau. 

« Je ne me vois pas attachée à une place en tant que telle, a mentionné une dame dans la cinquantaine qui se cherchait un stage, le tout dépend de sa capacité de séduction. »

Non seulement les entreprises doivent trouver du personnel, mais le défi est de retenir ensuite les travailleurs finalement embauchés. 

« Dépendamment de la catégorie d’âge, les gens plus âgés cherchent la stabilité, la permanence et des emplois de jour », remarque Mme Belleau. 

Les employés dans la trentaine recherchent plutôt le bien-être au travail et la conciliation travail-famille, mais aussi la stabilité, selon Mme Paquin.

Un autre défi qui se présente aux entreprises est celui de la scolarisation. De plus en plus de gens font des études supérieures, alimentant un manque de personnel « sur le plancher ». La préparation de la relève suite à des départs à la retraite représente aussi un autre défi.

Visibilité

Autant du côté de l’employé que de l’employeur, le Salon Priorité Emploi a été perçu comme une bonne façon de se faire voir. « C’est une vitrine qui donne une idée des entreprises qui existent », a fait valoir une participante.

Pour les entreprises, il s’agit d’une corde de plus à leur arc pour se démarquer. « Le Salon aide à nous faire voir et nous faire connaître », prétend Mme Belleau de L.B. Maple Treat.

Le Salon a reçu plus de 1 000  visiteurs en comparaison à 800 l’an passé. Selon la porte-parole Marie-Ève Duplin, le fait que le Salon ait été concentré en une seule journée — contrairement à deux les autres années — a été bénéfique.

La directrice de production chez Kerry a relevé que les retraités, les jeunes et les nouveaux immigrants dans la région représentaient la majeure partie des participants.