Cette cabane a été construite par Simon Lyster en 1784, année de l'arrivée des premiers loyalistes.

Le riche patrimoine de Saint-Armand à découvrir

Les adeptes du patrimoine ont du nouveau à se mettre sous la dent. Saint-Armand offre maintenant un circuit recensant 22 bâtiments datant du 18e et 19e siècle.
En 1837, Hiram Moore, capitaine de la milice locale, a dû défendre sa maison de l'invasion des patriotes venus du Vermont, dans ce qui sera connu comme la bataille de Moore's Corner.
Le circuit interactif guidé par GPS BaladoDécouverte est le fruit du travail de Guy Paquin, « historien amateur résidant à Saint-Armand » - comme il se présente lui-même -, à la demande de la municipalité.
Pour réaliser son circuit patrimonial, l'Armandois a parcouru les rues et les rangs de son village à la recherche des perles rares. Son travail a commencé il y a environ trois ans. 
« Le village a été fondé par des loyalistes américains qui ont été expulsés des États-Unis vers la fin de la Guerre d'indépendance, explique-t-il. Entre 50 et 100 d'entre eux se sont retrouvés ici. La paix entre l'Angleterre et les États-Unis a été signée à l'automne 1783, et au printemps 1784, les premiers immigrants s'installaient dans la région. Un forgeron qui s'appelait Simon Lyster a construit sa cabane cette même année. C'est une maison pièce sur pièce construite sur un site magnifique au bord de l'eau. » Cette cabane est le premier arrêt du circuit.
« Autour de 1800, une nouvelle vague est arrivée des États-Unis, des sympathisants loyalistes qui n'ont pas été expulsés, mais qui se sont dit qu'il y avait de bonnes terres à acheter et à exploiter ici. Il y a donc eu une deuxième vague de construction de maisons », enchaîne l'historien­ amateur.
« Bijoux extraordinaires »
Le circuit de Saint-Armand propose d'admirer ce qui reste de ces deux vagues d'immigration, de la cabane de forgeron aux lieux saints en passant par la maison du shérif et le pont couvert Guthrie. Ce dernier, érigé en 1888, est la construction la plus récente du circuit. « On a voulu mettre tout ça en valeur parce qu'il y a des bijoux extraordinaires­ », estime M. Paquin.
Plusieurs constructions d'époque n'existent évidemment plus, tandis que d'autres ont subi de légères modifications au fil du temps, tels un coup de pinceau ou, plus souvent, un changement de toiture pour des raisons évidentes. Certains propriétaires ont tout de même choisi de demeurer fidèles au style de la maison­, explique M. Paquin.
Les registres fonciers municipal et provincial lui ont été d'une grande aide pour trouver les premiers propriétaires de chaque construction. Une recherche sur Internet lui a par la suite permis de retracer leur histoire.
Guy Paquin a pris goût à l'élaboration d'un tel projet. Il continue d'observer les maisons de Saint-Armand et se questionne sur les anecdotes qui y ont été vécues.