Le propriétaire de la Bijouterie Brouillette et Fils, Mario Brouillette, estime que le retrait annoncé des feux de circulation à l’angle des rues Principale et Johnson est un «non-sens».

Le retrait de feux de circulation ne fait pas l'unanimité

Le retrait annoncé des feux de circulation à l’intersection des rues Principale et Johnson, à Granby, est un « non-sens », selon le bijoutier Mario Brouillette.

« On s’en va vers un centre-ville pour les piétons et les cyclistes. Et on enlève une lumière pour que les piétons prennent une chance en traversant la rue ? Je ne comprends pas. J’essaie de trouver la logique », a laissé tomber le commerçant mercredi à La Voix de l’Est.

Le conseil municipal a donné — sur division — le feu vert en début de semaine au retrait de ces feux de circulation au printemps. Ils étaient en mode clignotant depuis l’automne, afin de permettre au service de la planification et de la gestion du territoire de la Ville d’analyser la situation. Un citoyen s’était plaint de la « désuétude » de ces feux l’an dernier.

Le retrait pur et simple des « lumières » n’est toutefois pas une bonne solution, estime Mario Brouillette. Membre du groupe de travail consultatif mis sur pied dans le cadre du projet de réaménagement du centre-ville de Granby et ex-président de la défunte Société de développement du centre-ville (SDC), M. Brouillette a toujours eu le centre-ville à coeur.

« J’aimerais mettre au défi les conseillers municipaux. Je les invite à venir voir ceux qui font leur stop. Les gens n’arrêtent pas », déplore celui dont le commerce est situé à deux pas de l’intersection des rues Principale et Johnson.

Appuis
Mario Brouillette relève que des feux de circulation ont déjà été retirés par le passé à l’intersection des rues Principale et Centre. La disparition annoncée d’autres feux n’augure rien de bon, selon lui.

« On veut que les gens se promènent plus tranquillement sur la rue Principale pour deux raisons : à cause des piétons, mais aussi des cyclistes. Depuis que je suis ti-gars que je vois le monde se promener au centre-ville. Les gens ouvrent leurs portières, les bicycles passent. Il y a des accrochages, des fois majeurs, d’autres fois pas. Il y a des fois des jeunes en skateboard. Et ils veulent enlever le stop pour que les gens aillent plus vite. Je trouve que c’est vraiment un non-sens », déclare M. Brouillette.

Celui-ci affirme qu’il s’était juré lorsqu’il s’est retiré de la SDC de ne plus s’impliquer activement dans les dossiers du centre-ville. Mais il considère la récente décision des élus suffisamment importante pour qu’il reprenne son bâton de pèlerin. « Je vais faire le tour des marchands pour voir ce qu’ils en pensent », dit-il.

Ses propos semblent déjà trouver écho chez d’autres commerçants. Le copropriétaire de Pat et Tralala, Patrick Gévry, croit aussi qu’il sera plus ardu pour les piétons de traverser la rue Principale.

Les automobilistes de la rue Court qui souhaitent emprunter la rue Principale en direction de la rue Dufferin ne l’auront pas facile non plus, sans feux de circulation ou d’arrêts obligatoires à proximité, prédit-il. « Les gens doivent déjà couper le trafic s’ils veulent aller vers le haut de la ville. Il me semble que ça allait bien avec les lumières », ajoute le commerçant.

Patrick Dubé, copropriétaire de l’Animalerie Granby, situé à l’angle des rues Johnson et Principale, estime aussi que la situation actuelle, avec des arrêts obligatoires sur les deux artères est idéale. « Ça ralentit la circulation », dit-il.

Recommandations
L’ambitieux projet de réaménagement du centre-ville suit son cours, a assuré mercredi le directeur du Bureau de projets de la Ville, Daniel Surprenant. Le conseil municipal devra se pencher à court terme sur les recommandations déposées l’automne dernier par le groupe de travail consultatif. Des rencontres devraient aussi être éventuellement planifiées avec les commerçants, souligne M. Surprenant.

Le budget du projet de réaménagement du centre-ville, qui doit se déployer en quelques phases d’ici 2022, a été estimé à 15 millions $. Les deux tiers de cette somme sont toutefois prévus pour le renouvellement des infrastructures urbaines et les travaux de voirie. La Ville pourrait bénéficier de subventions pour ce volet des travaux.