Le retour en classe de plus de 6000 écoliers du primaire du territoire de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) prévu lundi ne se fera pas sans heurts, estiment plusieurs travailleurs du milieu de l’éducation.
Le retour en classe de plus de 6000 écoliers du primaire du territoire de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) prévu lundi ne se fera pas sans heurts, estiment plusieurs travailleurs du milieu de l’éducation.

Le retour en classe s’en vient rapidement

Le retour en classe de plus de 6000 écoliers du primaire du territoire de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) prévu lundi ne se fera pas sans heurts, estiment plusieurs travailleurs du milieu de l’éducation.

Mercredi, La Voix de l’Est rapportait qu’un peu plus de 60 % de ses quelque 10 390 élèves du préscolaire et du primaire retourneraient en classe lundi prochain.

Compte tenu de la distanciation sociale, certains groupes devront être divisés, ce qui privera des élèves de retrouver leur professeur titulaire. Les élèves en difficulté seront privilégiés pour rester avec leur enseignant habituel, avait fait savoir Eric Racine, directeur général de la CSVDC.

Plusieurs membres du personnel enseignant et de soutien inquiets ont toutefois communiqué avec La Voix de l’Est pour leur faire part de certaines situations qu’ils jugent inacceptables.

Dans un cas, une enseignante aurait perdu la charge de ses élèves en difficulté, qui seront transférés dans un autre pavillon et aux soins d’une autre enseignante ayant plus d’ancienneté. En échange, elle recevra la responsabilité d’un groupe dont la titulaire ne reviendrait pas au travail d’ici la fin de l’année scolaire. «Dans ce groupe-là, il y a deux élèves qui ont doublé et un autre qui ne communique pas», souligne un membre du personnel de la même école, qualifiant cette décision d’aberrante.

Dans au moins un autre cas, les élèves d’une même classe n’étant pas assez nombreux pour remplir une classe ont été jumelés avec un autre groupe plutôt que de demeurer avec leur professeur titulaire.

«Moi aussi, j’avais compris que la priorité était de laisser les élèves avec leur professeur, indique Sophie Veilleux, présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska. Ce que j’ai comme information, à l’heure actuelle, c’est qu’on se préoccupe plus de ne pas les changer de bâtiment, donc d’école.»

Elle ajoute que certains enseignants ignoraient toujours, mercredi, de quels élèves ils auraient la responsabilité et autour de quoi devrait s’articuler leur préparation. D’autres s’inquiétaient de la difficulté de faire respecter la consigne de deux mètres de distance dans les écoles.

«Particularités»

Informée par La Voix de l’Est des cas susmentionnés, la CSVDC a mené des vérifications. «Il s’agit de particularités qui touchent des écoles bien précises, a fait savoir Eric Racine. Dans ce cas qui nous a été présenté, nous avons donné pour consigne de reprendre l’attribution des élèves pour ces groupes-là.»

Le directeur général reconnaît que des groupes d’élèves peu nombreux ont dû être séparés de leur titulaire pour être assimilés à une autre classe.

«Effectivement, dans certains cas, c’est arrivé. Je tenais absolument à ce qu’on évite de délocaliser un seul élève en dehors de son école. Ça a mené à des choix déchirants. Nous n’avons pas tout le même personnel qu’en septembre en raison de plusieurs demandes d’exemption, souligne-t-il. Par ailleurs, le ratio maître-élève a été revu à la baisse, ce qui met une pression additionnelle sur l’enseignant et la disponibilité des locaux.»

Délais trop courts

Pour Mme Veilleux, ce cafouillage est le symptôme d’une certaine désorganisation dans la préparation du retour en classe, qu’elle attribue d’abord au court délai entre l’annonce de la réouverture des écoles primaires et la rentrée des élèves.

«Ce n’est pas comme si on avait commencé à se préparer il y a quelques semaines, dit-elle. Nous avons appris en même temps que tout le monde que les écoles allaient rouvrir.»

De plus, poursuit-elle, les détails entourant les modalités de réouverture des écoles et la planification du retour en classe fuient au «compte-gouttes». «On n’a pas reçu les consignes tout de suite après l’annonce du ministre. Depuis, l’information qu’on reçoit change, elle provient de sources multiples... Même en étant consciencieux, on peut y perdre notre latin, lâche Mme Veilleux. Lundi s’en vient vite, et on fait encore face à beaucoup d’informations contradictoires.»

De son côté, M. Racine assure que tout est mis en oeuvre et que des ressources seront à la disposition du personnel et des élèves pour que la rentrée des écoliers, lundi, se déroule sans anicroche.