Le port du masque en tout temps sera obligatoire pour tous les élèves du secondaire dès vendredi.
Le port du masque en tout temps sera obligatoire pour tous les élèves du secondaire dès vendredi.

Le réseau de l’éducation sur le qui-vive

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Déjà sous pression depuis le début de la pandémie, les acteurs du réseau de l’éducation dans la région, à commencer par les enseignants, devront ajouter plusieurs tâches à leur liste bien garnie en raison du passage de l’Estrie en zone rouge. Au cœur de ces turbulences, il y a les élèves. Et l’une des grandes préoccupations est d’éviter une flambée du taux de décrochage.

Le directeur général du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs (CSSVDC), Eric Racine, se dit « très inquiet » des répercussions du passage au palier d’alerte maximale sur certains élèves. Principalement pour les jeunes de troisième, quatrième et cinquième secondaire qui, en alternance, devront faire du téléenseignement de la maison et assister le reste du temps à leurs cours en personne. « Pour les résultats scolaires et l’acquisition de connaissances, je suis optimiste. Mais, pour nos élèves qui étaient ambivalents, une présence en classe une journée sur deux, je ne suis pas certain que c’est ce qui les ramènera le plus possible sur nos bancs d’école. »

Le DG du Val-des-Cerfs, Eric Racine

La conjoncture économique tend toutefois à équilibrer le balancier, a nuancé M. Racine. « Au niveau de l’emploi, ce n’est pas évident en ce moment. Ça nous aide donc à garder nos élèves, ce qui n’était pas le cas il y a à peine quelques mois, avant la pandémie. »


« Je sens le niveau d’énergie baisser. Ça demande beaucoup d’efforts de s’adapter constamment aux nouvelles consignes. »
Eric Racine, directeur général du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs

Le directeur général de l’école secondaire privée Le Verbe Divin à Granby, Jean Striganuk, entrevoit néanmoins des solutions pour contrer le ressac de l’alternance des horaires. « Pour les élèves plus fragiles, la COVID peut rendre les choses plus compliquées, a-t-il concédé. Par contre, on peut s’ajuster et permettre à ces jeunes ayant plus de difficulté de venir à l’école en tout temps. »

De son côté, le Collège Mont-Sacré-Coeur est aux prises depuis quelques jours avec une éclosion de cas d’élèves ayant contracté le coronavirus. Or, le directeur général de l’établissement d’enseignement privé granbyen, Claude Lacroix, voit du positif dans l’entrée en vigueur de nouvelles balises concernant l’horaire des élèves. « Actuellement, avec les cas positifs, des jeunes sont absents. C’est difficile pour les enseignants d’accompagner les élèves à la maison en même temps que ceux qui sont en classe. Avoir tous les jeunes dans la même situation amènera une certaine stabilité. »

Le directeur du Collège Mont-Sacré-Coeur, Claude Lacroix

Résilience

C’est sans surprise que le DG du Val-des-Cerfs a accueilli la nouvelle du passage de l’Estrie au palier d’alerte maximale en santé publique. Les effets de la pandémie sur le personnel du réseau de l’éducation dans la région, qui fait preuve d’une « grande résilience », sont toutefois bien tangibles. « Je sens le niveau d’énergie baisser. Ça demande beaucoup d’efforts de s’adapter constamment aux nouvelles consignes. [...] Le plus difficile, c’est que ça s’étire dans le temps. C’est le jour de la marmotte », a imagé Eric Racine.

Même constat du côté du syndicat des enseignants de la Haute-Yamaska (SEHY). « C’était prévisible (le passage en zone rouge) avec le nombre de cas croissant. On ne vit pas dans un monde de licorne. [...] Mais, c’est évident que les conditions de travail s’alourdissent. Les professeurs le ressentent. Ça joue sur le moral. Plusieurs sont en arrêt maladie », a indiqué la présidente du SEHY, Alina Laverrière, n’ayant toutefois pas de statistique à jour à ce sujet.

La présidente du SEHY, Alina Laverrière

Masque

Dès vendredi, le port du masque sera obligatoire en tout temps à l’école pour tous les élèves du secondaire. Idem pour les étudiants du collégial. Selon le DG du Val-des-Cerfs, cette règle sera « plus facile à faire respecter » par le personnel des établissements scolaires, car elle ne laissera pas de place à l’ambiguïté.

Le directeur du Verbe Divin concède toutefois qu’il s’agira d’un irritant majeur pour bien des élèves. « Plusieurs jeunes auront leur masque dans le visage durant près de 10h par jour. Ils ne pourront l’enlever que pour manger. On entend l’inquiétude de plusieurs élèves à ce sujet », a mentionné M. Striganuk.

Claude Lacroix est d’avis que le port du masque obligatoire sera bien respecté en général. L’élastique est toutefois étiré au maximum. « Au niveau des mesures contraignantes, a-t-il dit, c’est le maximum. »

Le directeur du Verbe Divin, Jean Striganuk

Ventilation

La ventilation adéquate des classes en contexte pandémique, pour éviter la propagation du virus, est au cœur de l’actualité. Au micro de l’animateur vedette du 98,5, Paul Arcand, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a fait le mea culpa de son gouvernement concernant le peu d’importance accordée à la question de la qualité de l’air dans les établissements d’enseignement, alors que le Québec se dirigeait vers la deuxième vague de COVID-19. « Dans les priorités qu’on avait fixées par la santé publique, celle-là n’était pas là pendant l’été. Est-ce qu’elle aurait dû l’être ? Avec du recul, a-t-il concédé, vous avez sûrement raison. »

Selon la présidente du SEHY, la ventilation de « la majorité » des écoles du territoire du Val-des-Cerfs n’est pas conforme à ce niveau. Des correctifs doivent être apportés rapidement, a-t-elle affirmé. « La volatilité du virus est très inquiétante. Ça ajoute une surcharge de stress aux professeurs avec toute la gestion de la COVID, a indiqué Alina Laverrière. [...] On demande aux écoles qui n’ont pas de ventilation mécanique d’ouvrir les fenêtres. Quand il fera - 20 degrés Celsius, ce ne sera pas trop agréable. Je ne sais pas si on a informé les élèves d’avoir des vêtements chauds. »

De son côté, Val-des-Cerfs ne voit pas de problème dans son réseau. « La ventilation des locaux des établissements du CSSVDC est adéquate et répond aux exigences du ministère de l’Éducation, a mentionné par courriel Paméla Blouin, du département des communications. À noter qu’une ventilation adéquate peut être naturelle ou mécanique selon la construction des bâtiments. »

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MESURES ADDITIONNELLES


Voici un résumé des normes à respecter dans le réseau de l’éducation en zone rouge (*source CSSVDC)

Générales

• Le concept d’une seule bulle-classe stable est renforcé.

• Les programmes particuliers se poursuivent. Si des élèves de différentes bulles-classes doivent être réunis, une distance de deux mètres est requise entre eux en tout temps.

• Les services professionnels sont offerts aux élèves de façon individuelle ou par groupe de six élèves au maximum. Si les élèves proviennent de bulles-classes différentes, la distanciation de deux mètres est requise.

• Toutes les activités parascolaires, les sorties éducatives et les compétitions sportives sont suspendues.

Spécifique au primaire

• Les services de garde sont offerts en bulle-classe stable ou en sous-groupes séparés de deux mètres et/ou par des barrières physiques.

Spécifiques au secondaire

• Le port du couvre-visage est obligatoire en tout temps à l’école pour tous les élèves du secondaire, y compris à l’extérieur sur le terrain de l’école et dans la classe. Les autres modalités du port du couvre-visage demeurent en vigueur.

• Les élèves de 3e, 4e et 5e secondaire suivent une formule hybride en alternance combinant l’enseignement en classe et à distance. Ainsi, ils viennent en classe un jour sur deux. Ils conservent leur horaire d’enseignement à temps plein, qui couvre les périodes en classe et à distance. Ces élèves recevront sous peu une communication de leur école confirmant leurs modalités d’horaire.

• Il peut arriver que des élèves qui suivent des cours à option préalables à des programmes collégiaux ne proviennent pas tous de la même bulle-classe stable. Dans ces cas, les élèves doivent porter le couvre-visage et respecter une distanciation de deux mètres entre eux en tout temps.