Plutôt que de jeter les aliments qui auraient décongelé ou qui se seraient gâtés, Anne-Marie Demers invite les gens à les apporter à son refuge, qui prend soin d’animaux blessés, malades ou orphelins qui ne peuvent plus nécessairement vivre en liberté et à l’état sauvage.

Le Refuge Lobadanaki prêt à accueillir les denrées irrécupérables

« Le malheur des uns fait le bonheur des autres » : c’est en ces mots que la fondatrice du Refuge Lobadanaki a lancé un appel à la générosité de la population en invitant ceux ayant été touchés par des pannes électriques prolongées à lui faire don des denrées alimentaires irrécupérables au terme du sinistre.

Avec les pannes électriques qui s’étirent dans certains secteurs depuis vendredi, plusieurs ménages devront se livrer à un ménage de leurs réfrigérateurs et congélateurs. Plutôt que de jeter les aliments qui auraient décongelé ou qui se seraient gâtés, Anne-Marie Demers invite les gens à les apporter à son refuge, qui prend soin d’animaux blessés, malades ou orphelins qui ne peuvent plus nécessairement vivre en liberté et à l’état sauvage.

« Bien que nos animaux ne manquent pas de nourriture, avant de jeter vos aliments qui auraient pu décongeler ou autre... pensez à nos animaux :) », mentionne la publication diffusée sur Facebook lundi matin, et partagée à quelques dizaines de reprises depuis.

Viande, pains, fruits, aliments transformés : la missive semble bel et bien avoir atteint sa cible, puisque le sanctuaire a pu faire le plein de dons en début de semaine.

« Les gens n’ont pas arrêté d’apporter de la nourriture. On a rempli nos caveaux et nos congélateurs ! », s’est exclamée Mme Demers lors d’une entrevue téléphonique, mardi après-midi.

« On ne veut pas que les gens aillent acheter de la nourriture ou qu’ils nous donnent des aliments qu’ils pourraient eux-mêmes consommer, poursuit-elle. On veut vraiment les débarrasser de denrées qu’ils ne mangeront pas, mais qui seraient encore bonnes pour nos animaux. Et on ne veut pas que les gens se déplacent pour nous apporter de la nourriture en petite quantité, mais comme on savait qu’il risquait d’y avoir des pertes plus importantes en raison de la panne, on a lancé notre appel. On savait que ça ferait un gros boom. »

Le refuge, qui se finance exclusivement par des dons, a toujours besoin de nourriture. À l’heure actuelle, pas moins de 170 animaux vivent à la propriété : pigeons, poules, ratons laveurs, animaux de ferme, loups, canards, chevreuils, coyotes, renards, mouffettes, porcs-épics, écureuils, sangliers... alouette !

« Ça mange de tout ! , lance Mme Demers. On récupère la nourriture invendue dans les restaurants et commerces depuis trois ans, et ça va très bien. On prend même ce qui aurait pu aller au compost. »

« Ça nous fend le coeur de voir que ce serait gaspillé. On voit là une opportunité de renflouer nos réserves », ajoute la dame, qui indique que la nourriture servie aux animaux est propre pour leur consommation, « si c’est préparé rapidement ».

Il est recommandé de communiquer avec le refuge avant de se présenter avec des denrées. Plusieurs personnes se sont offertes sur les réseaux sociaux pour faire une tournée avant d’aller apporter le tout sur place.