Une douzaine d’artistes céramistes exposent à Sutton jusqu’au 23 décembre.

Le raku à l'honneur à Sutton

Les céramistes ont maintenant leur exposition annuelle où il est peuvent faire étalage de leur talent, à Sutton. Céram-Glam, présentée à la Galerie art plus, rend par la même occasion hommage à la pionnière du raku au Québec, Monique Bourbonnais-Ferron.

Cette artiste est décédée en 2017 et a laissé derrière elle tout un héritage de savoir. 

Le raku est une technique de cuisson japonaise. Après la cuisson normale, la pièce de céramique est déposée dans un feu qui contient différentes matières, comme des plumes ou encore du crin de cheval, explique la propriétaire de la galerie, Brigitte Normandin. Des réactions chimiques s’impriment alors sur la pièce.

« Ça ne se faisait pas ici et c’est rendu que pas mal d’artistes le font maintenant », ajoute-t-elle. En sondant des yeux la salle d’exposition où se trouvent les étals de 12 artistes, elle en nomme au moins la moitié qui utilise cette technique de travail.

« Quand c’est du raku, ça devient une pièce unique parce qu’elle ne peut pas être reproduite, analyse Mme Normandin. La forme de la pièce peut être reproduite, mais la glaçure ne serait jamais pareille. C’est ça qui est intéressant avec le raku parce que ça fait de belles surprises, une patine intéressante et des craquelures. »

La fille de Mme Bourbonnais-Ferron, Catherine Ferron, était sur place samedi pour le vernissage. L’idée de Mme Normandin d’honorer la mémoire de sa mère lui a fait plaisir. « J’ai fait une exposition rétrospective au Musée du Haut-Richelieu il y a presque deux ans, juste avant la mort de ma mère. Elle a pu voir l’exposition rétrospective. Et toutes ces pièces-là dorment chez moi. J’ai une centaine de pièces dans des boîtes, il faut qu’elles vivent. Il y en a plusieurs que je voudrais qu’elles vivent ailleurs et d’autres dont la vente va me faire mal. Mais des deuils, ça fait partie de la vie. »

La céramique faisait partie de la vie quotidienne des Ferron. La défunte artiste a épousé un médecin qui est resté amoureux d’elle jusqu’à son dernier souffle. « Il lui a construit tous ses fours. Ma mère était une artiste, c’était vraiment son âme. Au début, elle faisait des colombins très fins et un jour elle est passée au raku. On trouvait que ça ressemblait à des bouses de vaches, mais elle a tenu tête, elle a continué et elle a amené le raku au Québec, se souvient Catherine Ferron. Ma mère était toujours dans l’atelier. C’est mon père qui m’a élevée. Puis les conversations au souper étaient toujours sur la céramique », ajoute-t-elle, une lueur nostalgique dans les yeux.

Expo et salon

Quelques pièces de sa mère occupent une place de choix dans l’exposition. Certaines œuvres sont produites avec la technique en colombins tandis que d’autres relèvent du raku. Ces pièces sont toutes à vendre, comme c’est le cas de l’ensemble des objets utilitaires ou décoratifs présentés par les céramistes invités. 

Céram-Glam a la double identité d’exposition et de salon puisqu’il est possible de se procurer des œuvres sur place et de repartir avec elles immédiatement, contrairement aux expositions plus conventionnelles. 

L’idée de tenir une telle exposition a germé lorsque Brigitte Normandin a ouvert sa galerie. Elle avait un ami précieux qui faisait de la céramique et a voulu offrir un lieu de diffusion à ces artistes. « Il n’y a pas beaucoup d’endroits où ils peuvent être exposés. Je pense qu’ils ont autant le droit que les peintres et les sculpteurs d’avoir une place en galerie. »

C’est finalement cette année qu’elle est passée à l’acte avec le début de l’exposition annuelle Céram-Glam. Les artistes ont été invités personnellement pour cette première mouture.

« C’est un succès. Les gens rentrent ici et ils adorent. La fin de semaine, les visiteurs peuvent rencontrer les artistes. Ils sont mieux placés que moi pour répondre aux questions techniques. » 

La galerie est ouverte du jeudi au dimanche et Céram-Glam est présentée jusqu’au 23 décembre.