« Plusieurs personnes sont nerveuses. Elles sont inquiètes de perdre leur puits. C’est une grande inquiétude qu’elles ont », a dit John Collins, un résidant du secteur de Foster, mardi lors de l’assemblée du conseil qui s’est tenue devant une quarantaine de citoyens.

Le projet Faubourg Lac-Brome franchit une autre étape

Le projet immobilier Faubourg Lac-Brome ne sera pas soumis à un registre auprès des résidants du secteur de Foster. Le processus a été annulé mardi parce qu’une majorité des 148 résidants dans les zones concernées par le projet a signé un document indiquant qu’ils se désistaient de l’exercice.

La Ville en a fait l’annonce en fin d’après-midi mardi, quelques heures avant la tenue de l’assemblée du conseil. Les élus ont approuvé au cours de celle-ci les dérogations mineures demandées par le promoteur Marc Brochu, notamment la réduction des distances séparatrices avec le ruisseau Durrell. Cela fait, ils ont donné leur aval au projet immobilier. Reste maintenant au conseil des maires de la MRC Brome-Missisquoi d’y apposer son imprimatur.

M. Brochu compte acheter le terrain de golf de 67 hectares de la famille Allard pour y construire entre 45 et 51 maisons sans services. Une superficie de 8,7 hectares serait transformée en parc municipal et les 20,83 hectares de milieux humides se trouvant sur le terrain seraient donnés à la Fondation des terres du lac Brome à des fins de conservation.

L’annulation du registre n’a pas empêché des citoyens de critiquer la décision du conseil d’autoriser le projet. Ils s’inquiètent que l’ajout d’autant de maisons ait des impacts sur les puits artésiens déjà existants dans le secteur de Foster.

L’eau manquera-t-elle ? s’est interrogé John Collins lors de la période de questions. « Plusieurs personnes sont nerveuses. Elles sont inquiètes de perdre leur puits. C’est une grande inquiétude qu’elles ont », a-t-il dit devant une salle où une quarantaine de citoyens prenait place.

M. Collins a suggéré que la Ville pousse plus loin l’étude sur la capacité de la nappe phréatique dans le secteur. Cela « réconforterait les gens », selon lui. Le document utilisé lors des consultations publiques en décembre « était très préliminaire », a-t-il dénoncé. « Nous n’avons pas eu toutes les réponses à nos questions. »

Le maire Richard Burcombe n’a pas acquiescé à la demande. « Aucun hydrologue ne garantirait qu’on aurait toujours de l’eau en quantité suffisante », a-t-il répondu.

Il est confiant que l’eau ne représentera pas un problème. Les responsables du golf, a-t-il servi en guise d’explication, utilisaient chaque année de grandes quantités d’eau pour arroser les allées et les verts, et ce, même en période de sècheresse. Ils n’en ont jamais manqué, a-t-il insisté. « Ils en prenaient plus que 48 maisons réunies », a-t-il illustré.

« Argument anecdotique »
Pierre Beaudoin a contredit l’argumentaire du maire. Il s’agissait d’eau de surface, a indiqué le membre de Renaissance lac Brome, prélevée dans les étangs. « Ça n’a rien à voir avec l’eau des puits artésiens. Il est important qu’on ait une meilleure idée de la capacité de la nappe [phréatique] qui va alimenter les futures maisons », a-t-il dit à son tour au micro.

La construction de l’immeuble abritant plusieurs copropriétés au 400, chemin Lakeside n’a eu aucun effet sur les puits artésiens des maisons existantes de la Pointe Fisher, a noté M. Burcombe, en réponse aux commentaires de M. Beaudoin.

L’environnementaliste a répondu qu’il s’agissait d’un « argument anecdotique, pas scientifique ». « Ce n’est pas un bon indice pour s’assurer qu’on ne manquera pas d’eau », a renchéri M. Beaudoin.

Reste maintenant à savoir si le groupe de citoyens qui a mis la Ville en demeure de ne pas autoriser le projet passera de la parole aux actes en saisissant la Cour supérieure de l’affaire. En entrevue vendredi, leur avocate, Me Johanne Brassard, affirmait que ses clients contesteraient la légalité de la démarche de la Ville.