Patrick Chartrand, Nicolas Legault, Sébastien Gauthier et Nathalie Martel font partie des membres de l’équipe qui porte le projet de vélodrome couvert.

Le projet du vélodrome couvert poursuit son ascension

Le projet de vélodrome couvert à Bromont devrait être propulsé à un autre niveau au cours des mois à venir. C’est du moins l’objectif de l’équipe du Centre national de cyclisme de Bromont et de ses nombreux partenaires, qui mettent actuellement la touche finale au plan d’affaires afin de déposer auprès de Québec une demande de subvention dès le début février. Si tout se déroule comme prévu, les nouvelles infrastructures seront opérationnelles dès 2019.

C’est avec enthousiasme que le directeur général du Centre national de cyclisme de Bromont (CNCB), Nicolas Legault, entame cette étape cruciale. « On est à un moment-clé du projet. Je suis très fier du travail d’équipe pour atteindre notre objectif, a-t-il confié. Le premier mot qui me vient en tête, c’est persévérance. C’est une valeur qu’on a tendance à oublier de nos jours, mais c’est un ingrédient important du succès qui ne vient pas toujours instantanément. Le projet de vélodrome, on y croit et on va réussir. »

En février 2016, Québec a refusé la demande de subvention de 2,6 M$ du CNCB auprès du ministère de l’Éducation, dans le cadre du Programme de soutien aux installations sportives et récréatives — phase III. La quatrième mouture du programme, lancée récemment, dispose d’une enveloppe de 100 millions, soit le double de la précédente. L’aide gouvernementale peut atteindre la moitié du coût des projets soumis jusqu’à concurrence de 7,5 millions. Le Centre national doit déposer une requête de soutien financier de 4,7 millions entre le 5 et le 10 février. Notons que la date butoir est le 23 février.

Le budget global du projet de vélodrome couvert est de 9,8 millions. De son côté, la Ville s’est engagée à soutenir l’initiative à la hauteur de 2 M$. En parallèle à la demande de subvention à Québec, M. Legault et son équipe veulent aller chercher les 3,1 millions restants auprès de partenaires privés et du public. Une campagne devrait être lancée en ce sens au cours des mois à venir, a indiqué le DG du CNCB. « On a la capacité d’emprunter 2,5 millions pour avoir une certaine rentabilité. Mais l’ob jectif est de ne pas avoir de dette. Ça aurait un impact sur la mission de l’organisation », a-t-il précisé. 

Échéancier

Comme l’ovale bromontois est en fin de vie, le CNCB prévoit un échéancier serré pour réduire au maximum le délai d’inactivité du vélodrome si le projet de le couvrir voit le jour. « L’été 2018 sera la dernière saison avec la piste actuelle. Dès 2019, il faudra la démanteler pour en construire une nouvelle. On aurait donc une saison hivernale dans le vélodrome couvert », a expliqué le DG.

Nicolas Legault s’attend à une réponse de Québec d’ici le mois de mai concernant la demande de subvention. « Si c’est positif, on prévoit un délai de construction d’un an et demi, incluant la planification. L’ouverture serait donc envisageable à la fin de 2019 ou au début de 2020. »

Appuis

Les appuis à l’initiative portée par le CNCB se sont succédé au cours des derniers mois. Alors que trois projets de vélodrome intérieur rivalisent au Québec, celui de Bromont a pris une longueur d’avance sur ses concurrents montréalais et trifluvien. La Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) a par ailleurs pris position en faveur du projet bromontois. « Compte tenu de l’avancement du dossier et des indications que le gouvernement du Québec nous a données, à ce stade-ci, si la Ville s’engage à soutenir financièrement le projet du Centre national, la [Fédération] va le supporter en tant que projet prioritaire », avait indiqué en avril 2017 à La Voix de l’Est le DG de l’organisation, Louis Barbeau.

De même, en octobre dernier, une vingtaine de clubs cyclistes des quatre coins de la province ont fait front commun pour soutenir le projet bromontois. 

Outre l’ovale de 250 mètres, le vélodrome couvert de Bromont regrouperait notamment une salle multifonctionnelle ainsi que des gymnases omnisports.

Ramifications

Le projet global, qui se décline en trois phases, se veut une mise à niveau de l’ensemble des infrastructures du CNCB. La première étape consiste à mettre un toit sur le vélodrome. En plus de l’ovale de 250 mètres, deux gymnases multisports (volleyball, badminton, trampoline et gymnastique, entre autres) et une piste d’athlétisme de 200 mètres seraient aménagés dans le vaste bâtiment. La tenue de foires commerciales et de congrès figure également au plan d’affaires.

Tout un volet de recherche et développement (R et D) aux niveaux médical et scientifique doit aussi voir le jour si le projet se concrétise. « Avoir un vélodrome couvert nous permettrait entre autres de faire des tests d’aérodynamisme. Ce que l’on ne peut pas faire actuellement à cause du vent. Les expériences peuvent avoir une incidence sur la position sur le vélo, le coefficient de résistance à l’air d’un casque et le type de tissus utilisé », a cité en exemple Nicolas Legault. La firme d’ingénierie bromontoise LX Sim a déjà signifié son intérêt pour d’éventuels tests de R et D au sein du vélodrome, a-t-il souligné. 

Le réaménagement de l’actuel bâtiment principal du CNCB constitue la seconde phase des travaux prévus. Ceux-ci nécessiteraient l’injection d’un demi-million de dollars. L’organisation, qui dispose à ce jour de 36 lits, voudrait ainsi bonifier sa capacité d’hébergement, en plus d’aménager l’immeuble pour que la clientèle paracycliste puisse y coucher. Les bureaux seraient transférés dans le nouveau vélodrome.

La mise à jour de la piste de BMX est aussi au programme. Une enveloppe d’un demi-million y serait dédiée. 

Retombées

Selon une étude de marché réalisée par la firme DAA Stratégies, l’arrivée du vélodrome intérieur à Bromont engendrerait des retombées économiques annuelles avoisinant 2,5 millions de dollars dans la région, a indiqué M. Legault. Avec les infrastructures actuelles, le CNCB attire 55 000 visiteurs par an. L’achalandage y a d’ailleurs quadruplé depuis 2014. Selon le DG de l’organisation, ce nombre pourrait aisément doubler avec une structure couverte, où serait aménagé un musée québécois du cyclisme. La concrétisation du projet permettrait d’ajouter une dizaine d’emplois à temps plein aux 43 postes créés depuis cinq ans au complexe bromontois.

Outre l’aspect économique, le projet permettrait d’accroître la rétention de cyclistes de haut niveau au Québec. « C’est primordial que les athlètes puissent aller à l’école et poursuivent leur progression sans devoir s’expatrier, a-t-il fait valoir. À travers les années, j’ai connu une dizaine de personnes qui ont abandonné le cyclisme parce qu’ils ne voulaient pas aller à Los Angeles pour continuer de s’entraîner. »

VISIBILITÉ

Le projet de vélodrome couvert de Bromont aura une belle visibilité ce week-end. 

L’initiative sera au cœur du Défi Cecobois, une compétition regroupant des dizaines d’étudiants universitaires (1er, 2e et 3e cycles) en génie civil, en génie du bois puis en architecture. L’événement se déroule du 18 au 21 janvier à l’École de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal. 

La mission des participants consistera à créer une maquette des structures de bois destinées au futur vélodrome, notamment son toit, a expliqué le directeur général du Centre national de cyclisme de Bromont, Nicolas Legault. 

« Je trouve ça tellement beau de voir l’expertise d’ici en action pour un projet qui sera un legs pour le Québec. D’ailleurs, on a un intérêt marqué pour intégrer le bois, qui est une richesse québécoise, à notre projet. » 

La maquette de l’équipe gagnante sera exposée à l’ÉTS durant un an. Rappelons que des dizaines d’ingénieurs en devenir avaient également planché en mars 2016 sur le projet de vélodrome dans le cadre de la Compétition canadienne d’ingénierie à Montréal.