Des représentants du comité Lab-école de Shefford ont récemment pu voir des maquettes de ce que pourraient avoir l’air les futurs établissements.

Le projet du futur Lab-école à Shefford se précise

Le projet de Lab-école à Shefford se précise lentement, mais sûrement. Après quelques rencontres à Québec et à Granby, le comité local commence à avoir une bonne idée de ce que pourrait être cette école unique en son genre.

Une dizaine de personnes forment le comité Lab-école de Shefford. Parmi eux, on retrouve le maire de la municipalité, des dirigeants de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, des enseignants, des membres de direction d’écoles et une représentante du conseil des commissaires. Ceux-ci ont participé à quatre rendez-vous exploratoires et un cinquième est prévu dans quelques jours à Granby.

« Le but, c’est de définir le type d’école idéale pour notre communauté. On a beaucoup d’inspiration de ce qui se fait ailleurs dans le monde », explique le président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin, en précisant que plusieurs autres rencontres seront nécessaires dans le long processus qui mènera à la construction de l’établissement. Au fil du temps, la population sera également appelée à se prononcer lors de consultations publiques.

On sait que l’organisme Lab-école, fondé par Pierre Lavoie, Pierre Thibault et Ricardo Larrivée, vise à imaginer l’école de demain. En juin, sept projets ont été choisis au Québec pour accueillir ce concept visionnaire. Parmi eux, on prévoit investir 13,2 millions $ dans la construction d’une école neuve à Shefford, dans le secteur de la rue Robert et de la route 112. Celle-ci devrait, selon M. Sarrazin, accueillir environ 260 élèves dans deux classes de maternelle et 12 classes régulières (deux par niveau).

Dans les premiers mois de 2019, un concours d’architecture sera lancé en vue de rénover ou de bâtir les sept Lab-écoles, selon le cas.

Des idées novatrices

Mais avant de dessiner le contenant, il importe de définir le contenu. Chaque Lab-école sera différent, selon les besoins spécifiques et les particularités du milieu. À Shefford, on souhaite que le bâtiment s’intègre parfaitement dans le paysage boisé environnant. L’espace devra être aéré, lumineux et assez flexible pour adopter diverses vocations. Parmi les idées originales qui pourraient être mises en pratique, mentionnons des potagers communautaires capables d’approvisionner la cafétéria, des installations quatre saisons pour la pratique d’activités intérieures et extérieures, une bibliothèque adaptée aux élèves selon leur âge... Tout est possible. « On va moduler davantage tout cela lors des prochaines rencontres, mais à Shefford, on veut maximiser l’espace pour les gens », souligne M. Sarrazin.

L’école pourrait, ainsi, déborder du simple cadre académique et s’ouvrir sur la population, en lui permettant d’y avoir accès pour diverses activités sociales ou communautaires.

Toutes ces idées, et celles des autres Lab-écoles, pourraient ensuite être reprises ailleurs dans le milieu de l’éducation. Chose certaine, ajoute Paul Sarrazin, il faut voir grand et penser à long terme. « Ne nous limitons pas seulement à l’argent. Si de bonnes idées méritent d’être appliquées, il sera possible d’aller chercher du financement ailleurs », croit-il.

« On veut qu’à Shefford, on vienne de partout pour voir la meilleure école au monde. Pour la municipalité et la commission scolaire, ce sera une vitrine exceptionnelle. »

« Super emballant »

Présent à toutes les rencontres, le maire de Shefford, Éric Chagnon, qualifie le projet de « super emballant ». « Quand elle sera construite, il y aura plein de curieux qui vont venir voir cette école, car ce sera différent de tout ce qu’on a vu jusqu’à maintenant au Québec. J’espère que ça fera des petits », dit-il.

Selon lui, Shefford possède l’avantage d’offrir un emplacement exceptionnel. « Chez nous, ils ont de l’espace pour travailler et imaginer plein de choses. »

Rappelons que le terrain du futur Lab-école est fourni par la municipalité. Les maires de la Haute-Yamaska ont d’ailleurs officiellement adopté, la semaine dernière, les modifications au schéma d’aménagement du territoire, de façon à permettre l’implantation du projet.

Le bémol, cependant, c’est que l’établissement ne pourra accueillir qu’un nombre limité d’enfants en provenance d’un territoire défini. « Les citoyens ont hâte de voir le découpage scolaire. Ce ne sont pas tous les enfants de Shefford qui auront accès au Lab-école. C’est sûr qu’il y aura des gens déçus. »

En juin dernier, on envisageait une ouverture d’ici trois à cinq ans. À la lumière de ce qu’il a vu et entendu ces derniers mois, Paul Sarrazin estime qu’il est réaliste de prévoir une inauguration « en 2022 ou 2023 ».