Une soixantaine de personnes doivent minimalement être prêtes à déménager dans la coop d’habitation pour que le projet puisse aller de l’avant, a indiqué le président du C.A., André Fournier.

Le projet de coopérative d’habitation pour aînés à Bromont progresse

Le projet de coopérative d’habitation pour aînés, baptisé officiellement Espace bromontois - coop de solidarité, progresse. Une offre d’achat pour un terrain au centre-ville de la municipalité est imminente, a appris La Voix de l’Est. Si tout se déroule comme prévu, les travaux de construction seront lancés en 2021. L’ouverture est envisagée au début de l’année suivante.

Initié en 2017, le projet a cheminé à vitesse grand V au cours des derniers mois. Les membres du conseil d’administration ont alors visité plusieurs coopératives d’habitation, notamment à Sutton, Racine puis Montréal.

« Chaque fois que l’on découvre un nouveau milieu de vie pour les personnes de 65 ans et plus, on est emballés, a confié une des représentantes de l’organisation, Diane Perron. Ce sont des résidences qui permettent d’avoir plus de contacts, d’échanges entre les locataires parmi les tâches que chaque individu veut faire pour s’intégrer. »

Jusqu’ici, plusieurs avenues ont été explorées pour dénicher le terrain le mieux situé à Bromont, au cœur de la municipalité et près des services. Le président du C.A., André Fournier, a confirmé que le dépôt d’une offre d’achat pour un de ces sites est au calendrier pour le début juillet. Il est toutefois trop tôt pour s’avancer sur le lieu exact, a-t-il indiqué. Une fois cette étape cruciale franchie, le projet pourra être déposé à la Société d’habitation du Québec (SHQ).

Budget

Le budget du projet est estimé à 5,5 millions $. Le conseil d’administration prévoit que 42 % de cette somme proviendrait de la SHQ. Le « milieu » (Ville et MRC) devrait contribuer à hauteur de 23 %, tandis que la part restante du budget irait à l’hypothèque, assumée par les locataires. Afin de lancer le projet, le C.A. doit amasser minimalement un demi-million de dollars.

On parle d’un immeuble de 30 logements. Du nombre, 6 seront dédiés à une clientèle ayant un revenu modique, tandis que les 24 autres pourront être loués par des gens dont les revenus sont « dans la moyenne ».

Le coût des loyers devra se situer dans une fourchette comprise entre 75 % et 95 % sous le prix médian dans la région. Selon les données de la SHQ (2018) pour les projets en cours de réalisation, les loyers mensuels pour des unités de quatre chambres à coucher ou plus varient de 790 $ à 1280 $. Pour une chambre (31/2), le montant va de 315 $ à 353 $.

Mobilisation

Afin que le projet puisse passer à une étape supérieure, ceux qui le chapeautent doivent démontrer qu’il répond à un réel besoin à Bromont. Et surtout, que des gens sont prêts à adhérer à l’initiative. En ce sens, une rencontre d’information est dans les cartons vers la mi-septembre. « On a beau avoir le plus beau projet du monde, les gens doivent se mobiliser pour que l’on puisse le lancer », a fait valoir M. Fournier.

Pour ce faire, « 60 personnes doivent être prêtes à déménager » dans un des logements d’Espace bromontois d’ici deux ans, a ajouté Diane Perron, précisant qu’ils doivent se manifester sous la forme d’une « préinscription ».

Or, bien des préjugés restent à déboulonner, a renchéri celle qui porte l’initiative. « Il y a une perception à changer à propos des logements communautaires. Bien des gens pensent que ce sont des cages à poules qui seront construites, que ça deviendra un ghetto. Pourtant, c’est tout le contraire. »

Partenariat

Outre l’aspect esthétique du bâtiment, qui devra répondre aux critères du plan d’urbanisme, dont l’intégration au paysage, le projet prévoit un partenariat avec le centre de dépannage Marguerite-Dubois.

« On veut mettre sur pied, parmi les résidants, un comité d’action bénévole pour s’impliquer auprès du centre de dépannage. Ce serait donc très gagnant pour la Ville, qui pourrait offrir un service qu’elle n’a pas en ce moment », a mentionné Diane Perron.

La cuisine de la coop d’habitation serait ainsi partagée avec le centre. Une salle de conférence y serait également aménagée et pourrait être mise à la disposition d’autres organisations, a ajouté M. Fournier.

« Nous sommes persuadés qu’un tel milieu de vie serait un atout pour Bromont, a dit Mme Perron. Contribuer à ce projet novateur serait la manifestation d’une belle vision communautaire. »