Jamie Schofield et Myriam Langlois, les copropriétaires, sont fiers de voir leur projet se concrétiser directement à Cowansville.
Jamie Schofield et Myriam Langlois, les copropriétaires, sont fiers de voir leur projet se concrétiser directement à Cowansville.

Le projet d’abattoir de la Bêlerie créera une soixantaine d’emplois

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
La Bêlerie, une entreprise cowansvilloise, va de l’avant avec son projet d’abattoir grâce à un coup de pouce de la Ville. En plus de répondre à un besoin des producteurs de toute la province, le projet d’une valeur de 7M$ qui devrait voir le jour à l’automne permettra de créer une soixantaine d’emplois.

Le projet d’abattoir est en branle depuis le mois de janvier, mais la crise sanitaire qui a frappé le Québec en mars a accentué les difficultés des producteurs à avoir accès à des abattoirs, même à l’intérieur des frontières de la province. Des bêtes doivent souvent parcourir des centaines de kilomètres vers l’Ontario et les provinces de l’Ouest canadien avant d’arriver à destination.

L’an dernier, les copropriétaires de La Bêlerie, Jamie Schofield et Myriam Langlois, ont essayé en vain d’acquérir un abattoir déjà fonctionnel pour répondre au besoin de l’industrie, mais c’est finalement près de chez eux qu’ils ont trouvé la solution.

«Nous avons déjà une usine de transformation et une ferme à Cowansville, on habite à Cowansville, donc j’ai contacté la mairesse et je lui ai dit : on est rendu là, on a besoin de construire un abattoir et je veux le faire chez nous, dans notre municipalité», raconte Jamie Schofield.

La Bêlerie oeuvre dans la production ovine, avec 1800 agneaux lourds produits annuellement à la ferme, mais aussi dans la distribution et la transformation pour «rendre l’agneau du Québec accessible à tous». La construction de l’abattoir, qui représente un investissement de 7M$ pour l’entreprise, s’inscrit dans cette mission.

«Nous faisons de l’agneau du Québec et nous sommes certifiés Aliment du Québec : c’était important d’avoir un abattoir du Québec», plaide Jamie Schofield.


« Nous avons calculé que La Bêlerie amènerait 60 emplois, en plus d’un apport de taxes supplémentaire »
-Marc-Antoine Dunlavey, directeur de l’urbanisme de la Ville de Cowansville

Coup de pouce de la Ville

Le terrain ciblé se situe sur le chemin Brosseau dans le secteur industriel, de l’autre côté de la route 139. Il a été choisi en collaboration avec la municipalité afin qu’il ne dérange pas les résidents.

«Il est entouré d’un secteur boisé à côté de l’usine de traitement des eaux, où il n’y a pas de résidences à proximité. C’est l’endroit parfait pour ça, note le copropriétaire, soulignant l’appui de la Ville dans les démarches. C’est grâce à la municipalité qu’on a été capable de faire avancer le projet ici, à même Cowansville.»

Lors de la séance du conseil municipal du mardi 4 août, deux résolutions ont été adoptées pour permettre au projet d’aller de l’avant. D’abord, pour autoriser la vente du terrain de la Ville à La Bêlerie pour 105 000 $ — à la valeur déterminée par des évaluateurs agréés — et, ensuite, pour l’octroi d’une aide financière de 100 000 $, selon les critères du règlement sur les crédits de taxes et l’aide financière aux entreprises, assure le directeur du service de l’urbanisme, Marc-Antoine Dunlavey.

«Nous avons calculé que La Bêlerie amènerait 60 emplois, en plus d’un apport de taxes supplémentaire», explique le directeur de l’urbanisme, précisant qu’un premier versement de 50 000 $ suivrait la coulée de la fondation et un second viendrait à la suite de l’inscription du bâtiment au rôle d’évaluation foncière de la Ville.

Lorsqu’il a approché la municipalité, Jamie Schofield leur a indiqué de manière très franche: «Donnez-moi un terrain et je vais vous amener des emplois», rapporte-t-il. La Ville lui a répondu ne pas pouvoir donner de terrains lui appartenant, mais qu’elle était en mesure de lui vendre et de l’appuyer avec une aide financière.

«Ce n’était pas une question tant monétaire, mais davantage une question d’appui. Montrez-moi que vous êtes avec moi dans ce projet-là», demandait-il, conscient qu’un projet d’abattoir peut faire des vagues, même s’il est essentiel pour la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

Les travaux doivent s’amorcer dès septembre et La Bêlerie prévoit, une fois la construction terminée, une production hebdomadaire de 1200 agneaux au printemps pour remédier aux problèmes d’approvisionnement. Les installations permettront aussi d’accueillir des producteurs bovins si le besoin se présente.

Sécurité sanitaire

En réduisant la distance à parcourir entre la ferme et l’abattoir, les producteurs de la région — mais aussi de l’Ontario et des provinces de l’Atlantique — pourront améliorer le bien-être de leurs bêtes. D’autant plus, avance Jamie Schofield, qu’ils pourront compter sur des installations à la fine pointe de la technologie conçue spécialement pour les agneaux dans le respect des normes fédérales.

«On a profité de la pause forcée par la COVID pour adapter nos plans. On voit les impacts que pourrait avoir une éclosion dans ce type de lieu de travail et tout de suite on a demandé aux ingénieurs de revoir l’organisation des postes de travail pour être capable de vivre une deuxième ou une troisième vague de contaminations, affirme le copropriétaire. Il va y avoir deux mètres entre chaque poste de travail, on est vraiment fier de cette modification.»

Partenariat avec le centre de formation professionnelle

La Bêlerie est déjà en discussion avec les administrateurs du programme de formation professionnelle Boucherie de détail, du Campus de Brome-Missisquoi, pour développer un partenariat ainsi que des formations en entreprise.

«Ils sont à seulement quelques kilomètres, c’est un mariage parfait !», croit Jamie Schofield.