On voit ici une esquisse des habitations qui pourraient voir le jour dans le cadre du projet Arborescence.

Le projet Arborescence enthousiasme Bromont

Les élus de Bromont viennent de donner leur aval à une entente de principe entre la Ville et KnightsBridge concernant son projet domiciliaire Arborescence. L’entreprise peut ainsi entamer ses démarches pour obtenir le feu vert du ministère de l’Environnement. Si tout se déroule comme prévu, les travaux devraient être lancés dès septembre sur le vaste site à flanc de montagne.

En se portant acquéreurs du site du défunt Club des Cantons, les dirigeants de KnightsBridge étaient conscients qu’un changement de cap à 180 degrés était incontournable pour renverser l’opinion publique. En ce sens, une consultation citoyenne a eu lieu récemment pour présenter les grandes lignes du projet qui, selon le président et cofondateur de l’entreprise, Simon Gervais-Boyer, a été très bien accueilli. « Les gens veulent vivre dans un cadre le plus naturel possible. Et c’est ce que l’on propose avec une architecture contemporaine de montagne, a-t-il indiqué en entrevue. [...] On a développé le projet en gardant toujours en tête un déboisement minimal pour l’implantation des bâtiments et des infrastructures. »

De son côté, le directeur général de Bromont, Éric Sévigny, voit d’un très bon œil le nouveau projet sur la table ainsi que ceux qui le portent. « KnightsBridge a une équipe de jeunes professionnels qui veulent faire les choses différemment. Ils sont en avant des coups, a-t-il imagé. Ils estiment les obstacles et les contraintes d’avance. Si on a des résultats concrets sur le terrain similaires à la relation qu’on établit jusqu’ici avec eux, je pense qu’on aura un projet unique qui rehaussera le standard pour tous ceux qui seront à venir sur notre territoire. » En parallèle à l’accord de principe conclu entre la municipalité et le promoteur, un protocole d’entente sera négocié sous peu pour jeter les bases officielles du projet, a précisé le DG.

KnightsBridge veut bâtir 51 unités dans la phase initiale. Notons que la firme fait entre autres sa marque en construisant des copropriétés écologiques certifiées LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Cette approche est également préconisée pour Arborescence. Le lancement des travaux est prévu en septembre. Les infrastructures devraient être érigées vers la fin octobre ou le début novembre. Les habitations devraient suivre en mars.

La nature en tête
Parmi les éléments qui plaisent particulièrement à la Ville dans le plan du promoteur figure la construction d’unités d’un seul côté des rues, qui seront « relativement étroites », afin de maximiser la conservation de la végétation, a indiqué Éric Sévigny. À cela s’ajoute l’implication d’un ingénieur forestier pour superviser le projet du début à la fin.

« On doit se conformer à des normes minimales, notamment en ce qui concerne [le dégagement] pour les camions d’incendie. Mais on veut limiter les aires de circulation pour les stationnements pour faire disparaître les automobiles le plus possible dans le couvert forestier », a pour sa part souligné Simon Gervais-Boyer. Les cases de stationnement seront donc directement aménagées en bordure de rue, limitant ainsi entre 50 % à 75 % le déboisement, estime le promoteur.

De plus, la technologie sera mise à contribution afin d’optimiser l’espace de stationnement disponible grâce à un système de partage via une application. Le choix de la plateforme n’est pas encore arrêté, mais des discussions sont en cours avec les gens de Rover. Mis au point par des Torontois, le logiciel permet aux automobilistes de dénicher des places libres dans un secteur précis. « Dans plusieurs projets domiciliaires, la corrélation stationnement-déboisement est immense. Pourtant, ces espaces ne sont jamais occupés au maximum. Dans le cas de résidences secondaires, les gens ne sont pas là tous les week-ends, a cité en exemple le président de KnightsBridge. [...] En réalité, ce que les gens veulent, ce sont des heures pour garer leur voiture. »

LES SENTIERS PRÉSERVÉS

Deux pistes multifonctionnelles, très prisées de la population, font actuellement partie du projet qui verra le jour près du Versant des Cantons dans le mont Brome. Il s’agit des tracés communément appelés « C-1 » et « Divine ». Le promoteur se veut rassurant au sujet de leur préservation. « On veut absolument garder ces pistes dans notre projet. C’est primordial. D’ailleurs, on travaille actuellement à ajouter des sentiers à l’intérieur du projet pour éviter la circulation d’automobiles », a mentionné M. Gervais-Boyer. 

En ce qui concerne la C-1, on préconise une végétalisation majeure de la portion incluse dans Arborescence. « Ce sera un superbe segment de la C-1. C’est une piste importante à Bromont et on va la traiter en conséquence », a assuré le cofondateur de l’entreprise. Des arpenteurs sont également à pied d’œuvre pour incorporer la Divine dans le projet domiciliaire tout en restreignant le plus possible la modification du tracé.

Parmi les immeubles déjà érigés près de la montagne et des sentiers pédestres, on retrouve un imposant bâtiment à l’entrée du site, qui devait notamment servir pour de l’hébergement. L’immeuble sera rasé en raison de sa vétusté, a confirmé Simon Gervais-Boyer. L’endroit sera transformé en parc lors de phases ultérieures.